Parlons Forme #028 : Le jeûne pour prendre soin de sa santé

Si je vous propose de ne pas manger pendant quelques jours… quelle est votre toute première pensée ?

Si vous n’avez jamais tenté une chose pareille alors il est probable que je passe pour un fou et que vous pensiez :

  • « Comment cela est possible ? »
  • « Tu dois être AFFAMÉ ? »
  • « Bonjour la fatigue ensuite ! »
  • « Non, ce n’est pas pour moi… parce que tu vois moi… »

Et pourtant, de nombreuses personnes jeûnent régulièrement pendant plusieurs jours et se sentent bien.

Je dirais même qu’elles se sentent bien mieux qu’avant de commencer.

Et contrairement à ce que l’on peut croire, c’est loin d’être une expérience difficile et insurmontable qui serait réservée à une poignée de personnes.

Quasiment tout le monde peut jeûner et en ressentir les bénéfices.

Même si l’on n’est pas « malade » et que l’on se sent déjà bien dans son corps… c’est une occasion parfaite pour se sentir encore mieux !

Pour discuter de tout cela j’ai convié deux experts qui ont accompagné des milliers de personnes dans ce processus.

Nous parlons ensemble des bienfaits des jeûnes longs (5 jours ou plus) et ils nous partagent des conseils pratiques pour que cette expérience soit la plus agréable possible.

Si à la fin de ce podcast vous avez envie d’aller plus loin, je vous recommande deux livres qui m’ont bien aidé lorsque j’ai voulu me lancer il y a quelques années :

Bonne écoute !

Au sommaire du vingt-huitième épisode de Parlons Forme

Dans cet épisode vous allez découvrir

  • Quel est le parcours de Mathilde et Guillaume dans l’univers du bien-être en général et du jeûne ?
  • Que se passe-t-il dans notre organisme durant la période de jeûne ?
  • Quels sont les bienfaits du jeûne sur le court et le long terme ?
  • Les différents types jeûnes longs que nous pouvons expérimenter ?
  • Quels sont les profils des personnes qui ne peuvent pas aller jeûner ?
  • Comment profiter pleinement du jeûne ?
  • Que faire durant les premiers jours de jeûne pour que tout se passe dans les meilleures conditions ?
  • L’importance d’une bonne reprise.
  • Et beaucoup d’autres choses…

Télécharger le résumé de l’interview

Liens cités dans cet épisode

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Découvrir une autre discussion passionnante

Pour compléter cette interview, je vous propose de (re-)découvrir cette discussion avec JB Rives où nous parlons aussi de jeûne… mais de jeûne intermittent !

Le jeûne intermittent consiste a jeûner une à plusieurs fois par semaine mais « seulement » pendant quelques heures (on reste sous les 24h00 de jeûne).

Si l’idée de jeûner pendant plusieurs jours vous parait « folle » et peut-être « insurmontable », commencer par du jeûne intermittent est une bonne piste à suivre. Là aussi les bénéfices sont nombreux !

Episode à écouter ci-dessous ou téléchargez-le au format MP3 (Clic droit / Enregistrer sous…)

Accéder aux notes de cet épisode

Xavier : Bonjour Mathilde et Guillaume et soyez les bienvenus dans le podcast !

Mathilde : Merci !

X : Alors Mathilde tu es naturopathe, experte en détox et professeur de yoga, et à tes côtés se trouve Guillaume qui est accompagnateur en montagne et qui est aussi expert en détox. Alors vous êtes tous les deux à la tête de Clairière & Canopée qui est un organisme qui propose des cures de jeûne, de détox et de randonnée. Alors avant de parler de tout ça plus en détail, est-ce que vous seriez d’accord pour nous en dire un petit peu plus sur votre parcours dans cet univers du bien-être en général et du jeûne en particulier ?

