Parlons Forme #021 : Comment améliorer son estime de soi

« Je suis nul.le »

« Je ne suis pas capable »

« De toute façon rien ne fonctionne pour moi »

« Ça ne sert à rien d’essayer, je n’irais jamais au bout… »

Je ne connais pas votre situation personnelle alors peut-être que ces phrases ne vous parlent pas. Mais peut être aussi qu’elles font énormément écho en vous

En tout cas, c’est le type de phrase dites par les personnes que j’accompagne au quotidien. C’est normal.

Bien souvent, lorsque l’on a tenté beaucoup de choses pour se sentir plus en forme et que ces « stratégies » n’ont pas portées leurs fruits alors on va avoir tendance à se dévaloriser.

Sans forcément prendre le recul suffisant pour se dire que cette stratégie n’était pas forcement adaptée à VOTRE cas personnel.

Ou encore que cette stratégie n’était pas forcement la bonne MAINTENANT pour vous.

Dans tous les cas, les conséquences sur l’estime et la confiance en soi sont souvent désastreuses et peuvent entraîner une « paralysie » pour tenter de nouveau de s’améliorer pour aller sur cette voie de la Forme Idéale.

Alors que faire pour gagner en confiance en soi et en sa capacité à prendre soin de soi ?

Je vous propose de découvrir certaines pistes proposées par Mai-Lan Ripoche qui est coach depuis de nombreuses années et qui a déjà accompagné des centaines de personnes sur le chemin d’une vie plus sereine et épanouie.

Bonne écoute !

Au sommaire du vingt-et-unième épisode de Parlons Forme

Dans cet épisode vous allez découvrir

  • Qui est Mai-Lan Ripoche et quelle est son activité ?
  • D’où vient le nom du blog les « Guerriers Pacifiques » ? Quel est le concept derrière ce nom ?
  • Est-ce que les pensées sont à la base de toutes nos émotions et actions ?
  • Quelle est la différence en la notion d’estime de soi et de confiance en soi ?
  • Quelles sont les caractéristiques communes aux personnes qui manquent d’estime de soi ?
  • Les recommandations de Mai-Lan Ripoche pour améliorer notre estime personnelle.
  • Pourquoi l’intégrité personnelle joue-t-elle un rôle important lors de notre travail de l’estime de soi ?
  • Et beaucoup d’autres choses…

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Découvrir une autre discussion passionnante

Pour compléter cette interview, je vous propose de (re-)découvrir cette discussion avec Clotilde Dusoulier où nous parlions de l’importance de nos pensées et de nos émotions sur nos actions.

Découvrez (entre autres) ce que vous pouvez mettre en place pour prendre plus de recul sur ses situations du quotidien où vous avez, peut-être, l’impression de ne pas avoir la main.

Episode à écouter ci-dessous ou téléchargez-le au format MP3 (Clic droit / Enregistrer sous…)

Accéder aux notes de cet épisode

Xavier : Bonjour, Mai-Lan, et merci de m’accompagner pour ce podcast.

Mai-Lan : Bonjour Xavier et ravie d’être avec toi.

X : Alors pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter aux personnes qui nous écoutent et est-ce que tu pourrais nous en dire un petit plus sur ce que tu fais ?

M : Je suis Mai-Lan Ripoche. Je suis coach en connaissance de soi et gestion du stress par la pleine conscience. Disant que j’ai plusieurs casquettes, j’accompagne les individus à titre particulier dans des objectifs personnels et professionnels. Ou en gros, je les aide à mieux se connaitre, mieux gérer leurs émotions pour, d’une manière générale, être plus heureux dans leur vie perso et pro en fait. Je suis aussi formatrice. J’interviens régulièrement en entreprise dans des grands groupes comme Total, Schlumberger, MJ, Minutebuzz, Jenson & Jenson. Donc des grandes structures où j’anime des ateliers de gestion de stress par la méditation de pleine conscience.

Et puis, je fais pas mal de choses en fait (rires). Je suis aussi conférencière. Là j’en suis plutôt à mes débuts. Mais c’est vraiment quelque chose-là que je veux développer et qui va se développer. C’est clair, je le sens. C’est vraiment quelque chose que je sens que je serai vraiment amenée à le faire. Et puis j’ai une chaine YouTube et un blog qui s’appelle « Les Guerriers Pacifiques » ou la je donne des conseils, des astuces pour mieux vivre son quotidien, des thématiques autour du développement personnel et de la spiritualité en général. Et puis une dernière chose, j’ai aussi une application de méditation de pleine conscience qui est gratuite et qui s’appelle « Méditer avec LGP ». Voilà.

X : Ce nom de Guerriers Pacifiques ça vient d’où et c’est quoi le concept derrière ?

M : Alors en fait je l’ai pompé d’un livre de Dan Millman, c’est un roman initiatique qui s’appelle « Le guerrier pacifique » que j’ai découvert quand j’avais 19 ans. Et pour la petite histoire en fait c’est qu’à 19 ans j’ai commencé le kung-fu de Shaolin. Et à la fin d’un cours, en était en début d’année, je venais de commencer, j’avais un petit peu échangé avec lui. Et un jour, il m’a ramené un livre. Du coup ce fameux livre, « Le guerrier pacifique » et c’était son exemplaire. Il m’a dit : « Tiens, je te le prête, lis-le. Je pense que ça va te parler et dis moi ce que t’en penses. » Et il m’a dit à ce moment-là que c’est vraiment le genre de livre qu’on lit avec différent degré de lecture en fonction de son niveau de conscience. Donc il me disait : « Moi je te conseille de te le procurer parce qu’aujourd’hui tu vas comprendre certaines choses et tu le relis dans quelques années et tu vas voir d’autres choses ».

