Parlons Forme #002 : Se libérer des obsessions et craquages alimentaires

Je suis sûr que si l’on fait un sondage et que l’on demande aux personnes dans la rue :

« Quel est le meilleur moyen pour améliorer sa santé ou perdre du poids ? »

Il y aurait beaucoup de réponses de ce genre :

  • Manger moins sucré, moins gras et moins salé,
  • Faire plus de sport,
  • Éviter les sodas et les fast-foods,
  • Boire au moins 2 litres d’eau par jour,
  • Ne pas manger trop de chocolat, de bonbons et autres sucreries,
  • Manger des aliments qui coupent bien la faim, etc…

Tous ces conseils sont bons et cette liste de recommandations pourrait s’allonger encore et encore.

Mais ce n’est pas vraiment ça qui m’intéresse.

Ce qui m’interpelle dans cette liste, c’est ce qui manque.

Ce à quoi on ne pense pas à première vue, mais qui est fondamental…

Car on a souvent tendance à croire que pour agir sur quelque chose de physiquement palpable (notre silhouette par exemple) alors il faut faire des actions « physiquement palpables » (manger tel type d’aliment, faire du sport…).

Cependant, plus le temps passe et plus je suis convaincu que tous ces efforts ne seront pas d’une grande utilité si, à la base, elles ne sont pas réalisées dans un cadre psychologique et émotionnel adapté.

Ce cadre est fondamental pour deux raisons :

  • Il permet de faciliter grandement la phase de « remise en forme » (perte de poids, maladie, douleurs…)
  • Et surtout, il permet d’inscrire ces résultats dans une optique de long terme

En l’absence de ce cadre, tout « effort » sera temporaire, tout comme les résultats que vous pourrez obtenir.

Ce n’est pas sans raison que 95% des personnes qui font un régime reprennent le poids perdu (bien souvent accompagné de kilos supplémentaires…).

Je parle de la notion de régime, car c’est un sujet qui va parler à la plupart de lecteurs de cet article et qui est suffisamment concret pour que tout le monde puisse se sentir concerné.

Mais le principe reste vrai pour autre type de situation où, consciemment ou non, notre comportement au quotidien nuit à notre forme.

Ce n’est donc pas un hasard si pour ce premier épisode de Parlons Forme j’ai souhaité convier Sandra Fernandes-Machado qui est psychologue de la santé et qui s’est spécialisée dans les changements des comportements autour de l’alimentation.

Etre attentif au contenu de cet épisode et suivre les pistes qui s’y trouvent est, à mes yeux, la base indispensable pour une vie plus épanouie et en meilleure santé.

Bonne écoute !

Au sommaire de ce deuxième épisode de Parlons Forme

Dans cet épisode vous allez découvrir

  • Qui est Sandra et pourquoi elle a décidé de s’orienter vers la psychologie de la santé ?
  • Quels sont les 3 principaux axes pour se sentir bien ?
  • En quoi l’état d’esprit va influencer sur votre mode de vie ?
  • Les raisons qui ont poussé Sandra à ne plus vendre de la « Perte de poids »
  • Quelle est l’importance et quels sont les bienfaits de l’acceptation du corps ?
  • Comment le fait d’entretenir une relation saine avec la nourriture peut-il changer votre vie ?
  • Les recommandations de Sandra pour renouer une relation saine avec la nourriture.

Télécharger le résumé de l’interview

Liens cités dans cet épisode

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Xavier : Bonjour, Sandra, et merci de te joindre pour ce tout premier épisode du podcast « Parlons forme »

Sandra : Bonjour Xavier.

X : Alors avant de parler plus en détail de tes domaines de prédilection, est-ce que tu pourrais prendre quelques minutes pour nous parler de ce que tu fais et te présenter ?

S : Bien sûr ! Alors déjà, bonjour à toutes les personnes qui nous rejoignent sur ce super podcast que Xavier a organisé. Donc, je m’appelle Sandra FM, je suis docteur en santé publique et psychologue de la santé. « À quoi ça consiste concrètement ? ». En gros, je me suis spécialisée à comprendre « Comment on fait pour changer les comportements des gens pour qu’ils aient une meilleure santé ». Et évidemment quand on passe par là, on va forcément travailler sur plein d’aspects qui influencent nos choix, nos comportements, nos décisions. Et qui par la suite vont influencer notre sommeil, notre alimentation, notre envie de faire une activité physique entre autres qui vont forcément influencer notre perception d’état de santé en tout cas. Pendant plusieurs années, j’ai travaillé dans le monde de la recherche. J’ai travaillé à la Ligue contre le cancer à l’université de Newcastle en Angleterre où j’ai vraiment exploré un maximum « Comment changer les habitudes alimentaires des personnes ». J’ai beaucoup travaillé avec les enfants pendant la recherche. Et aussi en pratique à l’hôpital, donc là, plutôt avec des adultes. Donc j’étais vraiment dans un service d’endocrinologie avec des personnes, soit qui avaient des obésités, soit des diabètes, pour essayer de les aider justement à retrouver, à renouer une relation avec la nourriture et changer leurs habitudes alimentaires sans que ça ne devienne une frustration ou vu comme une barrière au quotidien. Donc, on travaillait vraiment d’une façon globale. Et il y a quelques années, j’étais vraiment frustrée que dans la recherche on savait beaucoup de chose et que sur le terrain, quand on arrivait en clinique ou en hôpital, il avait un gros décalage. J’ai donc décidé d’arrêter la recherche pour aider vraiment un maximum de gens, vraiment sur le terrain. C’est comme ça que j’ai créé mon site internet. D’ailleurs, c’est comme ça que l’on s’est rencontré avec Xavier. Créer un site internet pour aider un maximum de gens à retrouver un rapport sain avec la nourriture, de croquer la vie en toute circonstance. En gros, à reprendre sa santé de façon globale pour vivre avec une meilleure santé et vivre davantage épanouie.

X : Écoute, c’est parfait ! Alors tu disais qu’il y avait 3 axes principaux pour en général se sentir en bonne forme. Donc, ces axes, ça va être : l’état d’esprit, le mode de vie et nos émotions. Est-ce que tu peux rentrer plus en détail sur chacun de ses 3 axes pour que les auditeurs qui nous écoutent sachent de quoi on parle exactement ?

S : Bien sûr ! J’appelle ça la méthode MAGE ! C’est-à-dire qu’on devient un petit peu le mage de sa vie avec d’un côté « le mindset ». Donc, le mindset, c’est l’état d’esprit qu’on a face à la situation, aux choses qu’on vit au quotidien. C’est un petit peu cette petite voix intérieure qui parfois nous dit des choses comme : « Je suis nul, je n’y arriverais jamais » ou au contraire « J’ai confiance en moi, je me sens bien, la vie est cool ». Donc toutes les petites choses que notre petite voix intérieure nous dit qui influencent forcément d’un côté nos émotions et d’un autre côté nos actions, nos comportements du quotidien. Et... c’est essentiel de vraiment comprendre que cette vision qu’on a du monde, des situations, des choses qu’on a dans notre vie. Parce que quand on change justement cette petite voix intérieure et qu’on la transforme à l’intérieur de soi, c’est là qu’on va réussir à transformer aussi l’extérieur, nos choix et nos habitudes.

Vous imaginez bien que si vous passez votre vie à vous dire « Je suis nul, je n’y arriverais jamais, j’ai tout essayé » eh bien, on va vraiment rentrer dans un cercle infernal de manque d’estime de soi, de manque de confiance. Et quand on se sent comme ça « qu’est-ce qu’on fait ? », on va avoir encore plus d’action qui vont être en cohérence avec ce type de mindset, ce type de pensée qui vienne parce que tout simplement, notre cerveau est accro à l’identité qu’on se crée au long des années et il veut être cohérent avec ce que l’on dit dans nos têtes. C’est-à-dire que si on passe notre vie à se dire « je suis nul » en contexte social par exemple, notre cerveau va produire des comportements on va baisser les épaules, on va se sentir braqué à l’intérieur de soi. Et c’est aussi une conséquence de notre mindset. Donc le mindset a une vraie influence sur, comme je disais, nos émotions et notre mode de vie parce que notre cerveau veut être cohérent avec cette petite voix intérieure. Et c’est important justement quand on aide nos patients à aller mieux de façon globale en termes de santé de changer un petit peu cet état d’esprit, ces pensées qui viennent et d’essayer de les transformer de façon bienveillante bien sûr et de faire en sorte que les personnes...

