Parlons Forme #023 : S’initier à la musculation au naturel

Vous le savez si vous écoutez régulièrement ce podcast, ici je cherche à vous apporter des solutions naturelles et bonnes pour votre santé sur le long terme.

Mon objectif est de décortiquer et comprendre des sujets parfois complexes et favoriser le partage de cette connaissance pour qu’elle soit diffusée au plus grand nombre.

Quand j’ai décidé de faire un podcast sur l’univers de la musculation je ne savais pas trop vers qui me tourner, mais après quelques recherches sur Internet il y a un nom qui revenait régulièrement, celui de Rudy Coia.

Quand, en plus, j’ai appris qu’il sortait au même moment son « Guide de la musculation au naturel » qu’il a coécrit avec Julien Venesson alors je me suis dit que j’avais un motif parfait pour solliciter une interview.

Je vous propose donc de découvrir cette interview avec Rudy où nous prenons le temps de distinguer les pratiques naturelles et celles avec dopage afin de vous avertir des risques encourus par la consommation de ce genre de produits.

Ensuite Rudy partage son expérience et donne de nombreux conseils à toutes les personnes (hommes ou femmes) qui voudraient se mettre à la musculation.

Que ce soit pour des questions d’entrainement ou d’état d’esprit pour progresser et rester motivé, vous trouverez de belles pépites dans ce podcast.

Bonne écoute !

Au sommaire du vingt-troisième épisode de Parlons Forme

Dans cet épisode vous allez découvrir

  • Qui est Rudy Coia et quel est son parcours ?
  • Comment a-t-il débuté dans la musculation ?
  • Qu’est-ce qui différencie la musculation naturelle des autres pratiques ?
  • Quels sont les effets néfastes de la consommation de produits dopants ?
  • Quels sont les facteurs qui vont influencer votre progression ?
  • Les recommandations de Rudy Coia pour bien commencer la musculation naturelle
  • La contribution de Julien Venesson dans Le guide de la musculation naturelle
  • Et beaucoup d’autres choses…

Télécharger le résumé de l’interview

Liens cités dans cet épisode

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Découvrir une autre discussion passionnante

Pour compléter cette interview, je vous propose de (re-)découvrir cette discussion avec Alexis Santin où nous parlions de l’importance du mental dans l’atteinte de n’importe quel objectif.

Dans ce podcast, Alexis partage sa vision du coaching et vous donne plein de conseils pratiques pour progresser dans votre vie.

Episode à écouter ci-dessous ou téléchargez-le au format MP3 (Clic droit / Enregistrer sous…)

Accéder aux notes de cet épisode

Xavier : Bonjour Rudy et merci de m’accompagner pour ce podcast.

Rudy : Bonjour Xavier et déjà merci de ton invitation. Je sens qu’on va bien s’entendre vu notre petite discussion d’avant podcast.

X : Effectivement. Alors pour commencer, est-ce que tu pourrais te présenter aux personnes qui nous écoutent et nous en dire un petit peu plus sur toi et sur ton parcours ?

R : C’est toujours compliqué pour moi de me présenter, mais... qu’est-ce que je pourrais dire de simple ? Je suis fondateur du site « superphysique.org ». C’est un site de musculation qui est destiné au pratiquant naturel. C’est-à-dire au pratiquant de musculation sans dopage que je tiens depuis 2009. Donc ça fera bientôt 9 ans le 15 septembre. Je suis également coach sportif à la base depuis 2006 via mon site www.rudycoia.com sur lequel je propose également des livres numériques, des formations vidéos. Et je tiens et organise également des compétitions de musculation sous le site clubsuperphysique.org dont la dernière compétition vient d’avoir lieu « Les SuperPhysique Games » directement à ma salle. J’ai aussi une salle pendant que j’y pense à Annecy. En clair je suis un passionné de musculation et en même temps entrepreneur de développement personnel, c’est pour ça qu’on s’entend bien.

X : Alors est-ce que tu peux nous dire pourquoi t’avais eu envie de te mettre à la musculation à la base ?

R : En fait comme beaucoup de personnes qui se mettent à la musculation, soit on démarre la musculation parce qu’on est un peu gros, un peu en surpoids, qu’on ne se plaise pas physiquement ou soit parce que justement on est trop maigre. Et moi c’était plutôt ce deuxième cas. J’étais vraiment très très fin. Je faisais de l’athlétisme. Et comme dans chaque activité que je fais, en fait, je ne la fais jamais à moitié, j’étais vraiment passionné de sprint. Et mes idoles de jeunesse en même temps c’était Maurice Green, Ato Boldon. C’était l’époque en fait du Sprint, du 100 m où tout le monde était vraiment très très musclé. On dirait que Maurice Greene c’était un pitbull. J’adorais Michael Johnson aussi qui faisait le 200 m et le 400 m. Je me souviendrais toute ma vie de son 19 s 32 à Atlanta (j’avais 9 ou 10 ans, mais c’était incroyable).

Et en même temps, je faisais de l’athlétisme et j’avais dans le sous-sol chez mes parents, un banc de musculation que mon père avait achetée lors de sa rééducation (il s’était fait opérer d’un genou, je crois que c’était des ligaments croisés). Et donc c’est tout naturellement qu’un jour je lui dis « J’aimerais bien essayer, etc. ». Et je me suis rapidement pris au jeu parce que j’ai découvert en quelque sorte que j’étais plutôt doué notamment pour être fort. Et quand on fait une activité pour laquelle on est assez doué, on accroche plus facilement. Pour donner des chiffres, au départ je faisais 1m78 pour 54 kg. Je faisais de l’athlétisme en même temps donc j’étais vraiment très très léger. Et progressivement j’ai arrêté l’athlétisme, donc le sprint au profit de la musculation. Et j’ai réussi au fil des années à me développer, en plus de prendre de la force, ce pour quoi ben j’étais plutôt doué.

X : Alors comment t’as fait, vu qu’aujourd’hui c’est assez facile finalement d’avoir de l’information et peut-être qu’il y en a un peu trop, mais du coup à l’époque ça se passait comment si on voulait se mettre à la muscu ?

R : Franchement je préférais à cette époque-là. En fait à l’époque c’est simple. Il y avait des magazines. Il y avait 4 qui existaient. Il y avait le Monde du muscle, Muscle and Fitness, Flex et Body Fitness. Donc le premier magazine que j’ai acheté personnellement c’était le n° 200 du Monde du muscle. Et ça tombait bien parce qu’en plus le dossier c’était un numéro spécial débutant. Mais en fait surtout ce qui m’a aidé c’est que je suis arrivé, c’était les débuts d’internet en fait. Les premiers sites internet et à l’époque il n’y avait pas de réseaux sociaux. Mais par contre il y avait des forums internet de musculation et il y en avait surtout deux. Il y avait « Power attitude » qui aujourd’hui n’existe plus, qui était surtout un forum avec un état d’esprit un peu « bouin ». Et il avait Smart weight training » qui était le tout premier site, à ma connaissance, pour la musculation que j’ai rachetée justement pour construire, avec mon associé Fabrice, « Super physique » en 2009. Et donc je participais au forum, je posais mes questions sur les forums. Je me suis vraiment investi à la musculation.