Et en fait c’était une période de ma vie ou forcément à 19 ans je sortais un peu de l’adolescence tout ça, vraiment pas beaucoup de confiance en moi. Je me cherchais et c’est aussi pour ça que j’ai commencé des arts martiaux, c’était d’abord pour reprendre confiance en moi. Et quand j’ai lu ce livre, ça a été une vraie révélation. En fait, il a répondu à toutes les questions que je me posais sur le sens de la vie en général. Et ça m’a permis de trouver une voie à suivre, en fait c’est le guerrier pacifique. Et c’est pour ça qu’aujourd’hui mon slogan c’est « Soyons maitre de notre vie avec courage, sagesse et humour » parce que pour moi en gros si je devais résumer la voie « guerrier pacifique », c’est vraiment ça. C’est être maitre de sa vie. Donc prendre la totale responsabilité de sa vie et pour moi il y a 3 valeurs qui sont fondamentales et qui ressortent pour moi dans ce livre et dans ma vision aussi des choses, c’est le courage, la sagesse et l’humour. C’est mes 3 valeurs phares.

Donc voilà pour l’histoire par rapport à ce blog. Et du coup quand j’ai lancé mon blog et ma chaine YouTube en aout 2016 (ça va faire 2 ans bientôt), je me devais de rendre hommage à ce livre qui a vraiment changé ma vie. Il y a eu un avant et un après ce livre. Ça a été le début en fait de toute une quête intérieure et ç’a été le point de départ de ce que je fais aujourd’hui. Et donc quand j’ai appelé mon blog et ma chaine YouTube « Les Guerriers Pacifiques », c’est avant tout pour m’adresser aux personnes qui ont été touchées autant que moi par ce livre et qui se reconnaissent dans cette voie.

X : D’accord. Et tu l’as relu depuis ?

M : Ah oui, je l’ai lu. J’ai même fait mon mémoire de coaching dessus. J’ai dû le lire qu’au moins 4 ou 5 fois. Et à chaque fois, je vois qu’il y a différents niveaux de lecture et je le lis différemment à chaque fois en fait. Parce que j’avance et du coup j’y découvre des choses que je n’avais pas perçues à la première lecture.

X : Ouais c’est vrai. Moi j’ai déjà aussi ressenti ça en relisant des bouquins plusieurs années après les avoir lus une première fois. Effectivement, parce que tu as évolué entre-temps et donc tu ne lis pas du tout de la même façon. Et c’est vrai que finalement, et c’est une remarque que je m’étais faite, parce que pendant un temps je lisais beaucoup de bouquin autour, ça peut être la santé, ça peut être le sport, mais aussi tout ce qui est dév perso, même business, et en fait plutôt que d’acheter tout le temps de nouveaux bouquins il suffirait peut-être d’en avoir 20 (les plus recommandés) et de lire que ces 20 livres une fois tous les 2 ans et en fait ça se trouve qu’on progresserait exactement de la même façon, je me dis ça parfois.

M : Ben je suis totalement d’accord avec toi en fait. Moi je vois bibliothèque. Après je lis très lentement. C’est l’avantage du coup je n’ai pas trop trop de livre non plus. Mais c’est vrai que c’est plus ou moins toujours la même chose qui est dite avec des mots différents, des exemples différents. Mais dans le fond, moi si je devais faire une sélection, en gros je n’en choisirai même pas 20. 5 ou il y a déjà tout en fait. Et comme tu dis, en les relisant, finalement on se les approprie différemment en onction de là ou on en est. Puisqu’en fait tout le monde dit plus ou moins la même chose, personne n’a rien inventé. Et moi je m’en rends compte, et là je me soigne, mais on est vachement dans la boulimie d’information et surtout quand on est coach ou voilà quand on est passionné un peu de développement personnel, on a l’impression qu’on va louper quelque chose si on ne lit pas le dernier livre qui est sorti, si on ne fait pas la dernière formation tendance. Alors qu’en fait c’est toujours la même chose. C’est juste que voilà, il y a des approches ou des façons de dire les choses, des façons de faire qui vont plus nous parler, mais dans le fond on en revient toujours à la même chose. En tout cas moi je parle dans mon domaine, on en revient toujours à la même chose.

X : Je suis parfaitement d’accord avec ça. J’ai vu sur ton site que tu présentes différents outils que tu utilises justement pour faire tes coachings, tes accompagnements et donc c’est la PNL, la pleine conscience et la communication non violente. En fait puisque tu as dit que tu as lancé ton blog et ta chaine YouTube il y a 2 ans de ça, et du coup tu t’es formé à ces différentes méthodes depuis ou c’était déjà un processus que t’avais lancé avant ?

M : Non, en fait moi ça fait depuis 2010, 8 ans que je suis coach. Et ça fait ouh la, que je me suis lancée sur les réseaux sociaux ou j’ai développé ma communauté sur les réseaux sociaux, donc depuis 2 ans seulement. Mais moi je me suis formée, j’ai été certifiée coach en 2010. Je me suis formé à le PNL à partir de 2009. Ça fait 10 ans que je me forme en fait. Donc dans toutes ces formations, elles ont presque 10 ans maintenant. Ç’a été une formation continue, mais j’ai commencé avec la PNL en 2009.

X : Alors ce que je te propose aujourd’hui c’est qu’on parle du sujet de la confiance en soi et l’estime de soi, parce que finalement et ça on l’a déjà vu lors des précédents épisodes du podcast, c’est qu’en général en fait nos pensées va être à la base de nos émotions et de nos actions. Et du coup si on a une mauvaise image de soi, une mauvaise confiance en soi, ça va être difficile d’avoir des actions positives pour évoluer dans les sens qu’on veut l’atteindre quels que soient ses objectifs. Première question, est-ce que t’es d’accord avec cette idée justement que les pensées sont à la base de tout ?