On parle beaucoup de psychologie positive à l’heure actuelle et c’est un petit peu ça finalement : transformer les pensées positives. Alors le but, ce n’est pas de vivre dans un monde de bisounours et de se dire qu’on va uniquement penser positif comme si on avait fumé quelque chose, etc. Mais en tout cas, essayer de prendre du recul et de voir les différentes possibilités qui s’offrent à nous et ne pas être figé sur un mode de pensée. C’est important de travailler son mindset puisque comme je disais tout à l’heure, ça va influencer nos émotions. Donc forcément, quand on se dit des phrases comme : « Je suis nul, je suis addict à la nourriture, je suis boulimique », comme j’entends très souvent, quel type d’émotion on va déclencher ? On va peut-être déclencher de la colère, peut-être de la tristesse, peut-être de la frustration. Et donc on va très souvent déclencher des émotions qui sont très désagréables et encore une fois, ça va se répercuter sur nos actions. Les actions, donc ce que j’appelais le mode de vie, ça va être tous les comportements suite à ce mindset. C’est-à-dire que si je passe ma vie à me dire « Je suis boulimique, je suis boulimique, je suis boulimique ou je suis addict à la nourriture » en plus, on déclenche des émotions désagréables qui vont par la suite nous faire manger encore plus. Donc, on est en train de juste... de renforcer ce Triangle d’or comme je l’appelle très souvent et de faire en sorte qu’on empire la situation et que notre mode de vie empire par rapport à nos pensées et à nos émotions. Pourquoi je dis le MAGE ? Parce M de mindset, A d’action, ce que j’appelais sur le site mode de vie GE, c’est la gestion des émotions. Donc quand on devient le MAGE de notre vie, on a ces 3 piliers, ce Triangle d’or qui est géré au quotidien et le but est qu’on passe d’un cercle infernal à un cercle vertueux finalement. Parce que lorsqu’on arrive à casser soit le mode de vie, soit le mindset, soit les émotions, apprendre à les vivre autrement, on arrive pas à pas à s’épanouir davantage, à croquer la vie en toute circonstance comme j’aime le dire et à réussir justement à avancer dans notre vie malgré les challenges qu’on peut vivre, les défis du quotidien.

X : OK ! Alors ce que je te propose pour cet entretien, c’est justement qu’on mette un peu de côté la question du mode de vie. Puisque finalement, dans les prochains épisodes qui vont arriver, il y aura d’autres invités qui répondront à ce genre de question et puis comme je n’aurais pas tous les jours sous la main une psychologue de la santé, je trouve que c’est intéressant de mettre un focus justement sur la question de l’état d’esprit et sur la gestion des émotions et le rapport qu’on peut avoir avec notre corps ou avec notre alimentation.

S : Mmm...

X : Alors, l’autre point que je peux peut-être aussi soulever avant qu’on rentre un peu plus dans les détails, c’est que là où c’est très intéressant, c’est qu’aujourd’hui effectivement, on va parler de ces questions-là autour de l’alimentation. Mais finalement, tout ce dont on va parler, c’est aussi utile pour tout type de changement qu’on souhaite réaliser dans sa vie.

S : Exactement ! C’est ce qui est drôle quand je travaille avec mes clients surtout depuis que j’ai mon site internet, c’est qu’ils se rendent compte que... ils viennent me voir souvent en me disant : « Sandra, j’ai un problème avec la nourriture, je suis addict à la nourriture, je ne comprends pas, j’ai tout le temps faim ». Ou à l’inverse, « je n’ai jamais faim ». Et du coup, il y a un rapport à la nourriture qui leur parait très complexe et qui leur parait problématique à la base. On se rend compte que c’est bien au-delà de ça. C’est très drôle parce que dans mes consultations quand je suis avec mes clients en individuel, ils se rendent compte que finalement, on travaille très peu la nourriture, on va travailler beaucoup plus le mindset, la vision de la vie et que ça va les aider à avoir un meilleur rapport à la nourriture. Donc, c’est très marrant ce que tu dis parce qu’effectivement tous ces conseils vont finalement s’appliquer à n’importe quel domaine de vie, une fois qu’on a compris les bases, une fois on a compris. Une fois en travaillant sur une problématique, on peut très vite généraliser sur d’autre problématique de notre quotidien. Mes clients me disent systématiquement : « C’est dingue depuis que j’ai fait le programme, par exemple, le programme Je suis libre de manger, c’est toute ma vie qui s’est transformée, mon rapport avec mon conjoint, au travail ça va beaucoup mieux, avec mes enfants ». Et c’est ça, en fait la magie de ce modèle, c’est qu’une fois qu’on le comprend, on peut vraiment croquer la vie en toute circonstance, comme j’adore dire !

X : D’ailleurs, tu dis clairement que tu ne veux plus vendre de la perte de poids et que c’est bien au-delà ce que tu proposes.