J’ai commencé à acheter des livres. J’ai dévorais par exemple (ceux qui font la musculation connaitront peut-être) tous les livres de Jean Tex. J’ai absolument tout acheté. Les Monde du muscle, au fil des années j’ai réussi à avoir pratiquement toute la collection du n° 1 au 300. Il manque quelques numéros des années 78-79 que je n’ai pas réussies à avoir. En fait j’ai dévoré tout ce qui était possible de dévorer comme j’avais fait précédemment en athlétisme pour vraiment combler cette soif de connaissance et essayer de ne pas faire trop n’importe quoi. Et j’avais la chance, comme je l’ai dit avec les forums internet, il n’y avait que des passionnés à l’époque qui donnaient leur avis, qui conseillaient. Rapidement il y avait un mec sur le forum qui s’appelait de pseudonyme Forceathlé qui m’a fait mon programme de développé couché et ça m’a servi. Je me sers encore de son programme pour tout te dire de temps en temps. Ça m’a vraiment fait exploser en force au développé couché. Je pense qu’à l’époque on était mieux conseillé.

Aujourd’hui le problème, tu l’as souligné, c’est qu’il y a vraiment énormément d’information et je pense que c’est beaucoup plus difficile de s’y retrouver que nous à l’époque. Ceux qui tenaient un site c’était vraiment des passionnés et il n’y avait que des programmes qui fonctionnaient. 07:01 Voilà il y avait... de personnalisation, etc. On en parlera peut-être un peu après dans le podcast. Tout était basique, tout était simple. On avait plus de motivation alors qu’aujourd’hui c’est la démocratisation de la musculation et d’internet a fait que beaucoup de débutants sont complètement perdus et ne savent plus quoi faire. On le voit sur le forum « Super physique qu’on anime toujours », c’est le plus vieux forum du net. Puisque comme je le disais, je l’ai racheté en 2009 et il date de 1999. On voit que le niveau est beaucoup de plus en plus bas au niveau des questions. Le niveau physique de ceux qui posaient les questions est de plus en plus en bas également. On voit que beaucoup de choses ont changé et que pour un débutant, et même un intermédiaire en musculation c’est très difficile de s’y retrouver aujourd’hui. Donc je pense que j’ai eu une certaine chance de « démarrer au début des années 2000.

X : Bon, du coup tu auras l’occasion de partager surement plein de bon conseil au cours de ce podcast que finalement aujourd’hui on se retrouve ensemble dans le cadre de la sortie du livre « Le guide de la musculation naturelle que tu as co-écrit avec Julien Venesson. Je te propose qu’on attaque tout de suite sur le fait que, comme c’est préciser dans le titre, il s’agit d’une pratique au naturel. Moi, juste pour mettre un peu de contexte, je n’ai vraiment pas zéro connaissance, mais quasiment sur cet univers de la musculation et du coup moi quand je lis comme ça au naturel, à mes yeux ils semblent bien avoir une opposition avec d’autres types de pratique. Alors est-ce que tu peux nous expliquer justement ces pratiques et en quoi la pratique au naturel se différencie ?

R : C’est une bonne question parce que c’est justement toute notre spécificité avec Super physique. Je vais faire un petit état des lieux. On a commencé sur le net au début d’année 2000. Très peu de personnes parlaient de dopage, de produit dopant, de produit interdit, etc. Et au fil des années à partir de 2003, 2004, 2005, de plus en plus de sites sont apparus pour parler plus spécifiquement de prendre des produits dopants, de comment les prendre, etc. Et j’ai vu au fil des années énormément de personnes qui ne prenaient pas de produits vont en prendre à cause de ces forums, de ces conseils qu’ils pouvaient lire, des progressions qu’ils pouvaient avoir. Et en fait, en 2006, 2007, 2008 on était tout une bande sur les forums donc, Smart weight training qui allait devenir Super physique plus tard, à s’opposer fortement au dopage, à vraiment vouloir être dans la thématique, de mériter ses progrès, d’être en compétition avec soi même et pas forcément avec les autres. Mais vraiment s’opposer farouchement au dopage et surtout à tout ceux qui disaient « être naturel » de ne pas prendre de produit et qui en prenait. Et donc c’est de cette initiative qui est nait la team Super physique, la base du site superphysique.org qui était de montrer qu’il est possible d’obtenir naturellement, encore une fois sans produit dopant à tous les pratiquants de musculation qui débutent, qui sont intermédiaire qui ne savent pas jusqu’où ils peuvent aller.

Alors je ne dis pas que c’est le maximum de niveau qu’on peut atteindre. Mais en tout cas ce sont des niveaux des personnes que vous avez retrouvés dans la team Super physique. Ce sont des niveaux très élevés et c’est ce qu’on fait encore aujourd’hui avec les Super physique dont je vous ai parlé, d’essayer de montrer ce qu’on est capable de faire naturellement. Et là aujourd’hui on a sorti un livre avec Julien qui est Le guide de musculation naturelle pour justement s’opposer à tous ceux qui prennent des produits dopants parce qu’il faut savoir, et c’est d’ailleurs la première partie du livre, on a vraiment voulu insister dessus. C’est que lorsqu’on prend des produits dopants, les efforts à faire pour se développer musculairement, pour prendre de la force, pour perdre du poids sont complètement différents. En fait il faut comprendre que lorsqu’on prend des produits dopants, tout est démultiplié. On montre dans le livre d’ailleurs avec des études à l’appui que sur le court terme (quelques semaines) on prend plus de muscle en prenant des produits dopants sans s’entrainer que la personne qui s’entraine sans produit dopant. C’est pourquoi on est en totale opposition avec ceux qui prennent des produits dopants et qui donnent des conseils d’entrainement parce que ça déconnecte complètement de la réalité.

À ce sujet, on a interviewé dans le livre un YouTubeur très connu qui a pris des produits dopants et qui explique qu’en 6 semaines de produit il a eu des progrès, il donne des chiffres. Ça ne te parlera pas parce que tu ne connais pas trop le milieu. Mais c’est des progrès qu’il n’aurait jamais atteints en fait. C’est vraiment improbable. Et donc avec Super physique, pareil, on a fait énormément d’interviews au fil des années. J’organisais des podcasts également sur ce sujet où j’interviewe des personnes qui sont prêtes à témoigner des effets de produits. À chaque fois on retrouve en fait la même chose. C’est que les produits dopants font tout. Et forcément quand on prend des produits dopants, on n’est plus dans la réalité de ce que peut atteindre la majorité des pratiquants qui n’est pas vouée à se doper. Et donc on s’oppose fortement à tous ceux en plus qui sont malhonnêtes qui disent qu’ils sont naturels alors qu’ils sont dopés. Mais ça se remarque un peu vite. De toute façon dès qu’on fait un peu de musculation on se rend vite compte avec un peu d’expérience qui prend des produits et qui n’en prend pas.