M : En grande partie oui. Je pense que oui les pensées conditionnent comme tu dis nos émotions et nos ressentis, après les 3 s’alimentent en fait. C’est un peu comme un camembert avec on va dire 3 parties : il y a les pensées, les sensations et les émotions. Et chaque partie a une influence sur les 2 autres. Donc souvent quand même le point de départ et quand on le relie à la confiance en soi et l’estime de soi oui. Souvent, c’est quand même les pensées, donc les pensées dévalorisantes qui vont impacter ensuite nos émotions et la sensation de manque de confiance en soi. Souvent, c’est quand même, l’origine vient des pensées.

X : Oui après il y a clairement cette idée de cercle soit vertueux, soit vicieux qu’effectivement c’est dans un sens si on a des pensées qui sont un petit peu plus positives on va avoir des actions un peu plus positives et voilà, les unes alimentent les autres. Mais malheureusement c’est aussi valable dans l’autre sens. Est-ce que tu vois une différence entre la notion d’estime de soi et la notion de confiance en soi ?

M : Ben en fait la confiance en soi, et c’est vraiment l’idée que je me fais sur ma capacité à faire quelque chose, à réaliser quelque chose. Donc c’est vraiment de l’ordre du savoir-faire finalement. Est-ce que je me sens capable d’affronter une situation ou est-ce que je me sens capable de faire quelque chose ? Alors que l’estime de soi elle est plus en rapport, c’est vraiment l’idée que je me fais de qui je suis, c’est vraiment la valeur que je me donne. Donc les 2 s’influencent encore une fois, mais c’est 2 notions différentes. Donc ça veut dire finalement, et ça j’avais fait une vidéo dessus, sur le fait que c’est impossible (de mon point de vue) d’avoir tout le temps confiance en soi. Parce qu’on ne peut pas être doué et être compétent dans tous les domaines. Forcément on va avoir des zones d’excellence ou on va être bon et on va avoir confiance en nous dans tel ou tel domaine. Plutôt dans des domaines qu’on maitrise, dans lesquels on est bon. Et à l’inverse des situations où on va avoir moins confiance en soi parce qu’on a un peu moins d’expérience ou c’est un peu moins notre truc.

Et j’ai aussi fait une vidéo justement sur mon cours de salsa que j’avais repris cette année ou je suis arrivée en plein milieu d’années, au mois de janvier, c’est-à-dire que la plupart des élèves ont déjà quasiment 6 mois de pratique. Et en plus je suis arrivée à un niveau intermédiaire. Enfin c’est la salsa comme la rumba. Et c’était assez drôle de voir, en tant que coach j’ai plutôt confiance en moi parce que je sais que j’ai confiance en mes capacités en tant que coach. Et quand je suis dans ma posture de formatrice de coach ou même de conférencière, je me sens légitime, je me sens à ma place et je peux te dire oui, j’ai confiance en moi. Et là je suis arrivée au mois de janvier et j’ai commencé ce cours de salsa ou je pensais avoir un bon niveau, et en fait j’arrive dans cette école ou le niveau est vraiment, mais ultra bon. Et là je me suis sentie, mais une merde. Aucune confiance en moi. C’est-à-dire que je me cachais presque, je me mettais au fond de la classe pour ne pas que le prof me voie. Je ne me reconnaissais pas. Je me suis dit : « Ouais, vive la coach quoi ». Et en même temps voilà je l’ai raconté en vidéo parce que pour moi c’était important aussi de dire aux gens : c’est normal de ne pas avoir confiance en soi tout le temps. C’est facile d’avoir confiance en soi quand on est dans notre zone de confort, zone d’excellence. Par contre vous prenez la même personne, typiquement moi, ou vous me mettez, vous me sortez de mon contexte où je suis à l’aise, ou je suis bonne, eh bien, là de suite j’ai beaucoup moins confiance en moi.

Donc pour les gens qui nous écoutent, j’ai envie de dire, c’est normal que vous n’ayez pas toujours confiance en vous. Et donc, choisissez déjà pour alimenter un peu la confiance en vous, choisissez un domaine ou une activité que vous aimez et dans lesquels vous êtes bons, que vous avez des facilités. Ça, ça va déjà permettre de nourrir la confiance en soi. Et du coup en face il y a l’estime de soi pour voir qu’il y a un niveau un peu plus profond ou là c’est vraiment la valeur que je me donne. En gros c’est, est-ce que j’estime que je suis une bonne personne, une belle personne ou pas ? C’est vraiment au niveau de l’être, c’est l’idée que je me fais de qui je suis. Et ça à la limite, pour moi c’est quelque chose à travailler en parallèle, mais peut-être, quitte à choisir ça serait peut-être ça en premier. Parce que je dirai, ça c’est vraiment la base avant de travailler sur la confiance en soi. C’est d’avoir déjà une bonne image de soi, une bonne estime de soi. Reconnaitre notre propre valeur et du coup ça sera aussi plus facile de développer la confiance en soi donc au niveau du savoir-faire finalement. Et ça, c’est quelque chose qu’une fois qu’on a une bonne estime de nous, ça ne peut pas bouger. Après ça dépend des aléas de la vie. Mais en général c’est quelque chose qui est beaucoup plus solide que la confiance en moi qui dépend un peu aussi des circonstances. Alors que l’estime de soi c’est un peu transcontextuel. « J’ai une bonne image de moi ou je n’ai pas une bonne image de moi. Mais ce n’est pas en fonction des situations en fait.