S : Exactement, j’ai décidé, il y a déjà quelque temps, de le dire publiquement que je ne veux plus vendre de perte de poids par choix personnel. Parce que je me suis rendu compte que quand les gens venaient vers moi avec cette fixation, avec cette presque obsession autour du poids, ça rendait le travail beaucoup plus difficile. C’est-à-dire que oui il y a beaucoup de gens qui vont me dire « J’ai un problème avec la nourriture, ça ne va pas du tout, c’est horrible. Oui, j’ai une addiction, je suis boulimique » et qui n’arrivent pas justement à sortir de ce cercle infernal où elles se sont mises, souvent le cercle infernal des régimes. C’est-à-dire qu’elles font un régime et après elles craquent puis elles se sentent coupables. C’est horrible parce qu’elles n’arrivent pas à suivre un simple plan alimentaire et je mets le simple avec de gros guillemets parce que ce n’est pas toujours si simple. Et qu’elles reprennent du poids parce qu’après la restriction et le craquage, elles vont encore reprendre plus de poids. Puis quelque temps après, elles entendent parler d’un autre régime, elles retestent et elles recraquent. En fait, on tourne en rond pendant des années et des années. Classiquement mes clientes, ça fait je ne sais pas combien qu’elles ont essayé. Ça fait peut-être 5-10-15-20 ans parfois qu’elles sont enfermées dans ce cercle infernal, qu’elle n’arrive pas à en sortir. Et ce que j’ai pu remarquer dans la pratique, c’est qu’effectivement, plus elles sont concentrées, focus sur leur poids, plus c’est difficile en fait de travailler le rapport à la nourriture, le changement de mindset, etc. Parce que ce qui se passe, c’est que si la personne prend 200 g, c’est la catastrophe. C’est horrible ! On a pourri sa journée, du coup, soit elle va rerentrer dans une restriction en disant : « Non, j’ai pris 200 g aujourd’hui, je fais super attention ». Donc, elles rerentrent dans une restriction. Soit elles ont perdu 200 g et du coup, pour compenser, elle se dise : « Je mérite... un gâteau au chocolat, du chocolat ou des chips ». Ou peu importe l’aliment de compensation. Du coup, le rapport à la nourriture devient de plus en plus catastrophique parce qu’on l’associe à une récompense plutôt que de retrouver un rapport où la nourriture lui donne son réel rôle. Finalement, la nourriture, ça sert à nous donner de l’énergie, ça sert aussi bien sûr à partager avec nos familles, nos amis, c’est un acte social, etc. Mais plus on le voit comme une compensation, comme une récompense parce qu’on s’est mal comporté ou parce qu’on n’est pas bien, finalement on va avoir ce que les gens appellent dans la société : l’addiction à la nourriture. Même si aujourd’hui, l’Organisation mondiale de la santé ne reconnait aucune addiction à la nourriture. En tout cas, c’est le sentiment que les gens ont. C’est qu’ils ne peuvent pas s’en passer parce que pendant des années, ils ont renforcé cette idée que... Quand je ne suis pas bien, eh bien, je mange. Donc, plus il y a ce focus sur le poids, cette obsession, plus ça va rendre difficile le rapport à la nourriture parce qu’il y a un poids émotionnel énorme. Donc, moi, j’aide les gens qui veulent juste vivre et être libre de pouvoir manger de tout, de pouvoir être libre d’être elle-même et d’arrêter de se préoccuper, d’être focus sur leur poids, de juste mettre leur énergie, leur temps, leurs ressources pour les choses qui sont réellement importantes pour elle. Peut-être leurs enfants, leur mari, leur carrière, leur travail, peu importe, mais juste d’arrêter d’être dans cette obsession du poids, de la balance, à se peser tous les matins à voir s’il y a 100 g en plus, 100 g en moins et de pouvoir juste respirer et vivre. Donc vraiment mon objectif... les gens qui veulent vraiment perdre du poids, il y a énormément de collègues sur internet, les professionnels de santé, les hôpitaux, etc. les cliniques qui peuvent les aider. Moi, je vise vraiment les gens qui veulent juste apprendre à vivre à nouveau avec la nourriture, de pouvoir avoir du chocolat chez soi et de ne pas taper sur la tablette entière juste parce qu’on ne va pas bien, qu’on se sent frustré ou quand on est fatigué. Et de pouvoir profiter de manger de tout sans frustrations ni culpabilité et sans pour autant prendre du poids. Le but, ce n’est pas de normaliser la nourriture et après prendre 10 kg. Mais de stabiliser un poids qui n’est peut-être pas le poids idéal imaginé par le patient, mais en tout cas, stabiliser le poids dont leur corps a besoin pour bien fonctionner. On appelle souvent ça le « poids d’éclipse ». C’est-à-dire que le poids dont la personne a besoin quand elle mange à sa faim, quand elle écoute sa satiété, sa notion de rassasiement et qui est stabilisé dans le temps. Il faut savoir d’ailleurs que c’est plus important de stabiliser un poids même s’il est au-dessus que la personne aimerait que de faire du yoyo, à maigrir 5 kg, reprendre 7, maigrir 4, reprendre 5 et ainsi de suite où là, c’est beaucoup plus néfaste pour la santé que de stabiliser un poids qui est peut-être plus élevé que l’idéal imaginé.

X : Ouais c’est ça... En plus, il y a tout le poids en l’occurrence de la société qui joue sur l’image de la femme ou de l’homme parfait. Et sur le fait que c’est des idéaux qui sont bien souvent inatteignables et on le voit souvent justement avec les... Je crois qu’il y a d’ailleurs une loi qui est passée sur le fait qu’il est maintenant obligatoire de signaler que telles photos sur les publicités par exemple des affiches ont été retouchées.

S : Exactement !

X : Ouais, c’est ça, il y a quelque chose dans ce sens-là !

S : Justement, c’est ce que je dis souvent à mes clients... je l’ai confronté un peu à cette idée et c’est très drôle quand même ! Notre cerveau humain se fixe sur un idéal qui n’existe pas finalement.

X : Eh bien, oui !

S : Parce que ces femmes ou ces hommes qu’on voit dans les magazines, ils ne sont pas comme ça dans la vie réelle. Ils ont été photoshopés, ils ont été retouchés, on leur met des peaux plus mates, plus lisses, comme par hasard sans cicatrices, sans rides. Tout est nickel et vraiment parfait ! Mais dans la vraie vie, ça n’existe pas. Finalement, on se fixe sur un truc qui n’existe pas et est-ce que ça vaut le coup d’essayer de suivre et de se pourrir la vie au quotidien ? « Je veux être comme ça, je veux être comme ça, je veux être comme ça », et de passer à côté de sa vie ? De passer à côté de la vie avec ses enfants et surtout quel message on veut transmettre à nos enfants ? Encore ce week-end, j’étais avec une cliente, j’organisais une immersion justement sur l’image de soi, la confiance en soi, qui me disait : « En fait, j’ai eu le déclic le jour où j’ai vu que mes enfants commençaient à ne plus aimer leur corps, à ne pas aimer les photos ». Et c’était un vrai choc pour elle parce qu’elle se rendait compte que c’est aussi elle qui transmettait ça à ses enfants en n’aimant pas son corps et en évitant les photos. Et donc, peut-être que ça vaut le coup à un moment donné de se poser la question, est-ce que je veux suivre un idéal qui n’existe pas ou est-ce que je veux apprendre à voir mon corps différemment, à aimer mon corps différemment pour pouvoir justement aider les prochaines générations à avoir une vision plus réaliste et plus saine de leur corps et de leur alimentation.

X : Alors justement comment on peut faire pour essayer de... enfin, pour les personnes qui nous écoute ou en général... justement pour essayer de réorienter les gens, de leur faire un peu oublier cette image de corps idéal ou de poids idéal ? Et justement de les orienter vers d’autres choses et d’autres objectifs qui vont être plus généraux !