X : Toi en un coup d’œil es-tu capable d’identifier quelqu’un qui serait naturel et quelqu’un qui ne le serait pas du coup ?

R : Pratiquement oui.

X : C’est quoi les différences notables qu’il peut y avoir ?

R : Ben les différences rien que visuel en fait, il y a des muscles qui sont androgéniques. C’est-à-dire que lorsqu’on prend des produits dopants, ce sont des zones qui vont se développer presque instantanément. C’est assez simple. Il y a 3 muscles qui sont comme ça. C’est le haut des pectoraux. La portion claviculaire qui quand on est naturel, c’est très rare d’avoir un gros haut de pectoraux. C’est l’infraépineux, un muscle rotateur externe qu’on voit quand on est de dos. Naturellement très peu de personnes ont en très gros et là pareil il explose. Et c’est l’arrière d’épaule, donc le deltoïde postérieur. Donc ces 3-là. Et puis après on voit d’autres facteurs. J’ai fait une vidéo d’une heure pour tout expliquer sur le sujet, il y a tellement à dire. On reconnait vite en fait avec la qualité de la peau. Et le plus flagrant c’est le conseil que ces personnes vont donner, qui ne suivent en fait aucune logique, aucune cohérence. Je te donne un exemple. Quelqu’un de dopé va pouvoir te dire, pour prendre des bras par exemple (le mec a des bras énormes), il va dire moi je fais du curl (un exercice pour les biceps) à 8 kg.

Donc ce qui est un poids de jeune débutant en musculation ou un poids de femme qui s’entraine depuis voir quelque mois, voire quelques années. Alors qu’en réalité quand t’es naturel, personne ne va avoir de gros biceps en faisant un exercice avec 8 kg par bras. On a de gros biceps en faisant un exercice pour les biceps avec 18 à 20 kg par bras. Donc le type d’entrainement et les conseils qui sont donnés, pareil. Dans le livre on explique beaucoup de choses : comment les exercices se complètent, comment choisir ses exercices, etc. Quand l’entrainement n’a aucune logique, sur le choix des exercices, sur comment progresser et puis on attend que le progrès frappe à sa porte (rires). C’est comme si tu étais célibataire. Et puis tu ne fais rien pour trouver ton âme sœur et puis tu attends que quelqu’un vienne taper à ta porte. Personne ne va venir taper à ta porte. C’est juste que si tu trouves quelqu’un c’est que t’as cherché finalement. Et donc là les produits dopants permettent d’éviter « d’avoir à chercher sans compter tous les effets secondaires. Ça, on en parle très peu. Mais pareil, Julien a mis pas mal d’étude là-dessus. La moyenne d’âge il faut le savoir, que la durée de vie moyenne des culturistes (des pratiquants de musculation, de body-building donc qui se dopent forcément) est de 46 ans. Pareil, là si on voit quelqu’un qui fait de la musculation depuis 30-40 ans, voilà ça aussi c’est un signe. La longévité est un signe également qu’on ne prend pas de produit.

X : On a parlé de la longévité de vie de ces personnes-là, mais est-ce que pour une personne lambda qui a commencé un peu la musculation qui décide de prendre des produits, quelles seraient les conséquences, potentiellement moins graves, j’imagine, mais que ce soit à court ou à long terme de cette consommation de produit ?

R : Pour résumer simplement, trous les produits dopants en fait sont des facteurs de croissance. Donc ils vont accélérer le métabolisme. Par exemple si t’as une cellule cancéreuse qui traine, ben en fait ça va accélération sa division, sa multiplication et donc ça va très mal finir. On voit bien le cancer de la prostate, des diabétiques. Parce que les mecs après à un très haut niveau, encore une fois il y a des fous. Si les mecs prennent de l’insuline, l’hormone de croissance, il y a tellement de trucs que ça finit vite à l’hôpital. Il y a très peu de chance que ça ne finisse pas mal. Sans compter en plus que ça te détériore complètement. Moi j’en ai connu pas mal sur les forums justement. Et c’est triste à dire, mais ils se sont suicidés à cause ou en partie à cause des produits dopants parce que les mecs ne se trouver jamais assez bien. Et comme ça accentue toutes tes pensées en quelque sorte, tu vois ils s’étaient un peu déprimés, disant un mauvais jour va tout accentuer. Si t’es un peu nerveux, hop tu vas être super énervé. Il y a ce qu’on dit dans le milieu ce qu’on appelle la road rage. C’est les mecs qui deviennent complètement fous et tapent leur femme. Il y a eu des cas comme ça. Je crois que c’est un culturiste professionnel qui s’appelait Craig Quitus qui a tué sa voisine ou je sais plus quoi pour rien, une histoire à dormir debout.

C’est pour ça qu’on reconnait fortement ceux qui prennent des produits parce que tout est vrai, tout est changé, tout est accentué. Oui l’énergie, parait que t’es invincible. J’ai fait un podcast sur mon Super physique podcast il y a 2-3 semaines qui s’appelle « Les produits dopants font tout » avec un témoignage incroyable pendant une heure et demie. Et quand tu l’écoutes tu dis bon ben ouais c’est fou, c’est un autre monde. C’est pour ça qu’on s’oppose vraiment, mais complètement à ça depuis plus de 10 ans. Et on s’opposera toujours parce que ce n’est vraiment pas ma vision en tout cas de la musculation et c’est pour ça on dit « Guide musculation au naturel » parce que la santé pour nous c’est la base pour pouvoir progresser en musculation sur le moyen et long terme pour se faire du bien. Si c’est pour se détruire, ça n’a aucun intérêt.

X : Comme ça la vision est parfaite et on va mettre du coup notre attention sur le côté naturel, mais avant ça j’aimerais juste que tu me confirmes une chose parce que je sais qu’il y a beaucoup de femmes qui écoutent ce podcast et du coup je voulais savoir si les conseils à venir dans ce podcast et puis le livre en général, est-ce que c’est des conseils qui vont être adaptés si on est une femme ?

R : Oui oui tout à fait. Il n’y a aucun souci. En fait tout ce qui est analyse morpho-anatomique, les femmes peuvent les faire avec les dessins, même si on a mis une tête d’homme c’est la même chose pour elles. Les ratios, les longueurs musculaires, et tous les conseils sont les mêmes. Souvent on essaie de distinguer parce que beaucoup de femmes veulent mettre l’accent sur le bas du corps, certaines parties du corps et les hommes sur d’autres parties. Mais en réalité, une femme doit s’entrainer pour progresser comme un homme. On a l’a encore vu ce week-end au Super Physique Games. Angélique qui a gagné Lucie, Lucie qui est deuxième, etc. Ce sont des filles qui s’entrainent comme les hommes et qui progressent. Mais c’est vrai que souvent la musculation, en tout cas comme nous on préconise avec Super physique, a une image masculine alors que bien évidemment les femmes doivent également s’entrainer pour progresser et pas juste faire des flexions à vide sauf si elles débutent.