X : Oui c’est ça. Qu’on soit dans une situation où on est plus ou moins à l’aise ou on a plus ou moins peur, finalement le fait même, enfin voilà, on fait quelque chose de nouveau, on va avoir peur d’être un peu ridicule du regard des autres. Mais si on a confiance en soi ça va être aussi beaucoup plus facile à la fois de se lancer et à la fois justement d’accepter les regards des autres parce que finalement on sait qu’au fond de nous on a des bases solides qui permettent de dire : « Pfff ils peuvent penser ce qu’ils veulent, moi je sais ce que je vaux au final ».

M : C’est ça. Ouais, c’est vraiment la valeur qu’on se donne.

X : Est-ce que t’as déjà pu, je ne sais pas si c’est facile comme ça à dire, mais identifier auprès des personnes que tu as pu accompagner s’il y a peut-être des caractéristiques (on va dire) communes aux personnes qui vont manquer, pas forcément de confiance en soi, mais de façon plus large d’estime personnelle ?

M : Oui. C’est clair. Ça vient souvent de notre passé et donc de notre éducation et je dirai même de notre passé familial. Enfin moi ce que je vois dans les personnes que j’accompagne et encore ce matin, justement sur l’estime de soi et clairement ce qui est ressorti c’était la relation avec son père qui avait un petit peu amputé sa confiance en elle et son estime d’elle-même. Même si nos parents font ce qu’ils peuvent, et font du mieux qu’ils peuvent avec les moyens qu’ils ont, moi ce que je constate c’est que 90 % du temps, nos blessures viennent de nos parents. De la relation qu’on a eue avec nos parents, et des croyances qu’on a développées dans notre enfance en fait, en fonction de ce qu’on a entendu, de ce qu’on nous a dit.

En tout cas moi de ce que j’observe, dans 90 % du temps, l’origine est dans notre enfance et dans la relation qu’on a avec nos parents. Et après les 10 % restants, j’ai déjà eu le cas aussi (je dis 10-90 % ce n’est pas scientifique, bon allez on va dire 80-20), les 20 % restants c’est des expériences, alors soit à l’école (là c’est indépendant des parents), des expériences qui ont été douloureuses, ça peut être aussi des fois avec un instituteur ou avec d’autres élèves, ou une expérience professionnelle aussi qui a été traumatisante. Mais quand même la plupart du temps, quand c’est des expériences professionnelles, c’est à dire quand on est adulte, en fait ça vient faire écho à ce qui s’est passé dans notre enfance.

X : Oui c’est une expérience qui va renforcer quelque chose, enfin une croyance qu’on pouvait déjà avoir au sein de nous, et donc finalement ça la développe encore plus.

M : Ça vient faire écho, mais généralement le point de départ il est plutôt quand on était plus jeune quoi.

X : Et après c’est quand même, c’est aussi intéressant de savoir ça parce que déjà ça peut permettre de prendre conscience des choses c’est que un, finalement, cette estime de soi, on n’en est pas forcément à l’origine, du coup ça peut-être aussi un moyen de prendre du recul vis-à-vis de ça.

M : Oui oui parce que je pense qu’un bébé quand il nait, il ne se pose pas la question « Est-ce que j’ai confiance en moi ? » La valeur par définition, et encore j’allais dire la question elle ne se pose même pas de la confiance en soi. Un bébé par nature il est dans l’amour, il reçoit, il ne se pose pas de question. Et c’est plus tard justement en fonction de notre vécu, et de notre expérience, de notre environnement familial qui va modifier cette confiance et l’amour que l’on se porte en fait naturellement.

X : Du coup l’objectif de ce podcast, ça ne va pas être de « remuer le couteau dans la plaie », mais peut-être essayer justement d’apporter des solutions aux personnes qui nous écoutent. Est-ce que tu as des recommandations de choses qu’on peut faire pour essayer d’améliorer notre estime personnelle ?

M : Encore une fois moi je distingue la confiance et l’estime. L’estime encore une fois, ça rejoint la valeur que l’on se donne. Et ça passe déjà par une bonne connaissance de soi. C’est vraiment dans un premier temps distinguer les croyances qu’on m’a inculquées et mes croyances. Donc, distinguer les croyances limitantes des croyances aidantes. Et donc pour ça, ça revient un petit peu au point de départ du podcast qui était l’origine de nos croyances limitantes, c’est nos pensées. Qu’est-ce qu’on se raconte à propos de qui on est et de ce qu’on vaut ? Donc il y a plusieurs choses.

Une des premières choses c’est de connaitre ses valeurs. C’est à dire qu’est-ce qui est important pour nous dans la vie. Et ça va vraiment nous permettre aussi de savoir un peu plus qui on est parce que pour moi, avant d’apprendre à s’aimer, c’est de savoir qui on est (on pourrait passer une journée dessus pour savoir qui on est) (rires). Mais en gros, pour donner des trucs très concrets c’est vraiment se poser la question de « si je fais table rase de ce que j’ai entendu, de ce qu’on a dit sur moi, qu’est-ce qui important pour moi dans la vie ? » et donc souvent moi je donne l’exercice dès le départ à mes clients, je leur demande de dresser leurs 10 valeurs et leurs 10 anti-valeurs. Donc les valeurs, ce sont les choses qui sont importantes pour moi dans la vie en général donc ça ne dépend pas d’un contexte en particulier. C’est vraiment d’une manière générale, qu’est-ce qui me motive, qu’est-ce qui me donne de l’énergie, qu’est-ce qui me booste. Et donc c’est des trucs du style liberté, égalité, fraternité, l’amour, la famille, la justice, l’honnêteté, le courage, l’humour, la beauté. Ça peut être ce genre de chose en fait. Donc c’est vraiment de savoir, c’est quoi qui est important pour moi dans la vie.