S : Souvent quand je parle d’acceptation du corps, les gens entendent : « Ah ! Ça veut dire qu’il faut que je me résigne ». « Ah bah, je suis grosse, je vais me résigner ! » Ce n’est pas exactement ça que je demande à mes clients quand je travaille avec eux, c’est bien au-delà de ça. C’est-à-dire que pour moi, accepter son corps ou apprendre à aimer son corps, c’est de l’aimer tellement qu’on veut donner le meilleur à son corps. Et donner le meilleur à son corps, c’est apprendre à l’écouter et quand on l’écoute vraiment, on va vite comprendre que quand on renoue la relation avec le corps, avec la nourriture, que notre corps nous demande aussi des choses saines. Du coup forcément, on va avoir envie de le bouger, de créer une activité physique au quotidien pour se renouer avec son corps, pour lui faire du bien, pour avoir un meilleur cardio, pour se sentir en meilleure énergie. Mais on le fera plus parce que je veux maigrir, mais parce que je veux donner le meilleur à mon corps et me sentir bien. Ce n’est pas pareil même en termes de motivation. Les études montres que quand la personne prend son leadership par rapport à la nourriture ou l’activité physique par plaisir, mais pas parce qu’il faut ou je dois maigrir, ou il faut que je mange ci ou que je dois faire ça, où là ça devient des règles extérieures à ce qu’elles veulent réellement. Et bien, on arrive enfin à avoir une vraie motivation qui va... être plus durable dans le temps quand on a ce plaisir personnel. Quand on apprend à écouter son corps, quand on apprend à vraiment... vraiment à observer... parce que souvent les gens vont me dire : « Eh bien, moi, si j’écoute mon corps, je n’ai pas envie de légumes parce que je n’aime pas ça ». Ça, c’est une réalité qu’ils ont construite au long des années, qu’ils ont renforcées parce que peut-être que leurs parents ne les ont pas habitués à aimer les légumes, à cuisiner des légumes que les personnes ne savent pas faire et donc le rationnel, leur mental leur dit : « Je n’aime pas les légumes donc mon corps ne m’en demandera jamais ». Mais en réalité, quand on apprend à retrouver son corps réellement, le corps a besoin de ces légumes par exemple. Je parle des légumes parce que c’est le type d’aliment qui revient souvent dans les conversations avec mes clients. « Ah moi, bah oui... je n’aime pas ça, je ne sais pas cuisiner », c’est pour ça que je le prends, mais ça peut être tout type d’aliment. Et le corps en a besoin pour bien fonctionner, pour bien digérer, pour avoir une meilleure énergie. La différence entre manger des légumes parce qu’il faut, parce qu’il y a un super coach qui dit qu’il fallait en manger ou quand on vu un plan strict, un rééquilibrage alimentaire ou les manger parce qu’on a retrouvé le plaisir de les manger, ce n’est pas du tout pareil pour notre mental, pour notre cerveau ! C’est très important de comprendre que quand on veut apprendre à aimer son corps, ça passe par une bienveillance corporelle, d’apprendre à renouer son rapport au corps en essayant de lui donner le meilleur. Parce que de toute façon, c’est ce que je dis tout le temps, notre relation avec notre corps, ce n’est pas un mariage. C’est-à-dire que le mariage, on peut divorcer, on enlève l’alliance chacun de son côté. Certes c’est difficile, mais à un moment donné, on peut chacun vivre sa vie. Là, on ne peut pas juste sortir de son corps et dire : « Bah toi, mon corps, je ne t’aime pas ! Dégage, donne-moi un autre corps ». Non, le corps, c’est le même jusqu’au reste de nos jours. Donc est-ce qu’on a envie de passer les 85 ans qu’on a à vivre à se pourrir la vie parce qu’on n’aime pas notre corps ? Ou parce qu’à un moment donné justement on n’a pas envie de dire : « STOP, maintenant, je vais profiter de ma vie, de mes enfants, de mon mari, de mon travail ». Et de juste se centrer sur les choses qui sont vraiment importantes parce que ce qui est très intéressant, c’est que si on demande aux gens : « Sur votre lit de mort, le dernier jour de votre vie, qu’est-ce qui serait réellement important pour vous ? » Et là, les personnes, elles ne vont pas nous dire de maigrir ou d’arrêter d’être grosse, non les gens vont nous dire : « Eh bien, d’avoir mon mari, d’avoir mes enfants, d’avoir les personnes importantes pour moi ». Et c’est là où on se rend compte qu’en fait, ce qui est réellement important, c’est bien d’autres choses que le poids. D’ailleurs, pour les personnes qui m’écoutent et qui disent : « Mais… quand même, c’est super important le poids ». J’ai envie de vous demander : « Le jour où vous maigrirez, qu’est-ce que ça changera, qu’est-ce que vous cherchez derrière cette perte de poids ? » Et souvent les gens me disent : « Je veux être davantage heureux, je veux que ma relation avec mon mari soit mieux, je veux être en meilleure santé, je veux être épanouie, je veux pouvoir courir derrière mes enfants… » Il y a tout un... j’appelle ça : la bulle du bonheur. Finalement, les personnes pensent qu’en maigrissant, elles vont atteindre cette bulle du bonheur. Bien sûr que ça a un impact puisqu’on va être fier si on a perdu du poids. Du coup, on va atteindre cette bulle du bonheur, mais bien souvent ce qui se passe c’est quand l’on reprend du poids avec les fameux régimes ou la restriction, la bulle du bonheur tout un coup, elle éclate et elle n’est plus là ! Donc, est-ce qu’il n’y a pas d’autres moyens d’arriver à cette bulle du bonheur tout en stabilisant le poids et en trouvant d’autres moyens d’atteindre ce qui est essentiel dans notre vie pour nous sentir épanouies ou heureuses ? Quand on travaille sur l’image corporelle, sur apprendre à s’aimer, peut-être que ça vaut le coup de se demander : « Qu’est-ce qui est réellement important pour moi ? C’est quoi que je peux donner de meilleur à mon corps ? » Pour pouvoir avancer justement dans cette relation au corps et de pouvoir transformer finalement cette vision de : « Je déteste mon corps, etc. ». D’ailleurs, c’est très drôle puisque les études montrent que les personnes qui ont une meilleure image de leur corps sont celles qui arrivent à mieux maigrir quand elles font un plan alimentaire ou un rééquilibrage alimentaire. C’est complètement antagonique, mais c’est juste que ces personnes ont envie de donner le meilleur à leur corps. Donc, elles le font parce qu’elles veulent nourrir leur corps différemment, mais pas parce qu’elles veulent maigrir absolument. Donc ce n’est pas le je dois ou il faut, mais j’ai envie vraiment et ça deviens un style de vie, ça devient une partie intégrante de ma vie et pas un truc temporaire de « Je dois ». Et... de toute façon, notre cerveau quand on a des règles du type « Je dois » et « Il faut », ça montre qu’il y a une déconnexion entre ce que je veux réellement et on n’est pas forcément aligné avec ce choix et quand le fait juste temporairement et forcément derrière il y a une prise de poids et de la frustration, de la culpabilité, etc. Donc, voir l’image corporelle, c’est aller vraiment dans une façon globale sur notre vie, d’apprendre à donner le meilleur à soi-même.

X : Oui et puis je suppose que tu n’as peut-être pas des statistiques très poussées ou chose comme ça, mais quand on est dans le bon état d’esprit, quand on a la bonne démarche justement eh bien, finalement, je pense que la stabilisation ou éventuellement la perte poids et bien d’autres bénéfices finissent par se manifester. Voilà, ça ne doit pas être l’objectif principal, mais arrive en effet secondaire positif, finalement !

S : Exactement ! Alors, c’est très drôle parce que justement... tu connais mon programme Libre de manger. Là, on travaille vraiment que le rapport à la nourriture, c’est vraiment apprendre à se libérer des obsessions et des craquages alimentaires. Et j’insiste vraiment que ce n’est pas un programme sur la perte de poids et que les personnes qui veulent n’être que sur la perte de poids, il y a plein d’autres programmes qui peuvent les aider... Finalement, j’ai des clients qui arrivent à maigrir. Encore hier, je lisais un mail d’une cliente qui a réussi à maigrir grâce au programme et qui me disait un peu : « Je sais que vous ne voulez pas entendre parler de poids, mais je suis tellement contente d’avoir réussi ». Bien sûr, je suis contente pour elle qu’elle ait réussie puisque c’était un objectif personnel. Donc, oui, c’est possible de perdre du poids par rapport à ce type de pratique de se reconnecter à son corps, mais ça n’arrive pas toujours ou pas tout de suite parce que... En fait, ce que j’explique aux gens qui intègrent ce genre de programme, c’est que si juste avant on était dans une restriction et qu’on mangeait bien en dessous de notre besoin et que tout d’un coup, on donne les réels besoins de notre corps, c’est normal qu’il y ait une prise de poids surtout initialement. Par contre, effectivement, comme tu dis sur le long terme, on va tellement apprendre à avoir une bienveillance, à pouvoir manger mieux, à pouvoir faire une activité physique par plaisir, etc. Que sur le long terme, on peut effectivement avoir une perte de poids. Mais il y a des personnes où ça se stabilise dans le temps, où potentiellement, on ne perd pas de poids. Ces personnes sont plus épanouies, se sentent mieux dans leur vie donc j’ai envie de dire : « Qu’est-ce qui est plus important ? Est-ce que c’est perdre du poids et être malheureux ? » Ou c’est de stabiliser un poids et de vivre davantage épanouie par rapport à notre vie ? En fait, il faut comprendre qu’on ne peut pas... il n’y a aucun professionnel de santé qui peut vraiment jurer à une personne qu’elle perdra du poids sur le long terme. Pourquoi ? Parce que ça dépend de son histoire, ça dépend de sa biologie, ça dépend du type d’alimentation et d’activité physique qui avait avant, ça dépend du sommeil, ça dépend de la génétique. Enfin, il y a tellement de facteurs à prendre en compte, les hormones, l’état de santé, il y a tellement de choses à prendre en compte qu’on ne peut pas jurer à la personne qu’elle pourra perdre durablement du poids. Par contre, on peut promettre à la personne qu’en fonction de son corps, on peut stabiliser par rapport à ce qu’il a vraiment besoin pour bien fonctionner.