X : Il y a peut-être un autre point pour les rassurer et peut-être leur confirmer que ce n’est pas parce qu’elles font de la musculation qu’elles vont forcément devenir très musclées sauf si bien sur ça peut-être leur objectif.

R : Oui sauf si elles prennent des produits dopants ce qu’il faut savoir aussi. C’est que le développement musculaire dépend énormément du taux de testostérone circulant et de la réceptivité de ces récepteurs, la testostérone et qu’une femme ayant normalement beaucoup moins de testostérone dans le sang (un taux plus bas) réagit évidemment beaucoup moins rapidement et a beaucoup moins de potentiel qu’un homme pour se développer physiquement.

Alors après il y a toujours des exceptions naturellement, mais dans la réalité, il faut plus de travail, plus de patience et de persévérance pour une femme pour véritablement se transformer et devenir vraiment musclé qu’un homme qui débuterait la musculation. Aux femmes qui ont peur de se transformer en homme, il y a une vidéo qui sortira bientôt sur les concurrentes qui étaient au Super Physique Games (vous pouvez voir sur ma chaine YouTube Body Avenir), mais il n’y a aucune fille qui ressemble à un homme. C’est vraiment des filles, et si elles s’habillent comme des femmes, donc là elles sont toutes en short, t-shirt, ben elles sont toutes très féminines en fait. Il n’y a pas de souci.

X : La musculation au naturel c’est une pratique vraiment qui s’envisage sur le long terme, mais bien souvent ce que j’ai vu en me renseignant un peu c’est qu’on parle vraiment d’années d’entrainement pour obtenir des résultats qui vont sortir de l’ordinaire. Et finalement l’un des points essentiels pour éviter la frustration, ce serait de se fixer des objectifs dits réalistes. Et alors du coup si je suis débutant, comment est-ce que je peux déterminer ces objectifs pour éviter d’être frustré après quelques semaines ou quelques mois de pratique.

R : La meilleure façon de se frustrer, c’est de se comparer à son voisin. Ça, il faut le dire. On l’a tous fait quand on a débuté la musculation. Et ça pareil, on l’explique très bien dans le livre c’est que chaque personne est vraiment différente et qu’il faut donc éviter de se comparer parce qu’il y a toujours quelqu’un qui a progressé plus vite, quelqu’un moins vite, etc. Et après pour ce qui est des objectifs en fait, quand on débute je pense que beaucoup font l’erreur de dire : « Voilà j’aimerai être comme ça physiquement, j’aimerais faire ton de tour de bras, j’aimerais faire ton tour de taille, de tour de cuisse, etc. Les objectifs qui sont vraiment importants quand on débute la musculation et jusqu’à un très haut niveau naturellement, c’est de se fixer des objectifs en termes de performance. Je te donne un exemple. Imaginons que tu fais du développer-coucher pour les pectoraux. Tu débutes tu fais 10 répétitions à 30 kg. Bah voilà, ton objectif ça peut déjà te dire : « Dans 6 mois j’aimerai faire 10 répétitions à 50 kg. Te dire voilà je peux gagner en tant que débutant. Ça fait 3 kg par mois en série, un peu moins de 1 kg par semaine, ça s’envisage. Mais c’est plus se fixer des objectifs par rapport à des performances en série moyennes, quelque chose de concret.

Le pire c’est de se fixer des objectifs qui ne sont pas concrets, qui sont subjectifs. Parce qu’il faut le dire également on est rarement aussi objectif avec soi-même. Donc mieux vaut que ça soit bien concret, bien clair comme ça tu ne te trompes pas et t’es sûr d’avancer et c’est comme ça que le site du club Super physique fonctionne à la base, qu’il a été créé. En fait on a mis des tableaux de performances avec des niveaux un peu comme au sport de combat ou judo. Par exemple t’as ceinture blanche, ceinture jaune, etc. Nous on a fait la même chose pour les pratiquants naturels de musculation avec le niveau bronze, silver, gold etc. On a 6 niveaux différents. Et donc en fait ça permet à chacun de pouvoir se fixer des objectifs et de savoir à quoi ça correspond. Pour reprendre l’exemple du développé couché, un niveau bronze c’est 10 répétitions à 70kg et pour la majorité des gens il va falloir 1 à 2 ans pour y arriver de manière continue. Alors après il y a des personnes qui vont être très douées qui vont progresser très vite, mais pour la majorité c’est entre 1 et 2 ans.

X : Et puis de mettre son attention là-dessus ça fait qu’on n’est pas focus sur le fait de mettre son attention sur son tour de bras ou sur la taille de ses pectoraux et donc finalement ça devient un objectif secondaire positif et pas forcément l’objectif primaire qui fait qu’on ne va pas se décourager rapidement.

R : Oui tout à fait parce qu’en fait comme t’es naturel, tu ne prends jamais très rapidement. Quand même quand tu débutes tu prends un peu plus vite, mais tu n’exploses pas en fait. Encore une fois il y a toujours des exceptions, mais dans la réalité la plupart ne l’on pas explosé. Ça va vraiment être très très lent. Si tu te concentres sur l’amélioration de tes performances en série moyenne sur des exercices qui te correspondent, la masse musculaire va être proportionnelle à cette progression. Et donc tout va bien se passer. C’est pour ça qu’il faut vraiment fuir la frustration. Le pire c’est vraiment de se comparer et de se fixer des objectifs qui sont subjectifs ou en fait tu n’as pas vraiment le pouvoir de dire j’aimerai gagner 3 cm de tour de bras. C’est tellement abstrait que tu ne vas pas vraiment choisir.

X : Et puis ça se trouve une personne va avoir besoin de faire je ne sais pas des exercices avec 50 kg pour avoir les 3 cm et une autre personne va avoir besoin de plus de poids et donc effectivement ce n’est pas cohérent surtout quand tu débutes et que tu ne connais pas ton niveau de progression.

R : Oui oui que tu ne sais pas ce que tu peux faire, tout à fait tu as bien résumé la chose.

X : Alors est-ce que tu peux nous parler des facteurs qui vont influencer la progression d’une personne ?

R : Oui. Nous, on est un peu les spécialistes du domaine justement. On a pas mal popularisé ce qu’on appelle la morpho-anatomie. C’est-à-dire l’analyse des longueurs des segments osseux et des longueurs musculaires. J’ai fait 2 tomes sur le sujet : un livre numérique et une formation vidéo et d’analyse en vidéo pour vraiment pousser le concept, pour ceux qui veulent vraiment tout savoir sur le sujet et en fait ça, c’est ce qui va aller déterminer le plus ton potentiel à prendre du muscle. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’en fonction des longueurs osseuses que tu as, tu vas être avantagé sur certains exercices par rapport à d’autres. Je te prends un exemple. Si t’as les bras courts en général quand tu vas faire des exercices de développer ça va t’avantager. L’inverse si t’as les bras longs tu vas être avantagé sur les exercices de tirage comme le soulever de terre. Et puis si tu corrèles ça à tes longueurs musculaires, tu vas pouvoir dire que ces muscles-là vont mieux se développer parce qu’il faut savoir que le facteur le plus déterminant quant à la prise de masse musculaire, c’est la longueur musculaire. Je te prends un exemple qui parle à tout le monde.