Ensuite les 10 anti-valeurs. À l’envers, ce sont les choses que je ne supporte pas. Et ensuite pourquoi en fait je demande aux personnes de réfléchir à leurs anti-valeurs, c’est parce que vraiment, entre les 2 en gros, entre ce qui est hyper important pour moi et ce que je déteste le plus qui me rebute entre les 2 c’est là ou mes choix vont se faire. Et c’est là où je suis finalement. Pour moi c’est aussi important de savoir ce qui nous motive et ce qui nous plombe. Parce que ça va nous permettre de faire des choix beaucoup plus conscients, et ce que souvent ce qui se passe en coaching c’est que voilà, il y a des choix qui doivent se faire et les personnes n’arrivent pas à choisir. Et le fait d’avoir identifié à la fois ce qui est important et ce qui nous rebute, ça permet de savoir à quoi je dis où et à quoi je dis non. Et donc souvent ce qui vient en fait c’est au niveau professionnel, par exemple « Je ne sais pas quoi faire de ma vie ».

Et donc les personnes une fois qu’elles ont identifié comme valeur respect, honnêteté, convivialité, plaisir, donc ce genre de chose, mais à la fois ce qu’elles ne supportent pas c’est la méchanceté, la violence, l’intolérance ces genres de choses. Et du coup, ça nous permet de savoir un peu plus qui on est, ce qui important pour nous et ce qui est non négociable. Parce que ce que j’explique aussi, c’est que les valeurs, quand on sait qui on est, et ce qui est important pour nous, les valeurs elles sont non négociables. Ce qui est négociable, c’est la façon dont on va répondre et la façon dont on va nourrir la valeur. Par exemple, la valeur convivialité, en fait il y a plein de façon de la nourrir cette valeur. Pour certains, ça va être d’inviter des amis à la maison toutes les semaines, alors que d’autres, ça va être... convivialité je ne sais pas, un autre exemple enfin voilà quoi (rires).

En fait tout ça pour dire que pour une valeur il y a plein de façons de la nourrir. Donc ce qui est non négociable c’est par exemple la valeur convivialité, ou la valeur amour, la valeur honnêteté. Et là où on va être plus souple, c’est la façon dont on va les nourrir et les satisfaire. Donc pour revenir au truc de départ qui est sur l’estime de soi, ça c’est un exercice très concret en fait pour savoir un petit peu qui on est. Et ensuite la deuxième partie de l’exercice c’est de dire, de faire un tableau et d’écrire dans la première colonne « Qu’est-ce que je fais concrètement aujourd’hui pour satisfaire cette valeur ? » Donc j’ai mis 10 valeurs et je donne des exemples qui me prouvent que j’ai bien cette valeur-là et que je la nourris au quotidien. Et si vous avez du mal à remplir, à donner des exemples par rapport à une valeur, c’est qu’il y a un souci. C’est que justement vous n’êtes pas en train de nourrir votre système de valeur et du coup peut-être que ça puisse expliquer un certain déséquilibre ou un certain malaise dans votre vie en général. Et c’est une façon de ne pas vous honorer finalement. En honorant vos valeurs et en les nourrissant, en fait c’est une façon de vous honorer et de nourrie l’estime de soi et la confiance en soi.

Et ensuite, la suite de l’exercice c’est d’écrire, de trouver des idées, toujours en face de chaque valeur, « Qu’est-ce que je peux faire plutôt pour nourrir davantage cette valeur au quotidien ? » Donc si je reprends comme exemple la valeur convivialité, peut-être qu’aujourd’hui pour moi la convivialité c’est appeler mes amis une fois par semaine pour prendre des nouvelles et je me rends compte que j’aimerai bien plus les voir. Et ça, c’est quelque chose que je ne fais pas et c’est quelque chose que je pourrais faire pour nourrir davantage ma valeur convivialité. Et donc dans ma deuxième colonne, je vais dire ce que j’aimerai faire ça serait voir mes amis un peu plus souvent. Donc un peu plus souvent c’est 2 fois par mois par exemple. Ça, c’est une première façon très facile et très concrète de savoir un peu plus qui on est et de nourrir l’estime de soi.

Ensuite une autre chose, on va dire mon domaine de prédilection, donc c’est la pleine conscience. Et la pleine conscience brièvement c’est quoi ? C’est le fait de porter son attention au moment présent sans jugement et sans attente. Donc contrairement à ce qu’on pense, la pleine conscience ne consiste pas à atteindre un objectif, ne consiste pas à se sentir mieux, plus détendu, à être zen. C’est juste d’accueillir le moment présent tel qu’il est, ça veut dire qu’il soit agréable, désagréable ou neutre. Et souvent donc l’entrainement de départ, c’est on prend contact avec notre respiration et forcément au bout de quelques secondes il va y avoir des pensées. Et pour faire le lien avec l’estime de soi et la confiance en soi, c’est ce qu’on a dit au départ, c’est qu’en fait souvent ce qui nuit à notre confiance en nous, à notre estime de nous, c’est notre discours intérieur, c’est notre dialogue intérieur négatif. Et la pleine conscience en fait va nous permettre de prendre de la distance vis-à-vis de cette pensée-là, la rumination mentale, les idées noires, ou les pensées négatives, pour nous apercevoir que nous ne sommes pas nos pensées, que nos pensées c’est juste un phénomène mental, c’est une peu comme un nuage qui passe dans le ciel.