X : Ouais et puis... effectivement, la perte de poids, mais... la perte, c’est potentiellement un des bénéfices. Mais même si on ne perd pas de poids, on se sentira plus reposé, on aura plus d’énergie, on sera plus à l’aise dans notre quotidien d’une façon générale et ça, finalement, c’est... Après chacun a son rapport par rapport à son poids, mais effectivement c’est des bénéfices aussi qui sont vraiment... qui finalement, vont vraiment avoir des conséquences sur le quotidien et sur notre vie de tous les jours.

S : C’est clair ! Par exemple, les personnes qui ont ce sentiment d’être addict à la nourriture, je les invite à se demander : « Comment ça serait ma vie si je pouvais juste rentrer chez moi et pas à chaque fois péter le placard à gâteau parce que je suis fatigué ou ça ne va pas ? » De juste pouvoir être le soir avec leur chéri et se dire : « Waouh je ne suis même pas en train de penser à la nourriture, je suis en train de profiter de mon film avec mon chéri ». Ou de se dire : « Je vais pouvoir enfin manger ma raclette avec mes amis sans me préoccuper des calories de ce que je suis en train de manger ». Juste profiter et rire, partager et profiter du moment avec les amis ou les barbecues en été évidemment ! Pouvoir juste kiffer la vie finalement et de pouvoir partager ces moments sociaux, de plus avoir à réfléchir, est-ce que je peux manger ci, est-ce que je peux manger ça ? Et se poser 10 000 questions sur la nourriture. Pouvoir être libre en fait, libre de manger, libre d’être soi-même et d’avoir beaucoup moins de préoccupations autour de tout ça. Donc, là bien sûr, on a parlé du poids parce que tu l’as abordé, mais avoir un rapport à la nourriture, c’est bien au-delà du poids. C’est toute sa vie qui se transforme, avoir plus la pêche, avoir plus d’énergie, pouvoir... Ouais c’est avoir du temps, de l’énergie, de ressources pour ce qui est réellement important plutôt que de se focaliser sur le mal-être et sur cette fameuse obsession alimentaire au quotidien. Donc, clairement, c’est une vraie liberté de pouvoir juste manger en paix sans frustrations, sans culpabilité et de se poser moins de questions autour de tout ça. Il y a énormément de personnes qui souffrent à l’heure actuelle avec toutes ses injonctions alimentaires, les injonctions des lobbys de l’agroalimentaire, de la mode, etc. Donc, si on peut justement aider ces personnes à retrouver le souffle, à respirer un petit peu, eh bien, ce serait mission accomplie !

X : Alors je sais que tu as des programmes justement sur ton site où tu parles de ces idées-là et tu accompagnes les personnes sur plusieurs semaines. Donc l’idée là, ce n’est pas de tout passer en revue parce que de toute façon, on n’aura pas le temps, mais est-ce que tu aurais des pistes à suggérer pour les auditeurs et auditrices qui nous écoutent ? Justement pour les aider à, par exemple, sortir des logiques des régimes.

S : Ouais, carrément, très bonne question, merci Xavier. Du coup, moi, je vais donner 4 clés pour être libre de manger. En général quand je travaille avec mes clients, il y a 4 étapes qu’on suit pour apprendre aux personnes à retrouver ce rapport sain à la nourriture et être libre de manger. Le premier point, c’est justement cette idée de bienveillance corporelle que je disais tout à l’heure. C’est-à-dire de voir nos choix alimentaires comme un réel choix personnel pour faire du bien à son corps. Parce que c’est important de comprendre que quand on fait du bien à son corps, on va avoir une meilleure énergie. Et les études montrent que quand on a plus d’énergie, on va faire des choix qui sont plus personnels que des choix qui sont plus automatiques. C’est-à-dire qu’aujourd’hui, on sait que notre cerveau, il a deux façons d’intégrer l’information qui nous entoure. Par exemple, quand on est face aux choix entre : « Est-ce que je mange le burger ? » et « Est-ce je mange la salade ? » Bien sûr, je prends des extrêmes un peu exprès. Selon notre niveau d’énergie, soit on va dans notre rationnel, c’est à dire dans notre cerveau rationnel où on prend les décisions, où on est conscient finalement de ce que l’on veut, on va éventuellement choisir la salade, si c’était un objectif personnel. Soit de façon très automatique, on a besoin d’énergie… Voilà, on a dit dans notre quotidien, dans notre histoire que le burger : « Oh ! C’est trop bon ». Pour les gens qui n’aiment pas le burger, ça peut être autre chose. Ça peut être du chocolat, les gâteaux apéros, ce que vous voulez ! Et que si inconsciemment on a intégré ça comme un plaisir pur, comme si on l’avait mis sur un piédestal, que c’est un truc que je ne peux pas manger parce que c’est trop calorique ! Eh bien, c’est notre côté automatique qui va gagner la guerre entre mon choix personnel et le côté automatique parce qu’on est en manque d’énergie. Pourquoi ? Parce que le côté rationnel demande plus d’effort à notre cerveau et le côté automatique un petit peu… Tu sais quand on fait le petit coup au genou que notre docteur fait et que la jambe, elle part toute seule. Eh bien, c’est pareil quand on a notre cerveau automatique... Le côté de notre cerveau automatique se déclenche. Hop ! C’est une habitude qui a été créée depuis tellement d’années, que ça se déclenche tout seul et ça va aller vers les choix qu’on a faits pendant des années comme le plaisir absolu. Et donc, avoir conscience de ça, ça nous aide à comprendre pourquoi c’est important de nous maintenir en forme au quotidien, de faire en sorte que l’on se sente bien globalement, que l’on prenne soin de notre santé au quotidien pour pouvoir faire des choix qui sont plus en accord avec nos objectifs et qui demandent à notre cerveau un petit peu plus d’effort pour faire de meilleurs choix alimentaires. Donc, c’est vraiment important de retrouver cette bienveillance corporelle pour apprendre à donner le meilleur à notre corps et bien sûr, pour monter notre énergie, on a l’activité physique, la méditation, la respiration et tout un tas de techniques qui font en sorte qu’on se sente davantage en forme au quotidien. La deuxième partie, la deuxième...

X : Je me permets peut-être juste avant d’attaquer le point 2. C’est aussi de signaler aux personnes qui nous écoutent, c’est que là où c’est intéressant, c’est que cet effort que ça peut demander à la base, en fait, plus le temps va passer et plus ancrer cette habitude, moins l’effort sera nécessaire. Parce que finalement, ce qui est était un effort à la base devient une habitude et une réalité de notre quotidien qui fait qu’à terme, on ne se pose plus de question d’ailleurs.