C’est l’exemple du biceps. Lorsque tu contractes le biceps, l’écart qu’il y a entre ton avant-bras et ton biceps va déterminer en quelque sorte son potentiel. Si t’as 4 à 5 doigts entre ton avant-bras et ton biceps quand t’as le bras fléchi à 90, c’est-à-dire que t’as le biceps court et que donc il n’y a pas beaucoup de muscle à développer. Et à l’inverse s’il va jusqu’à ton avant-bras qu’il n’y a pratiquement pas d’espace, là c’est que t’as un potentiel assez énorme. Faut mettre ça après en parallèle avec les antécédents sportifs, c’est-à-dire qu’est-ce qu’on a fait durant son enfance et son adolescence. On a remarqué que ça jouait énormément sur les capacités de développement et c’est normal dans le sens ou à force d’utiliser un muscle et de faire un geste, tu gagnes du temps en quelque sorte. Tu as un meilleur recrutement, une meilleure utilisation de ce muscle qui est en quelque sorte ancré dans ton système nerveux.

Puis après tu as tous les facteurs qui sont hormonaux, mais sur lesquels tu n’as presque pas d’impacts à moins que tu aies une hygiène de vie pourrie et que tu manges n’importe comment. Mais dans ce cas-là, avoir une bonne hygiène de vie, c’est-à-dire bien dormir, prendre soin de soi, puis manger correctement va influencer positivement ces facteurs. Mais en clair, c’est l’analyse morpho-anatomique plus ses antécédents que moi je mets dans l’analyse morpho-anatomique. C’est ça qui va vraiment déterminer quel potentiel tu as. Alors après c’est toujours pareil. Je dis potentiel, mais ça ne dit pas jusqu’où tu peux aller. Ça dit juste, tu vas avoir des facilités ici et moins de facilité là. Jusqu’où tu peux aller, ça, personne ne le sait. Il n’y a que toi qui vas pouvoir le savoir à force de t’entrainer. Ça ne doit pas être des excuses pour ne pas s’entrainer.

X : Est-ce que l’âge aussi ça entre en ligne de compte ?

R : Oui. J’ai envie de dire ça dépend de tes antécédents également. Si tu n’as jamais fait de sport et que tu t’y mets à la musculation à 50 ans, tu vas bien progresser, il n’y a pas de souci pendant quelques années. Maintenant si ça fait 20 ans que tu fais du sport et puis tu démarres la musculation à 50 ans, t’as moins de faciliter à prendre du muscle parce que tu te serais déjà développé auparavant, t’as déjà fait un peu de muscu, etc. Et c’est sûr que les meilleures années pour prendre du muscle c’est autour de 20-25 ans. C’est là que tu es à ton pic en quelque sort. Même si après tu continues à te développer, mais très très progressivement vraiment avec le temps et ce qui explique pourquoi une fois que tu n’as pas assez 5-6-7 ans d’entrainement, les progrès que tu fais après sont vraiment, je ne vais pas dire minime, mais vraiment très progressif et c’est vraiment à force de persévérance. Mais c’est sûr que plus “tu es vieux” plus ça va être difficile ou plutôt plus ça va être lent et moins ça va être rapide de progresser en musculation.

X : Du coup à ce moment-là ça ce n’est pas une raison pour arrêter tout de même, mais c’est plus du genre, enfin il faut le voir plus en mode entretien, et parce qu’on aime faire cette activité et c’est pour ça.

R : Oui, ça s’impose. J’ai eu pas mal d’élèves, quand je commençais ma “carrière de coach sportif”, qui avait plus de 50 ans. En fait nous ce qu’on défend quand on fait de la musculation c’est une vie en santé. Donc tu t’entraines déjà pour ta santé, pour prendre soin de toi, etc. Le développement musculaire, t’essaies de progresser, etc., tu fais tout ce qu’il faut pour et un moment la nature va se rappeler à toi et va dire : “Ça coince, t’es à fond, tu vas avoir des petites douleurs, des petits trucs”. Et la raison voudrait qu’à partir d’un certain âge, te dise » je vais m’entrainer pour conserver de la force, pour servir à un certain volume musculaire, pour pouvoir être indépendant dans la vie de tous les jours. Parce qu’on sait également qu’il y a de plus en plus de personnes âgées qui sont dépendant des autres pour se déplacer, pour bouger, etc. Alors que s’ils avaient la force suffisante, elle pourrait rester indépendante et avoir une vie sans doute plus heureuse.

X : Tu parlais de l’analyse de la morphologie osseuse et aussi des muscles, est-ce que c’est quelque chose qu’on a besoin de faire même lorsqu’on est débutant ?

R : Quand on est débutant complet, je dirai que ça ne sert pas à grand-chose si ce n’est à se mettre des limitations suite à une mauvaise compréhension de l’analyse morpho-anatomique. Mais dès que ça va commencer à coincer ou avoir quelque douleur, etc. à l’entrainement, là il faut vraiment commencer à s’y intéresser parce que je pense et je suis même persuadé, c’est que pour vraiment exploité son potentiel et vraiment progresser en musculation, il faut vraiment agir en connaissance de cause et ça commence par se comprendre soi-même. Pourquoi je suis fort ici et pourquoi ici c’est difficile ? Pourquoi là je prends du muscle puis là, je force un peu plus, mais ça ne vient pas. Tu vois ça va te permettre de comprendre et d’adapter ton programme en fonction de ces objectifs. Il y a certaines personnes qui vont vouloir mettre l’action sur les muscles qui ne se développent pas. Et puis d’autre qui vont dire, mais là je n’ai pratiquement aucun potentiel donc ça ne sert peut-être pas à grand-chose que je continue à forcer dessus, peut-être juste me maintenir ici et mettre l’action sur mes points forts. Tu vois après ces 2 approches qui se défendent également dans n’importe quel sport. On considère en général qu’il vaut mieux renforcer ses points forts que s’étaler sur ses points faibles. Ce qui est plus mon avis aussi en musculation. Mais les 2 peuvent se défendre. Je pense qu’à partir du moment où on va commencer à stagner et avoir ces premières petites douleurs-là il faut commencer à s’y intéresser si on veut vraiment continuer à progresser et à ne pas se blesser gravement.

X : Et du coup cette histoire de point fort et de point faible, est-ce qu’il y a des éléments qui reviennent assez régulièrement avec les centaines ou milliers de personnes que t’as pu accompagner au cours des dernières années ?