Et l’idée c’est quand je vois que j’ai une pensée ou je me dénigre en disant : « Ouais, tu as vu ? Tu es nulle ! », comme pendant mon cours de salsa : « Ce n’est pas possible, tu es une grosse quiche ! » Eh bien, de dire « OK ». De prendre de la distance par rapport à cette pensée en disant « OK, j’ai la pensée et je suis une grosse quiche, mais je ne crois pas à mes pensées. » Je la vois comme un phénomène mental, j’en rigole, mais je ne crois pas à ce que je me raconte. Et souvent en fait dans les personnes qui manquent de confiance en elles et d’estime d’elles-mêmes c’est que, comme elles n’ont pas les outils, on croit à ce qu’on raconte à propos de nous. Et donc on va nourrir toute cette négativité et tout ce dialogue interne négatif. Et moi j’aime bien parler, et j’avais fait d’ailleurs une vidéo en disant sur quelle fréquence vous êtes branchés. Est-ce que vous êtes sur MFM ou NFM ? Et l’idée de la pleine conscience c’est vraiment de voir justement sur quelle fréquence je suis branchée le plus souvent. Est-ce que je suis branché plutôt sur la critique intérieure, et donc du coup quelle graine aussi je vais arroser parce que finalement plus je me raconte des trucs à mon sujet, des choses négatives et plus je vais alimenter ça et plus je vais arroser les mauvaises graines en moi, et à l’inverse la pleine conscience va nous aider encore une fois à prendre de la distance par rapport à notre discours intérieur et de dire j’ai le choix (et en conscience) de me raconter une autre histoire à mon sujet. Et là je vais arroser les bonnes graines en moi.

Parce qu’en fait nous avons tous des bonnes et des mauvaises graines en nous et là ou on peut reprendre du pouvoir dans la vie et reprendre la responsabilité de notre vie, c’est en sachant et en faisant le choix d’arroser les bonnes graines en nous. Donc c’est vraiment de repérer tout ce qui est dévalorisation, les interprétations abusives qu’on peut avoir à notre sujet et de remplacer des pensées ou des jugements qu’on a sur nous par un discours plus objectif. Et je dis objectif ce n’est pas positif, et ça, c’est vraiment mon point de vue, parce qu’on entend beaucoup parler de pensée positive. Et moi je ne suis pas hyper favorable dans le sens ou les personnes qui ont très peu confiance en elles ou qui ont une très basse estime d’elles-mêmes, les pensées positives ne vont pas marcher. Parce que quelqu’un qui est profondément convaincu qu’elle ne vaut rien, si tu lui dis « Tous les jours tu te regardes dans le miroir et tu dis : oui je suis une belle personne, j’ai de la valeur, etc. », la personne elle va le dire, mais elle n’y croit pas du tout. Donc plutôt que de répéter des affirmations positives auxquelles franchement elle n’y croit pas, c’est plutôt de court-circuiter les pensées négatives en disant « OK, donc là je me raconte que je suis nul et que je ne suis pas capable ». Et donc de se dire « Donne-moi des exemples dans lesquels tu as été capable ». Et donc de remettre de l’objectivité et pas de la positivité, mais vraiment de dire « Non, ce n’est pas vrai, la preuve c’est que je ne suis pas tout le temps incapable ».

Et je fais aussi le lien avec un des présupposés de PNL qui dit que le comportement n’est pas la personne. C’est-à-dire que oui, encore une fois, et je vais reprendre mon cours de salsa, je peux me sentir incapable dans une situation, mais là ça touche à mon comportement. Par contre je ne suis pas quelqu’un d’incapable. Et c’est là aussi ou les personnes qui nous écoutent, vous donner une clé concrète, c’est surveiller votre discours intérieur et surveiller les moments où vous vous identifier une critique. C’est-à-dire que « Non, tu n’es pas quelqu’un d’incapable ». C’est dans ce contexte-là, tu n’as pas réussi. C’est en termes de compétence et de comportement, mais ça ne fait pas de toi quelqu’un d’incapable. J’avais fait aussi une vidéo qui s’appelle les 7 types de pensées qui nous gâchent la vie.

Et donc il y a souvent, quand on manque de confiance en nous on va nourrir des pensées comme le catastrophisme. On va exagérer une situation désagréable. On va voir toujours le verre à moitié vide. Ben j’ai envie de dire OK ben s’il est à moitié vide c’est qu’il est aussi à moitié plein. Donc au lieu de te focaliser sur tout ce que tu as fait de travers, regarde aussi tout ce que tu as fait de bien. C’est ça être juste, équilibré et objective. C’est finalement injuste de mettre le focus que sur ce qu’on n’arrive pas à faire, mais de dire : « OK donc ça je n’y arrive pas, et qu’est-ce que j’ai réussi ? » Et de quoi je peux être fier ? Donc c’est toujours cette histoire de, ou mettre le focus finalement. Vraiment pour moi c’est remplacer les pensées négatives par un discours objectif, et pas forcément positif. Si le discours objectif vous aide et que vous croyez aux pensées positives, faites-le. Par contre si vous voyez qu’en fait vous n’y croyez pas, dans ce cas-là essayez de trouver des contre-exemples qui vous prouvent que vous avez été capable dans d’autres situations.

X : Tu parlais justement d’exercices de pleine conscience qui peuvent permettre, la pleine conscience en elle-même permet justement de prendre conscience de ses pensées et justement de prendre du recul dessus pour identifier si elles sont globalement plutôt positives ou négatives, mais est-ce que, je ne sais pas que ce soit en pleine conscience ou avec d’autres outils. Des exercices aussi qui peuvent nous permettre d’essayer de changer cette forme de discours pour aller plus dans le positif.