S : Exactement, merci d’avoir précisé. Puisqu’effectivement, c’est un point important. Au début, ça demande un effort et très vite, ça peut passer du côté automatique. C’est-à-dire qu’à un moment donné, l’automatisme va être de faire le choix qui à la base était rationnel et qui va devenir automatique. J’aime bien donner l’exemple du permis de conduire. Si vous avez votre permis de conduire, vous vous rappelez que la première fois où vous êtes entré dans une voiture, il fallait être concentré sur les rétroviseurs, mettre la clé pour démarrer la voiture, appuyer sur la pédale, changer la vitesse, voir s’il y avait des piétons, le feu rouge, le feu vert… Enfin, il y a eu plein de choses à prendre en compte ! Et ça nous demandait un effort de tout regarder. Après quelque mois de pratique, quand le feu est rouge sur la route, on ne se dit pas rationnellement : « Il faut que j’appuie sur l’embrayage, que je change ma vitesse, que je freine en même temps, que je regarde mon rétro ». Non, c’est juste qu’on se rend compte, qu’on est déjà arrêté. Et là, c’est exactement la même chose en fait. Au début, ça demande un effort d’observation de prendre conscience de nos choix, du plaisir que ça peut nous procurer de faire de meilleurs choix, de voir les bénéfices à court terme de ses choix, etc. Mais sur le long terme, tout ça va devenir automatique et en fait, on ne va plus se poser de questions. Mes clientes, en général, me disent : « C’est dingue ! En un mois ou deux, je n’ai plus cette obsession de la nourriture, j’ai plus de compulsion, et je même pas rendu compte en fait ce qui s’est passé ». Effectivement, au début, ça leur demandait un effort. Et aujourd’hui, c’est juste automatique, elles sont avec des gens autour d’elles qui mangent peut-être pas sain par rapport à leur perception personnelle et elles n’ont plus envie de craquer parce qu’il y a des gens qui les tentent, etc. Elles font leur choix à elle et si elles ont envie de manger le burger, OK ! Mais c’est un choix qu’elles font de façon consciente, et plus en mode pilote automatique. Parce qu’elles veulent se faire ce plaisir ultime pour compenser une émotion désagréable ou une journée de merde ou des trucs comme ça... C’est plus : « Aujourd’hui, j’en ai envie, je vais le faire » et un choix conscient. Et comme tu disais, c’est qu’à un moment donné, les choix qui étaient rationnels, les fameuses résolutions de début qui sont très rationnelles au début deviennent des automatismes à long terme. Et ça, vraiment, ça demande au cerveau de finalement se reprogrammer. Comme on l’a reprogrammé au long de ses années de façon à renforcer au quotidien les mauvaises habitudes, on peut aussi reprogrammer notre cerveau pas à pas, d’étapes à étapes, à avoir de nouvelles habitudes et donc du coup, on commence à faire des choix personnels et pas parce que il faut ou je dois. Donc c’est vraiment... Ouais j’aime bien cette idée de reprogrammer le cerveau, je l’utilise souvent avec mes clientes... Voilà de retrouver un vrai plaisir et de transformer cette relation qu’on a à la nourriture au niveau des neurosciences, au niveau de notre cerveau, pour que ça devienne un nouvel automatisme.

X : Ça marche ! Alors, passons à l’étape 2.

S : L’étape 2... Alors, dans l’étape 2, ce que je travaille beaucoup avec mes clientes, c’est d’apprendre à réapprendre à manger finalement. Aujourd’hui, avec les injonctions alimentaires, il y a tellement de plan alimentaire, de rééquilibrage alimentaire, de régimes et tous ces plans qui ont des règles plus ou moins strictes. Et il y a énormément de gens qui se sont entrainés dans ce type de plan alimentaire sans vraiment réfléchir à ce dont leur corps a réellement besoin. C’est-à-dire qu’elles vont suivre à la lettre les plans sans vraiment prendre conscience de ce dont leur corps a réellement besoin. Une des choses qui est importante de retrouver avant même de penser des plans alimentaires, c’est de retrouver la faim et la satiété. Classiquement, les gens que je suis qui ont un mauvais rapport à la nourriture me disent : « Mais oui... mais Sandra, moi j’ai tout le temps faim » ou alors tout l’inverse « Je n’ai jamais faim ». Et ce sont des personnes qui ont été totalement déconnectées de leur corps qu’à un moment donné, leur cerveau leur dit : « Je t’envoie le signal de faim, tu ne m’écoutes pas, je vais l’arrêter parce que de toute façon tu vas faire ton plan alimentaire, tu n’écoutes pas que je t’envoie le signal, autant économiser de l’énergie ». Donc ça, c’est un petit peu ce que le cerveau se dit dans sa tête et à un moment donné, il inhibe le signal de faim. C’est pour ça que la personne a l’impression de ne jamais avoir faim. À l’inverse, les personnes qui disent avoir tout le temps faim, ce sont les personnes qui confondent les envies de manger et la vraie faim que leur corps leur demande. La vraie faim, ça va être la faim que votre corps vous envie en disant : « Hey, s’il te plait, donne-moi de l’énergie pour bien fonctionner, pour faire battre mon cœur… » Pour faire fonctionner votre cerveau qui demande de l’énergie pour respirer, faire bouger les poumons, faire circuler le sang, faire fonctionner les reins, pouvoir bouger, etc. Ça, c’est notre corps qui nous dit : « S’il te plait, ressource mes batteries, donne-moi à manger pour que je fonctionne correctement ». Puis après, il y a les envies de manger, les fameuses envies pour parfois combler un vide intérieur, pour compenser une émotion qui peut être désagréable ou agréable. Même si le plus souvent, c’est pour compenser une émotion désagréable. Je suis stressé, je mange. Je suis fatigué, je mange. Je suis triste, je mange. Mais ça existe aussi parfois des « J’explose de joie, j’ai envie de fêter ça, je compense, je mange ». Même si, encore une fois, la plupart des cas, c’est plutôt avec des émotions désagréables. Donc, c’est important de faire la différence entre la vraie faim et les envies de manger. Les envies de manger, c’est plus notre cerveau qui va demander d’être alimenté soit parce qu’il est en manque d’énergie. On a tous vécu le fameux remplissage de caddy quand on est affamé. En général, on a pas du tout le même caddy, quand on est affamé, on va acheter des choses qui sont dense en énergie qui vont être plus grasses, plus sucrés parce que notre corps se dit : « Là, j’ai trop trop faim, je suis en manque d’énergie, s’il te plait viens vite activer la zone d’énergie, du plaisir de mon cerveau ». Et donc on va avoir de manger toutes ces choses grasses, sucrées pour activer très vite. Pareil si on se sent frustrer que ce soit frustrer face à la nourriture ou frustrer au quotidien parce qu’on a une journée qui ne s’est pas bien passée, on a une contrariété, peut-être qu’on s’est disputé avec notre chéri, notre patron, on va activer un petit peu une sorte de frustration intérieure. Alors notre cerveau nous dit : « Ah bah non, je n’ai pas envie de me sentir comme ça, s’il te plait active vite ma zone de plaisir du cerveau ». Et ça peut s’appliquer très vite avec des aliments qui sont sucrés et gras qui vont être dense son énergie. Pour toutes les personnes qui se disent : « Je ne sais pas ce que j’ai, dès que ça va pas, pourquoi je vais taper sur le sucre ? “Eh bien, j’ai juste envie de vous dire : ‘Vous êtes humain’, c’est juste qu’il y a quelque chose qui se passe dans votre vie qui vous frustre d’une façon ou d’une autre. Et votre cerveau est juste en train de vous dire : ‘S’il te plait occupe-toi de moi, donne-moi du plaisir’. Et comme on a associé au long de l’année que manger active très vite la zone de plaisir et que ça a été un peu notre échappatoire pendant plusieurs années et bien, on va taper sur la tablette de chocolat, les gâteaux. Peut-être du fromage, les gâteaux apéros ! Bref tout ce qui va être dense en énergie pour activer cette zone. bien sûr vous imaginez bien que le but ce n’est pas de répondre systématiquement à ce besoin d’activer la zone du plaisir en mangeant sinon effectivement on peut générer un problème personnel, une vraie souffrance, mais sachez que c’est juste humain d’avoir des moments... je suis sûre que dois Xavier ça t’arrive aussi quand t’es fatigué ou que t’es une journée un peu plus pourri que d’habitude d’avoir envie de manger ce type d’aliments. Et c’est OK ! En fait, que ça arrive de temps en temps, il ne faut juste pas que ça soit systématique et que ça devienne une habitude au quotidien. Sinon effectivement on peut avoir des problèmes sur le long terme, une réelle souffrance. Donc réapprendre à manger c’est ça, c’est différencier la vraie faim de l’envie manger. C’est aussi se reconnecter à la satiété. Il y a des gens qui dise : ‘oui, mais moi je ne ressens jamais la satiété’ encore une fois c’est juste que pendant des années, elles n’ont tellement pas écouté leur satiété que leur corps à annihiler cette sensation. La satiété, c’est quoi ? C’est l’absence de faim. C’est-à-dire que le corps, dans une première phase, va nous connecter à la faim, donc, mange. Et quand on a été assez ressourcé en mangeant, il inhibe la faim et là, on a atteint la satiété. Les gens qui ont déconnecté ça parce qu’ils ont suivi des plans alimentaires sans faire attention à ce que leur corps a besoin, c’est normal qu’ils ne ressentent plus la satiété à partir d’un certain moment.