R : Oui oui tout à fait. Dans le livre on montre plein d’exemples des relations qui existent. En fait ce qu’il faut savoir (je ne sais pas si c’est peut-être trop compliqué pour nos auditeurs), quand tu fais un mouvement de musculation qui est censée travailler un muscle en particulier, en fait ce qu’il faut savoir c’est qu’aucun exercice de musculation ne travaille qu’un seul muscle. En fait c’est toujours un groupe de muscle et dans ce groupe il y a un muscle parmi ce groupe qui va prendre l’ascendant sur les autres. Et donc forcément il y a une sorte de compétition qui existe entre ces différents muscles. Je vais reprendre du développé couché que tout le monde connait ou les pompes. Quand vous faites des pompes, il y a 3 muscles principaux qui sont les pectoraux, les triceps, et les deltoïdes. Et dans ces3 muscles, il y en a un ou peut-être deux qui vont prendre l’ascendant sur les autres. Et en général, soit on est fait pour les épaules, pour les deltoïdes, soit pour les pectoraux, donc il y a un des qui prend l’ascendant. Ça, ça s’explique très bien quand tu analyses les longueurs musculaires et osseuses de chaque individu. Tu peux même le prévoir. Quand j’ai un débutant qui m’écrit pour être coaché ou faire de l’analyse morpho-anatomique, je sais d’avance en fait ce qui va se passer. Je dis : « Voilà ce que tu auras, plus facilement (quand je dis facilement ce n’est pas facile non plus, c’est relativisé) et ça ben tu l’auras ». Des fois, je dis même « Bon, eh bien, laisse tomber quoi, ne perds pas ton temps, fais un petit peu, mais voilà », sinon on en revient à la frustration en fait. S’acharner sur des muscles qu’on ne peut pas avoir, là c’est vraiment très frustrant d’essayer de les développer. Et quand tu n’as pas de potentiel. Ce qui est différent par contre de « Je ne suis pas fait pour un mouvement, donc ça ne sert à rien de m’acharner là-dessus ». On peut toujours travailler sa mobilité, sa coordination pour arriver à faire un geste. Après de là exceller dessus c’est également différent. Mais comme c’est une compétition entre les différents muscles qui interviennent, on a souvent un muscle ou plusieurs qui vont nous aider à réaliser ce geste correctement à notre façon.

X : Quand on s’entraine je sais que (puisque je suis sur Facebook notamment quelque page autour du sport, il y en a qui sont un peu autour de la musculation et tout ça) et il y a quelque chose qui revient régulièrement, c’est justement sur le fait qu’a priori parmi les gens qui pratique la musculation il y a un certain nombre qui met de côté on va dire leur séance d’entrainement autour des jambes, c’est quelque chose qui devrait revenir très régulièrement, en quoi ça peut-être problématique justement d’entrainer peut-être qu’un seul groupe musculaire ou qu’une seule partie du corps et pas forcément le corps de façon globale ?

R : En fait il n’y a pas trop de problématique dans le sens si ça ne t’intéresse pas. Si de prendre des cuisses et d’être plus fort au bas du corps ne t’intéresse pas, il n’y a pas trop de problèmes. Chaque chose que tu vas faire, chaque activité sportive, chaque entrainement que tu vas faire va réduire de la fatigue. Et donc si tu sautes certains muscles, t’as moins de fatigue et t’es plus en forme pour faire le reste. Maintenant il faut dire que beaucoup de pratiquants sautent l’entrainement des cuisses parce que c’est difficile. C’est plus difficile que le reste, des masses musculaires plus importantes sont mises en jeu, comme les fessiers, les quadriceps, etc. Et que malheureusement avec la démocratisation de la musculation, beaucoup sont un peu arrivés à la musculation par hasard et non pas été prévenu qu’il fallait faire des efforts.

X : Qu’il faut parfois transpirer !

R : J’ai fait un peu sur les détails en musculation... et on rigolait avec mon associé parce que c’est vrai que sur les forums Super physique et même sur tous les forums que moi j’avais fait à l’époque, rares sont les questions sur l’entrainement des cuisses. On a souvent des questions sur les pectoraux, les biceps, les épaules. Et c’est même très simple pour te dire, je n’ai même pas fait d’effort. Je fais des formations vidéos. J’ai fait sur tous les muscles du haut du corps pratiquement, mais je n’ai pas fait sur les cuisses. En fait il n’y a pratiquement aucune demande.

X : Ça ne fait pas bizarre ?

R : Si, mais en fait, comme maintenant c’est la mode tu sais les board shorts, etc. à la plage, tu ne sais même pas que la personne ne fait pas les cuisses en fait. Tu ne sais pas et faut dire aussi que la musculation et notamment quand tu entraines que pour l’esthétique, c’est quand même très superficiel. Il ne faut pas oublier que malheureusement on est dans une société d’apparence et on n’est pas forcément dans une société ou tout le monde fait attention à sa santé, essayer de se prendre en main, etc. La réalité si tu veux, beaucoup font de la musculation un peu par hasard parce qu’ils veulent ressembler à un tel, ils ont vu un tel dans une télé-réalité qui est un peu musclée. Voilà, mais c’est des gens en général qui ne durent pas en musculation et qui donc comme on en a parlé, n’ont pas la longévité suffisante pour vraiment progresse naturellement. D’où, une démocratisation également de plus en plus importante du dopage malheureusement.

X : Oui parce que c’est la solution de facilité.

R : Voilà ! Facilité, rapidité, puis les effets secondaires sont souvent minimisés, c’est surtout ça. La plupart des personnes qui en prennent et qui ont des effets secondaires c’est toujours pareil. J’ai envie de dire dans cette société, on voit ceux pour qui ça marche, ceux pour qui ça ne marche pas ben on n’en parle pas. Ils ne sont pas ondulés donc on ne le sait pas. Et c’est toujours le problème. Alors que ceux sur qui ne marche pas c’est la majorité en fait. Tous ceux qui ont des problèmes, c’est eux la majorité ce n’est pas ceux sur qui ça marche, des champions il y en a très peu.

X : Comme dans la majorité des pratiques sportives. Est-ce que tu aurais deux trois conseils d’entrainement de base que tu pourrais donner à une personne qui va débuter en musculation ?

R : Moi, les conseils sont assez basiques. Encore une fois comme aujourd’hui c’est compliqué de s’y retrouver.

X : Oui, mais justement c’est pour ça que c’est intéressant de répéter les bases.

R : Tu sais quand on a fait le livre, avec Julien on s’est posé la question : « A qui va s’adresser le livre ? ». Tu vois, pour savoir ce qu’on allait raconter, etc., comment on allait l’illustrer. Et donc par exemple sur l’analyse morpho-anatomique, on s’est dit est-ce qu’on met des photos d’individus sachant qu’il faudra déjà avoir un certain recul en musculation pour voir si un individu, il a les longueurs musculaires, les longueurs osseuses, etc. C’est ce que j’avais fait dans le tome 1 de la méthode Super physique et dans le tome 2 en vidéo. Et donc on s’est dit ben non. On va essayer que ce soit accessible à tous parce qu’il faut vraiment qu’ils puissent comprendre les bases. Donc on a fait faire des dessins. J’ai un de mes élèves qui est graphistes qui est très bon. Et donc on a fait faire des dessins pour que ce soit vraiment compréhensible, etc. Les conseils sont assez simples.