M : En fait ça rejoint un peu les exemples que j’ai donnés. C’est que, contrairement à ce qu’on pense aussi, la pleine conscience ne consiste pas à supprimer les pensées, et encore supprimer les pensées négatives. Mais vraiment de les observer comme un nuage qui passe dans le ciel. Donc souvent dans mon programme en ligne, un des exercices que je propose, c’est de dire, vous imaginez, ce sont des pensées. Et un des trucs aussi, c’est de nommer la pensée. Le fait de nommer la pensée, par exemple la pensée « je suis nul ». Plutôt d’habitude on va croire à cette pensée en ruminant « Qu’est-ce que je suis nul, je ne suis pas capable et blablabla », en pleine conscience quand on la pratique, hop on va percevoir la pensée et on va lui mettre une étiquette.

On va la nommer en disant « Ahh, la pensée je suis nul ». Et donc le fait de la nommer, c’est une façon de la mettre à l’extérieur de nous, une façon de mettre de la distance entre nous et nos pensées. Et du cou de lui donner un peu moins de poids. Puisqu’en fait quand on est en mode pilotage automatique, du coup on enclenche le vagabondage et la rumination mentale, encore une fois on alimente les pensées négatives. Or que la pleine conscience, le fait de les voir un petit peu avec la distance, ça permet de donner un peu moins de poids à ces pensées-là. Et de dire « OK, je la vois passer, je ne la réprime pas, je la laisse monter », parce que de toutes les façons les pensées on ne peut pas les stopper. Donc je la vois monter, je l’observe et je la laisse passe. C’est-à-dire que je ne monte pas dessus, et je ne me fais pas tout un film à propos de cette pensée. Je la vois passer et je reviens à ma respiration. Et puis elle va revenir. Et je la renomme. « Ah pensée : je ne suis pas capable ».

OK, je lui dis coucou et je reviens à ma respiration et à mon corps. Puisqu’en fait le seul moyen de revenir au moment présent, et puis un autre truc aussi, c’est que finalement quand on observe un petit peu, quand on observe ses pensées, on se rend compte que nos pensées nous ramènent la plupart du temps soit dans un un passé qui n’existe plus, ou dans un futur qui n’existe pas encore. Donc soit on va alimenter un peu la dépression, la mélancolie, la nostalgie et tout ça, ou à l’inverse on va nourrir l’anxiété. Quand on est tout le temps inquiet pour le futur, on va nourrir l’anxiété. Donc le fait de revenir à ses respirations et à son corps, les deux seules choses qu’on aura toujours à notre disposition, du premier souffle de notre vie au dernier souffle de notre vie, finalement c’est notre corps et notre respiration. Ce sont les seules choses qui sont toujours dans le moment présent. Notre souffle et notre corps, ils ne seront jamais dans le passé. Ils ne seront jamais dans le futur. Ils ne peuvent être qu’ici et maintenant.

Donc à chaque fois que je reprends contact avec ma respiration et mon corps, je reviens dans la réalité et donc je reviens dans le moment présent là ou finalement la vie se déroule. Et ça me permet de retrouver la paix. Parce qu’encore une fois, contrairement à ce qu’on pense, la paix on ne la trouve pas dans le passé, on ne le trouve pas dans le futur. On ne peut la trouver qu’ici et maintenant. Donc, une façon d’être en paix avec nos pensées, et bien c’est tout simplement de revenir, enfin simple, mais pas facile, à notre corps et à notre respiration. Encore une fois, il ne s’agit pas de supprimer les pensées, mais juste de les observer. Et donc une petite technique de ninja, c’est de les nommer. Et du coup le fait de les nommer, eh bien, elles ont beaucoup moins de poids et prennent moins d’espace dans notre champ de confiance et ça nous permet d’arrêter de croire à ce qu’on se raconte.

X : Il y a un autre point qui me parait essentiel aussi sur le fait de travailler sur son estime personnelle. C’est aussi de faire preuve d’intégrité personnelle, mais vis-à-vis de soi-même et notamment dans sa capacité à tenir ses engagements. Est-ce que c’est quelque chose qui te parle ?

M : Euh oui tu peux répéter ? (rires)

X : Non je disais qu’on a souvent tendance à vouloir prendre des engagements. Et en fait quand on prend des engagements vis-à-vis des autres, on va avoir plus tendance à les tenir parce que, justement, on a annoncé qu’on allait faire telle ou telle chose pour cette personne-là. Mais quand on prend des engagements vis-à-vis de soi-même, on va avoir tendance à les abandonner plus facilement. Et pourtant si on est capable de s’engager vis-à-vis des autres, c’est aussi important de tenir ce genre d’engagement vis-à-vis de soi-même.

M : Tu penses à quel genre d’engagement par exemple ?

X : Si on est dans le domaine de la forme, n’importe quoi, je n’en sais rien, si on décide de se remettre au sport ou de faire plus attention à ce qu’on mange. Des engagements qu’on décide de prendre parce qu’on estime à un instant T, imaginons que ce va nous faire du bien. Et au final, on peut avoir tendance à les abandonner plus rapidement.

M : Oui ben il y a plusieurs choses dedans. Il y a la notion du pourquoi. C’est que souvent la motivation elle n’est pas si forte que ça, contrairement à ce qu’on se raconte et qu’on fait aussi beaucoup les choses. Tout à l’heure on parlait de boulimie au niveau du développement personnel, de tout ce qu’on peut engranger comme type d’information, de livre, de formation, etc. Il y a beaucoup de choses qu’on fait, mais sans grande motivation parce que tout le monde dit qu’il faut le faire, qu’il faut être végan, manger bio et faire 5 heures de sport par jour, j’exagère, mais presque. Et du coup, on va le faire parce que ça fait bien et parce que ça serait bien que je le fasse. Voilà, mais en fait au fond, on n’est pas hyper motivé. Et nous ça ne fait pas vraiment sens. Il nous manque un pourquoi fort. Ça, je le vois aussi avec mes clients quand je vois par rapport aux engagements qu’ils ont pris envers eux-mêmes et finalement ils font toujours plus la même chose qui ne marche pas.