Donc, la première étape va être de se reconnecter à la faim, pour après se reconnecter à la satiété et puis encore juste après aux sentiments de rassasiement. C’est à dire que la notion de plaisir gustative bien souvent, on mange en pilote automatique. Quand on se rend compte, on a fini notre assiette ou notre sandwich ou peu importe ce que vous êtes en train de manger et du coup on se rend compte qu’il nous manque quelque chose, on a envie d’un petit sucré, d’un petit dessert, on a le sentiment.... On sait qu’on a mangé beaucoup, mais il manque un petit truc. Mais c’est juste qu’on a été déconnecté de ce qu’on était en train de faire et du coup on n’a pas... notre cerveau à l’impression d’avoir eu suffisamment de plaisir gustatif pour activer sa zone de plaisir. Donc, c’est important de retrouver justement comment notre corps fonctionne pour réapprendre à manger en fonction de ce qu’il a réellement besoin. Ça, c’est la deuxième étape.

Puis après, il y a la 3e étape qui va être de faire la paix avec la nourriture. Alors j’adore cette partie quand je parle de ça parce que quand je parle de ça les gens entendent faire la paix qu’avec les aliments interdits c’est très rigolo. Mais je n’ai pas dit ça, j’ai dit de faire la paix avec la nourriture de façon globale. Alors oui effectivement, d’un côté on va faire la paix avec les aliments interdits, les fameux aliments tabous qu’il faut éviter absolument selon les régimes, les plans alimentaires. Parce que finalement ce qui se passe c’est qu’on met ces aliments sur un piédestal, on se dit : ‘Oh ça je ne peux vraiment pas manger, c’est un truc de fou, si je mange je vais taper sur la tablette entière, c’est horrible, c’est trop trop bon !’ Et en fait, on met une association tellement positive comme si on m’était l’aliment dans un piédestal que forcément notre cerveau associe à” ça active bien ma zone de plaisir ». Donc, l’idée, c’est de renouer un petit peu le rapport à cette nourriture et de le sortir sur son piédestal et de juste le normaliser, dédiaboliser et de se rendre compte que l’aliment n’est pas si officine que ça surtout quand on a chez soi et qu’on apprend à juste.... quand on a envie de manger un peu de chocolat c’est OK, de prendre vraiment du plaisir avec de petites quantités. Ça s’apprend contrairement à ce que l’on pense. Quand les gens me disent : « Mais ça, c’est impossible ! Jamais je pourrais en avoir chez moi ». Ça s’apprend, un truc de fou, mais on peut encore une fois reprogrammer notre cerveau à vraiment retrouver le plaisir de manger en petite quantité et de ne plus avoir ce truc de c’est tellement interdit parce que forcément, à un moment donné, quand on craque, on craque sur de grandes quantités. Donc moi, je préfère dire à mes clients : « Mangez de petites quantités, retrouvez, dédiaboliser cet aliment, enlevez-le du piédestal ». Et vous allez voir qu’à un moment donné vous allez pouvoir en avoir chez vous et même d’oublier que vous en avez chez vous et que le paquet dur plus longtemps que d’habitude. Et ça encore, ça s’apprend pas à pas, avec plein de petites étapes, mais ça change la vie en fait. Parce qu’on réduit l’obsession de ces fameux aliments. Mais il y aussi faire la paix avec les aliments « santé » entre guillemets. C’est-à-dire que très souvent, ça m’arrive que mes clients me disent : « Oui, mais moi je n’aime pas les légumes, les légumes pour moi, c’est la punition ». Bah. Oui ! C’est normal ! Si ce n’est pas des années que vous fassiez des régimes, que vous mangiez des légumes que quand vous faites des régimes que vous associez comme c’est frustrant, c’est chiant, je n’aime pas ça. À l’inverse des aliments tabous, là par contre, on les a bien au fond du trou parce que c’est chiant qu’on en mange juste parce qu’on est obligé de manger et qu’il faut manger ça. Donc, le but, c’est de retrouver le plaisir à manger ces aliments différemment, à se réapproprier de nouveau goût et encore une fois les goûts ça s’apprend comme les enfants. C’est-à-dire que les enfants quand ils sont petits instinctivement, ils font la grimace quand on leur donne de nouveaux aliments. Bah... nous aussi, on fait la grimace peut être 1-2 ou 3 fois, mais petit à petit on peut se réapproprier de nouveaux goûts, de prendre un nouveau plaisir, de changer la vision et le plaisir qu’on a pour certains aliments qu’on voit un peu comme la punition aujourd’hui et de finalement, faire la paix avec ces aliments d’un côté santé entre guillemets et des aliments tabous. Et de juste normaliser la nourriture et de dédiaboliser. Quand on apprend à faire ça, c’est très drôle parce que notre corps va très vite apprendre à manger plus sainement, mais naturellement. Sans que ça soit des règles extérieures : « il faut » « je dois » et plus des « J’ai trouvé une nouvelle façon d’avoir un rapport à la nourriture et je le fais parce que j’ai envie. Ça change vraiment la vie, le fait de plus avoir ces règles et de se le réapproprier comme un choix personnel. Est-ce que ça te parle pour l’instant Xavier ?

X : Ouais, ouais, ça me parle et je pensais aussi du coup, qu’il faut s’autoriser à être créatif et à faire preuve de curiosité. Car tout ça, ça joue et ça va faciliter le processus aussi.

S : C’est clair, c’est clair ! Exactement, il y a beaucoup de personnes qui travaillent sur ce côté-là, de changer, d’avoir une nouvelle créativité en cuisine ou pour les personnes qui disent : “Oui, mais je n’aime pas cuisiner”. Souvent ce n’est pas qu’elles n’aiment pas cuisiner. Peut-être qu’elles n’ont pas appris à cuisiner ou alors qu’elles ont l’impression que ça met énormément de temps. Et aujourd’hui, il y a des techniques assez simples pour optimiser le temps en cuisine, si vraiment c’est le fardeau de cuisiner et de cuisiner pour plusieurs jours et de se réapproprier de nouveaux goûts. J’imagine que dans tes podcasts tu auras des invités qui pourront éclaircir les personnes qui nous écoutent justement sur trouver de nouvelle façon de cuisiner sans que ça devienne laborieux et un peu la punition au quotidien.

X : Mmm...