La première chose vraiment c’est d’être progressif. Je crois que c’est le plus important. Je donne un exemple. Si vous avez fait 10 répétitions à 30 kg de développé couché, ne mettez pas 40 kg à la séance d’après. Mettez 31 ou 32 kg si c’était facile. Vous devez voir chaque séance en fait comme faisant partie d’un tout et non pas comme faisant partie d’une unique séance. Ça c’est le premier conseil, être progressif et voir l’ensemble comme un tout.

La deuxième chose, surtout si vous débutez la musculation, c’est de ne pas prêter vraiment trop d’importance aux sensations que vous allez ressentir, mais vraiment de vous concentrer comme on a dit tout à l’heure sur des objectifs concrets. C’est-à-dire que c’est normal si vous débutez de ne pas sentir les pectoraux, de ne pas sentir vos muscles travailler parce que vous n’avez simplement pas de muscle, du moins ils ne sont pas assez gros pour prouver des sensations. Ces sensations-là vont venir progressivement avec vos progrès sur les charges que vous utilisez. Ça, c’est vraiment important parce qu’il y a beaucoup de débutants qui vont se concentrer sur les sensations parce qu’ils ont entendu leur athlète favori qui est dopé, mais qui ne leur dit pas qui lui se concentre sur les sensations, etc., qui ne cherche pas vraiment à progresser et puis qui est très volumineux. Alors dans la réalité il faut s’entrainer pour progresser et les sensations sont seulement un feedback intéressant de la séance et non un objectif. Et enfin, le troisième conseil je l’avais en tête et je l’ai oublié, mais il va revenir. C’est toi, tu m’as contaminé Xavier. J’ai oublié ce que je voulais dire.

Voilà, le troisième ben on va un peu avec le premier. C’est d’être persévérant, mais vraiment d’être patient. Parce qu’il faut être progressif. Vous n’allez pas progresser du jour au lendemain. Et il va falloir vraiment persévérer pendant des mois, des années. Ça pourrait être décourageant quand on dit ça, mais en fait pratiquer la musculation, si on souhaite vraiment y progresser, ça implique de nouvelles habitudes, un changement de vie comme n’importe quelle activité que vous allez démarrer et qui vous plait. Mais voilà, il faut être vraiment persévérant. Moi j’ai mis 4 à 5 ans avant vraiment de me transformer correctement, physiquement. Et 5 de plus pour vraiment atteindre pratiquement mon pic et depuis ça fait 7 ans, je progresse encore un petit peu, mais très légèrement. C’est qu’une question de persévérance et de volonté. Il ne faut pas être dans cette optique de » je veux être prêt pour la plage ». Ça, ça ne fonctionne pas et en fait vous allez juste en train de perdre votre temps tout simplement.

X : On en revient aux personnes qui font un régime pour perdre 2-3kg.

R : Oui oui c’est exactement pareil.

X : C’est ça ! C’est vraiment cet état d’esprit qui, quel que soit le domaine dont on parle, n’a aucun intérêt finalement dès qu’on se projette un peu à moyen ou à long terme.

R : Comme on en parlait tout à l’heure avant le podcast, dans tout ce que tu fais, si tu veux réussir, quel que soit le domaine, il faut que tu sois persévérant en fait. Il faut que tu sois continue. Ce n’est pas juste « J’ai fait une séance de musculation pendant 3 semaines, et puis il ne se passe rien ». Ben oui il ne va rien se passer, c’est sûr. Maintenant si ça te plait véritablement de t’entrainer, les progrès vont venir tout seuls progressivement. Tu vas t’intéresser à comment ça fonctionne, etc. Et à un moment tu vas agir en connaissance de cause. Et donc ça va fonctionner. Tu seras content. Sinon ça ne peut pas fonctionner en fait. S’entrainer pour la plage, ce n’est pas possible en fait. Et en plus il faut le dire, tout le monde s’en fout que tu sois musclé ou pas, à part toi-même. C’est pareil, à mon époque quand j’ai commencé on regardait des cassettes vidéo, et on croyait tous que si tu devenais musclé, tu allais pour vivre de ta passion, tu allais être payé pour t’entrainer, tu sais pour être comme T. Tu sais c’était les prémisses de la télé-réalité. Et aujourd’hui comme c’est démocratisé, il y a beaucoup de personnes qui font de la muscu, les produits dopants sont démocratisés, etc., il y a beaucoup de personnes musclées, ça ne change absolument rien que tu sois musclé ou pas pour les gens. Et puis en plus comme la musculation a une mauvaise image qui est parfois justifiée. Franchement si t’es musclé, tu passes juste musclé, tu passes juste pour un zéro. C’est vraiment pour soi qu’on le fait. Et c’est là également, je pense, ou on s’oppose avec le livre, avec mes différents projets à tout ce qui se fait dans le domaine de la musculation.

X : J’aimerais peut-être juste revenir sur un point parce que là justement dans les 3 conseils que t’avais évoqués, le deuxième qui parlait justement du fait de ne pas forcément mettre trop son attention sur la question des sensations. Quand tu parles de sensations tu parles du fait de ressentir le muscle ou est-ce que c’est aussi des éventuelles questions de courbatures par exemple une fois qu’on a fait un exercice ou quelque chose comme ça qui font qu’on peut s’y fier ou pas et est-ce que ça veut dire qu’on a « bien travaillé » ou pas ?

R : Oui alors je vais distinguer deux choses. Les sensations pour moi c’est plus durant la séance. Donc ça va être sentir que son muscle travaille, qu’il gonfle, qu’il congestionne. Donc il y a un afflux sanguin, que ça brule. Donc ça, ce sont des facteurs secondaires de la progression de musculation quand on est naturel. Concernant les courbatures, ça peut être un signe intéressant, mais encore une fois, les courbatures ce n’est pas forcément signe non plus de progrès ou qu’on a bien travaillé parce que les courbatures peuvent être localisées (on en parle également dans le livre) au niveau des insertions tendineuses et dans ce cas ça veut dire qu’on a utilisé trop d’amplitudes. Et dans ce cas-là, il faut faire son analyse morpho-anatomique pour comprendre pourquoi et ce qu’on doit faire pour justement éviter ça. Toutes les courbatures ne sont pas bonnes. Il y a certaines qui sont bonnes notamment celles qui sont situées au centre du muscle, mais on peut également faire attention aux courbatures x qu’on a comme signal pour mieux adapter son entrainement et ce qui va être intéressant si vous persévérez et que vous souhaitez vraiment progresser en musculation.