En fait, c’est parce que le pourquoi il n’est pas assez fort. Et l’autre point aussi qui me vient et j’avais aussi fait une vidéo dessus, le titre c’était : « Une de nos plus grandes faiblesses en tant qu’être humain ». Moi ce que je vois, c’est que quand on ne bouge pas, quand on ne se bouge pas les fesses, c’est parce qu’on en a pas assez marre. Et que moi, ce que je vois c’est qu’on se le bouge quand on en a marre d’en avoir marre. Et malheureusement, on est un peu tous comme ça. Mais souvent, on se bouge et on se prend en main. On fait bouger les choses, on pose des actes comme vraiment on en peut plus. Et malheureusement, c’est ça. Des fois, ça me désole quand je vois certaines personnes, souvent je suis obligée de refuser des gens en coaching parce qu’ils viennent me voir, mais « c’est trop tard ». Ils sont déjà en dépression.

X : Ils n’ont pas encore suffisamment marre ?

M : Alors ça dépend. Certains oui et d’autres, en fait ils sont déjà au fond du trou et moi je ne suis pas psy, je suis coach. Je ne m’occupe pas des gens qui sont au fond du trou, parce qu’ils ne tentent pas l’énergie en fait. Et souvent il y a des personnes qui viennent me voir pour que je les accompagne et je suis obligée de les renvoyer vers des psys ou des médecins. Là, dans l’état dans lequel vous êtes, je ne peux rien pour vous. Parce que vous n’aurez pas l’énergie. Et coaching, ça demande de l’énergie. Bon et après en prenant des cas un peu moins lourds, même dans les personnes que j’accompagne, voilà j’ai dû remonter les bretelles plusieurs fois en disant « Mais tu attends quoi pour changer ? »

Dès fois je suis un peu provocante, mais c’est fait avec bienveillance et de toute façon, les personnes avec qui je le dis c’est parce que je sais qu’elles peuvent l’entendre. Mais ça m’est déjà arrivé de le dire « Écoute, si tu ne changes pas c’est que tu n’as pas assez touché le fond. » Et souvent elles me reconnaissent, elle me dit : « Oui, honnêtement je pense que c’est ça, et je pense que j’ai besoin de toucher le fond, j’ai besoin d’une grosse claque pour me réveiller et pour que je me bouge. Mais là je reste dans ma prison dorée, dans mon confort inconfortable. » Donc par rapport à ce que tu dis, pour moi il y a ces deux choses.

Il y a la notion du pourquoi ce n’est pas assez fort et puis celle qui est en lieu aussi, le fait de, que des fois, on a besoin vraiment de toucher le fond pour se réveiller. Voilà, quand on ne se bouge pas, c’est que ce n’est pas assez important pour nous maintenant.

X : Oui du coup il y a deux options qui s’offrent à soi. C’est soi, justement de l’accepter et de se dire qu’on s’est dit qu’on allait tenter de faire telle ou telle chose et que finalement ce n’est pas si important que ça et donc on peut passer à autre chose. Mais voilà, ce n’est pas forcément avec cette idée de, on n’est pas obligé de tout faire tout le temps en fait pour faire comme les autres.

M : Voilà, c’est ça. Et puis ça rejoint un petit peu mon discours aussi. On revient toujours à la même chose et c’est pour ça aussi que, pour moi, la pleine conscience aide à ça. À trouver un petit peu ce calme intérieur pour savoir, moi, qu’est-ce qui est important pour moi et qu’est-ce qui me parait juste. Parce que oui, on entend qu’il faut être végan, qu’il faut manger ça, qu’il faut faire tant de sport par jour, qu’il faut des affirmations positives, faire de la visualisation. Donc tout ce genre de chose, mais moi, qu’est-ce qui fait sens pour moi, qu’est-ce qui me met en joie, qu’est-ce qui me motive, et qu’est-ce qui me donne de l’élan ? C’est ça la question à laquelle on doit tous répondre avant d’écouter et d’être, encore une fois, boulimiques d’information et de techniques de développement personnel. C’est qu’est-ce qui fait sens et qu’est-ce qui me met en joie maintenant ?

X : En tout cas ce qui est plutôt une bonne nouvelle, on va dire peut-être pour un peu conclure notre discussion, c’est qu’on a vu tout au long de cet entretien, c’est que finalement, il n’y a pas de fatalité dans tout ça. Et qu’on parlait globalement d’estime de soi et de confiance en soi. Et que ça se travaille et qu’au final il n’y a pas de raison d’abandonner même si on n’a pas vécu de super expériences jusqu’à présent.

M : C’est ça.

X : Est-ce que tu peux nous dire ou est-ce que les gens qui nous ont écoutés ou qui nous écoutent peuvent aller pour en savoir plus sur ce que tu fais et puis suivre ton actualité ?

M : Mon blog et ma chaine YouTube essentiellement et la page Facebook aussi, au nom de « Les Guerriers Pacifiques ». Le blog c’est lesguerrierspacifiques.com.

X : Est-ce que tu as envie d’ajouter un dernier mot ?

M : Non je pense que, après 45 minutes c’est à la fois court et long (rires). Je pourrais passer la journée à détailler, mais en gros je pense qu’on a dit le principal. Et l’idée c’est de donner des pistes de réflexion, et moi, mon message global c’est : « Écoutez-vous, écoutez ce qui fait sens pour vous, ce qui est juste pour vous et puis voilà. »

X : Et bien c’est parfait, on s’arrêtera là-dessus. Merci beaucoup Mai-Lan !

M : Merci à toi Xavier !

X : À bientôt, au revoir.

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