S : Et donc, on va passer à la 4e étape, c’est apprendre à nourrir ses émotions autrement qu’en mangeant. Qu’est-ce que ça veut dire ? Très souvent, comme je le disais tout à l’heure, on mange par envie de combler une espèce de vide intérieur comme si on avait besoin de se remplir ou alors parce qu’il a des émotions désagréables qui tournent en rond, on est stressé, on est fatigué, on est triste, etc., et d’apprendre à gérer autrement qu’en compensant avec la nourriture. En apprenant à nourrir son corps avec des choses qui sont réellement importantes pour nous, des activités qui nous comblent, des relations humaines qui nous comblent et de pouvoir se réapproprier qu’est-ce qui est réellement important pour moi dans la vie, qu’est-ce que je veux pour moi dans la vie, encore la question que je disais tout à l’heure le dernier jour de votre vie. Si on imagine à 80 ans, sur votre lit de mort, qu’est-ce qui aura vraiment compté dans votre vie et de pouvoir vous nourrir de ses choses, de ses personnes, de ses activités qui sont réellement importantes, d’apprendre à vivre avec ses émotions désagréables, de pouvoir avoir vraiment une vie qui va être plus globalement construite sur mesure pour vous, ça va vous aider à gérer vos émotions différemment face à la nourriture. Vivre ses émotions, c’est super important. Il y a des personnes qui veulent... notre éducation finalement... à l’école on n’a pas appris à gérer nos émotions. Au contraire, souvent nos parents nous disent : “Ce n’est pas bien de pleurer, tu dois être fort, les garçons ne pleurent pas” par exemple, ou “Les filles...”  Ca va être peut-être être prétentieux... Bref il y a plein, plein de croyances qui se créent autour des émotions. Et donc forcément quand on est adulte, c’est beaucoup plus difficile de les vivre. Et vivre ses émotions, ça parait une chose qui parait super méga complexe, mais finalement l’émotion en soi, elle ne dure que quelques minutes ou quelques secondes parfois. Ce qui fait que l’émotion dure sur le temps, sur la durée, c’est toutes les pensées qu’on a associées à cette émotion ou tous les épisodes qu’on est en train de vivre. Je donne souvent l’exemple (c’est un exemple un peu caricatural bien sûr). Imaginons, deux femmes qui sont chez elles et leur chéri leur dit  : “Ce soir, je bois une bière avec les amis, j’ai besoin de prendre un peu l’air, donc je vais boire un coup”. Il y a la première qui dit : “C’est horrible, il m’abandonne, il préfère aller chez des amis que d’être avec moi ce soir, je déteste être toute seule !” Et donc forcément, l’émotion qu’elle a peut-être ressentie, soit de tristesse, soit de colère, soit de frustrations, elle va être amplifiée par toutes ces pensées : “C’est horrible, je déteste être toute seule, je ne sais pas quoi faire...” Ca fait amplifier dans le temps, ça va rendre encore plus durable l’émotion de tristesse ou de colère, tandis que si elle apprenait juste à vivre avec ça et à prendre du recul sur ce qui se passe réellement dans la situation, l’émotion, elle passerait très vite. Après il y a la femme numéro 2 qui se dit : “C’est super ! Il va aller boire un coup, du coup je vais prendre un bon bain, je vais lire, je vais prendre soin de moi”. “Allez vas -y, vas-y, je vais enfin faire un truc pour moi, je vais peut-être appeler une copine, ça va être cool” et qui du coup, elle, comme par hasard, va déclencher des émotions plus agréables. Peut-être de la joie, du réconfort, de se dire “Ah c’est cool” de la zénitude. Et se rendre compte de ça c’est aussi... pouvoir comprendre que les émotions elles vont être intensifié par le fameux mindset dont on parlait au début, par la petite voix intérieure qui nous parle et qui va interpréter les situations qu’on est en train de vivre. Mais que l’émotion en soi, elle ne dure vraiment que quelques minutes. Après, c’est aussi important non seulement d’apprendre à vivre, à ressentir l’émotion intérieure, mais aussi c’est important de gérer toutes les pensées qu’on a autour d’une situation pour réduire l’intensité de ces émotions. Bien souvent, on fait un peu l’effet cocotte-minute finalement, on se dit “Non, non, je n’ai pas le droit de vivre cette émotion”. Je fais semblant genre : “Il ne s’est rien passé”, mais si par exemple imaginez-vous mettez une assiette sur votre... votre pas cocotte-minute... votre casserole qui est en train de faire bouillir de l’eau, vous faites de la pression que l’eau ne sorte pas, vous êtes en train de tenir votre assiette et plus vous tenez, plus il y aura de la pression puisque c’est en ébullition de plus en plus fort, plus, vous vous êtes obligé de faire de l’effort à tenir cette assiette, plus il y a de la pression en dessous, plus vous avez besoin de faire de l’effort et à un moment donné ça devient ingérable et ça explose. Les émotions, c’est exactement ça, si on n’apprend pas à les vivre, si on n’apprend pas à les ressentir, à vraiment être là pour les accueillir, un moment donné, c’est effet cocotte-minute et ça explose ! Donc c’est important dans l’étape numéro 4 à vivre ses émotions, à interpréter, prendre du recul de façon différente de ce qu’on est en train de vivre, et à agir en accord à ce qui est réellement important pour soi, le fameux Triangle d’or que je disais tout à l’heure, à apprendre à être le MAGE de sa vie pour justement nourrir sa vie, nourrir son corps de façon tellement importante, tellement se combler de façon globale qu’on aura plus besoin d’aller compenser avec la nourriture. Donc, vraiment pour moi, c’est les 4 piliers pour apprendre à être libre de manger, de sortir de cette obsession et ces craquages alimentaires. Donc la bienveillance corporelle en n° 1, réapprendre à manger de tout en se reconnectons aux besoins de notre corps n° 2, n° 3 apprendre à faire la paix avec les aliments et n° 4 apprendre à nourrir son corps autrement en apprenons à gérer ses émotions et les situations de notre vie.

X : Eh bien, merci pour tout ça. Alors, on est déjà à 52 minutes donc on ne va peut-être pas faire trop trop long, je voulais juste atteindre un dernier point parce que là on a beaucoup parlé finalement de la phase du début, c’est-à-dire comment passer de notre situation actuelle vers une situation... une meilleure relation à son corps, une meilleure relation à son alimentation. Je voulais aussi évoquer le côté “inverse” et ce qu’on peut faire pour éviter de tomber dans l’excès de trop de contrôle de son alimentation où par exemple on se dit que... voilà, on se définit des règles de conduite et finalement, on ne veut jamais s’en déroger parce qu’on en a décidé ainsi.

S : Merci pour cette question Xavier. Effectivement, j’en parlais avec une cliente qui travaille elle-même dans un institut de beauté donc forcément qui avait énormément de règles et ça devient aussi une souffrance un moment donné parfois, d’être obsédé par ces “manger sain, être strict, etc.” Et les étapes dont j’ai parlé juste avant, ça marche aussi pour ces personnes. En fait, l’objectif, c’est justement de sortir de cette obsession alimentaire que ça soit manger les aliments interdits ou manger sain et les craquages alimentaires. Donc les personnes qui souffrent souvent... on entend parler d’ailleurs d’orthorexie. Qui est vraiment ce sentiment d’être obsédé par manger sain dans le contrôle absolu, de ne pas dépasser les calories, les grammes, etc. Quand on se reconnecte à son corps, à ce qu’il a réellement besoin, on va pouvoir voir que notre corps fonctionne à merveille qu’il sait très bien ce qu’on a besoin pour bien fonctionner et on va pouvoir apaiser justement ce rapport à la nourriture et on va pouvoir une fois donner son énergie, son temps aux choses qui sont réellement importantes pour nous plutôt que d’être fixé sur la nourriture en mode obsessionnelle. Donc c’est le même processus dans mes programmes, il y a des personnes qui vont avoir des hyperphagies, des boulimies, mais aussi des personnes qui ont eu des anorexies, et qui veulent maintenant juste continuer à se libérer de cette obsession autour de la nourriture parce que le but du programme, c’est de renouer à un rapport sain à la nourriture en écoutant son corps. Ça marche dans les deux cas.

X : Ça marche… écoutes c’est parfait. Du coup est-ce que tu peux nous dire où on peut aller si on veut en savoir plus et suivre tes différentes activités ?

S : Bien sûr ! Alors j’ai créé un site internet comme je disais au tout début qui s’appelait Sandra FM comme la radio pas parce que je suis une radia, mais parce que je m’appelle seulement Fernandes Machado, mais c’est trop compliqué à retenir. Donc, si vous tapez Sandrafm.com, vous trouverez mon site internet n’hésitez pas à y aller, il y a énormément de vidéos, d’articles, il y a pas mal de ressources gratuites aussi. Il y a un petit e-book, des petites fiches pratiques, une semaine pour apprendre à dire stop aux craquages alimentaires. Entre autres, j’envoie souvent des mails pour les nouveaux articles, les nouvelles vidéos, mais aussi pour parler de mes programmes pour les personnes qui sont intéressées à aller plus loin que toute la partie gratuite du site internet.

X : OK ! Eh bien, c’est parfait ! Merci beaucoup Sandra.

S : Merci à toi pour l’invitation. J’espère qu’on aura pu planter une petite graine aux auditeurs qui écoutent ce podcast aujourd’hui.

X : Je l’espère aussi, à très bientôt !

S : À bientôt ! Au revoir.

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