X : Ça marche. Alors peut-être juste pour conclure puisque finalement on n’en a pas trop parlé si ce n’est au tout début du podcast. Mais justement donc ce livre tu l’as coécrit avec Julien Venesson qui est déjà auteur de plusieurs ouvrages sur la nutrition autour de la pratique sportive et de la prise de muscle. Du coup est-ce que tu peux nous partager dans les grandes lignes les sujets ou les apports qu’il a faits lui au sein de cet ouvrage ? Je pense que ce n’est pas la même chose qu’il avait déjà écrite dans ses précédents livres.

R : Julien, à la base, est plus axé sur la nutrition. En fait ce qu’il faut savoir c’est qu’avec Julien on se connait depuis plus de 10 ans avant Super physique. Il était connu sur les forums et anecdote, sous le pseudo de « Gros mite », le chien, tu sais. Tu as dû connaitre aussi. C’était son avatar. C’était Gros mite ou Perséphone suivant les forums. Et donc en fait on a rapidement sympathisé, il avait écrit pas mal d’articles pour Super physique. Comme tu l’as dit, il a écrit pas mal de livres sur l’alimentation, la nutrition. Notamment... gagner de la force, paléo nutrition, gluten... il a écrit un livre sur la sclérose en plaques. Et donc comme on avait pas mal sympathisé, à un moment on s’est lancé en podcast tous les deux. Pendant plus de 2 ans, on a animé son podcast hebdomadaire. Tous les mercredis ça sortait sur YouTube ou on répondait en fait aux questions des gens. Moi j’avais toujours dit que j’étais un peu contre le fait d’écrire un livre au papier. J’avais dit à Julien, voilà j’écris un livre au papier quand j’aurais fait pratiquement le tour de la musculation pour vraiment rendre accessible, quand j’aurais vraiment tout codifié ce que je veux expliquer aux gens.

Et l’année dernière je crois (je suis un peu perdu dans les dates parce que le temps passe tellement vite que des fois je perds mes dates) « J’aimerais bien qu’on écrive un livre sur la muscu, etc., écoute-moi j’ai écrit toute la méthode Super physique ». J’ai écrit 10 tomes. Je compte de toute façon les proposer en version numérique et en formation vidéo. Et je lui dis si tu veux, on écrit le livre sur l’entrainement. Mais on rend ça accessible. Et surtout on explique pourquoi ça a fonctionné. Donc l’apport de Julien en fait, ce qui s’est passé au fil des années, lui est devenu journaliste scientifique. On va dire c’est ce qui le définit le mieux. Dire que lui vraiment est passionné de nutrition, passionné en fait du fonctionnement de comment le corps fonctionne. Et en fait donc son apport a été vraiment de crédibiliser mes conseils en inspectant toute la littérature scientifique sur la croissance musculaire, sur les produits dopants, comment ça fonctionne, etc. Comme je disais, il a trouvé toutes les études qui montraient que les produits dopants font pratiquement tout. Alors que tous ceux qui sont dopés nous disaient que non ça ne fait pas tout, etc. La réalité c’est que ça fait pratiquement tout.

Pareil, quand je disais qu’il faut faire des autos massages à tel moment, des étirements à tel moment. Lui il trouvait les études scientifiques qui justement explicitaient et qui corroboraient dans ce sens-là. Pareil sur l’entrainement. C’est pareil, tout à l’heure j’ai expliqué dans le podcast que la masse musculaire du pratiquant naturel était corrélée à son niveau de force en série moyenne. C’est pareil beaucoup de personnes nous expliquent, des « spécialistes » nous disent « pas du tout, on peut s’entrainer très léger ». Mais dans la réalité, la séance montre que c’est vraiment corrélé, etc. Julien a complètement rempli son rôle de journaliste scientifique en montrant que les conseils qu’on a vraiment mis de manière condensée pour les rendre accessibles à tous. C’est-à-dire que si vous débutez la musculation, vous êtes intermédiaire, ça fait quelques années que vous faites de la musculation, c’est vraiment un livre pour vous qui allez vraiment vous apprendre comment progresser, comment construire vos programmes personnalisés, etc. il a permis de rendre tout ça beaucoup plus crédible aux yeux du grand public qui accorde beaucoup d’importance au fait que cela se justifie scientifiquement.

Donc c’est vraiment ça son apport, pour te dire j’ai le livre sous les yeux, j’ai mon exemplaire. Je crois que les deux premières parties sont essentiellement de Julien. Je crois que le sommaire est à la fin en plus, je ne sais plus où il est. Voilà, les deux premières parties sont de Julien. Principalement les trois autres sont de moi. C’est qu’en fait, moi également je suis habitué et j’ai toujours fait ça, c’est de faire des projets à deux. J’ai du mal à faire les choses, j’aime bien les faire à deux ou en équipe. Ma phrase justement tu vois sur le club Super physique c’est de dire : « seul on vite, ensemble on va plus loin ». Et donc que ce soit avec Super physique que j’ai fait avec mon associé Fabrice, que ce soit ma salle que j’ai fait en association avec Arnaud qui anime la formation Super physique avec moi.

Tous mes projets ou presque, toutes mes formations vidéos, elles sont faites avec soit Arnaud soit David un de mes anciens élèves. Je fais souvent les choses à deux. Et donc là ça s’est imposé naturellement surtout que Julien à l’habitude d’écrire des livres et moi j’ai plus l’habitude de m’étaler, de beaucoup parler, d’écrire en fait quand ça me vient dans la tête. Ce qui est mon style, moi j’aime bien tout ce qu’est très naturel encore une fois. Julien a permis véritablement de condenser, d’éclaircir les points, de les faciliter en quelque sorte pour que tout le monde puisse comprendre et que n’importe qui qui fait de la musculation puisse appliquer les conseils et progresser. Donc c’est vraiment, je pense, une association qui nous a vraiment réussi en podcast. Quand il y a eu l’idée du livre, on ne s’est vraiment pas posé de questions pour le faire ensemble. C’était encore une fois naturel.

X : Bon, on arrive au terme de ce podcast, est-ce que tu peux nous dire ou est-ce qu’on va si on veut te suivre et en savoir plus sur tes activités ?

R : Oui, c’est un peu compliqué, j’ai tellement de... c’est comme la présentation en fait, c’est toujours compliqué. Le plus simple, c’est de me suivre sur Instagram. C’est Rudy Coia SP. C’est le plus simple parce que c’est là où je vais parler de mes nouveaux podcasts, des news concernant le club Super physique, des news si je sors quelque chose par exemple pour le livre. C’est vraiment Instagram ou je mets le plus de trucs et à partir de là vous trouverez tout ce que je fais ailleurs que ce soit sur rudycoia.com, sur superphysique.org. Le mieux, c’est Instagram c’est le plus simple.

X : Ça marche, on fait comme ça. Merci beaucoup Rudy.

R : Merci Xavier, de m’avoir accordé ton temps pour cette interview, c’était un plaisir et nous nous retrouvons donc bientôt pour un podcast sur le mien.

X : Salut !

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