G : Oui, bien sûr. Je vais commencer. Moi je suis arrivé par là un petit peu par cheminement personnel. Au départ, j’ai expérimenté le jeûne parce qu’un ami en a entendu parler. Il a eu envie d’essayer. Donc c’était plutôt par curiosité. On a fait ça une première fois comme des débutants. On était chez nous dans une collocation avec plein de copains étudiants, des personnes qu’on accueillait en couchsurfing. Donc c’était plutôt une ambiance de collocation et on s’est très vite rendu compte pendant notre première expérience que c’était un petit peu compliqué dans ces conditions. Il y avait de gros repas. Il y avait plein de monde qui passait à la maison. Donc très vite on a compris qu’il fallait qu’on s’isole. Ce qu’on a fait dès notre premier jeûne, on est parti pour le finir à la campagne. Et malgré ça, ça nous a fait beaucoup de bien, on a décidé de recommencer avec cette amie l’année suivante, et à ce moment-là, on s’est un petit peu plus informé, on a acheté un livre, on a commencé à comprendre comment ça fonctionnait, ça formait sur le sujet. Et on s’est rendu compte qu’il fallait l’accompagner avec de la marche, que c’était intéressant d’être plutôt dans un endroit où il n’y a pas trop de frustration. Et puis comme ça, d’année en année, soit avec cette amie, soit seul, j’ai continué à jeûner et c’est quelque chose qui est vraiment rentré dans mes habitudes pour me sentir bien, sur l’année. C’est devenu un équilibre. Après ça, j’ai vécu pas mal d’autres expériences, je suis parti voyager. En rentrant de voyage, j’ai monté un foodtruck biovégétarien, donc j’étais toujours dans le domaine de l’alimentation. Puis ma passion première pour la montagne, comment ça me manquait. Donc j’ai passé mon diplôme d’accompagnateur en montagne, ce qui m’a permis de directement travailler avec des organismes qui accompagnent des jeûneurs dans des séjours, des cures de jeûne et randonnée. Et après plusieurs années d’expérience, avoir suivi plus de 3000 personnes, on s’est dit avec Mathilde, qui va se présenter juste après, mais qu’on avait envie de créer nos séjours qui nous ressemblaient. C’est pour ça qu’on a créé Clairière & Canopée puis ça permet d’allier, en tout cas pour moi, toutes mes expériences, à la fois dans le jeûne, dans la cuisine, saine, dans l’accompagnement en montagne et de pouvoir compiler tout ça dans un projet qui a du sens pour nous.

X : Parfait. Mathilde ?

M : Moi, c’est une histoire peut-être un petit peu moins personnelle, qui m’a amené sur le chemin du jeûne. Tout simplement, en fait j’ai terminé mes études de naturopathie par un stage dans une structure qui était spécialisée dans la détox, dans le jeûne plus particulièrement, jeûne et randonnée. J’ai travaillé 3 ans là-bas, donc ça a été une autre école pour moi et une nouvelle école de naturopathie suite aux 2 écoles que j’avais déjà suivies. Et puis ça m’a permis d’abord d’expérimenter et de comprendre, de vivre le jeûne, d’accompagner des jeûneurs, des jeûneuses et d’observer à quel point cet outil naturel, millénaire et très simple, pouvait améliorer la santé de beaucoup. En tout cas, permettre à beaucoup de rester en bonne santé. Donc je l’ai mis en pratique moi et ça m’a décidé — avec Guillaume — de créer cette structure Clairière & Canopée pour permettre aux gens de vivre l’expérience à leur tour.

X : OK ! C’est cool parce que maintenant vu qu’on en sait un petit peu plus, on va pouvoir parler du sujet du jour. Mais juste avant ça, et d’ailleurs ça va m’amener naturellement à la première question, c’est qu’aujourd’hui, vous vous proposez donc ce qu’on appelle des jeûnes longs, donc ce qui est différent, en fait il y a déjà eu un épisode du podcast où on parlait du jeûne intermittent qui lui va durer en général quelques heures, mais potentiellement tous les jours. Du coup, peut-être ma première question c’est : à partir de combien de temps, on considère qu’on passe d’un jeûne « court » à un jeûne plus « long » ?

G : En général, on va parler de 5 jours parce qu’en fait, sur les 3, 4 premiers jours, on va être sur... Comment on va dire ? Il y a différentes phases et différentes étapes dans le jeûne : au départ du jeûne, on va d’abord vider nos réserves de sucre, sucre directement disponible ou de manière un petit peu plus indirecte, mais qui sont disponible. Et c’est seulement au bout de 4, 5 jours qu’on a vraiment vidé toutes ces réserves, et que l’on va passer sur un autre système de production d’énergie comme on a toujours besoin de produire de l’énergie, mais qu’on n’en a plus directement disponible dans notre corps. Et c’est là que commence le jeûne long avec cette deuxième phase qu’on appelle l’autolyse ou la néoglucogenèse. Mais là on rentre dans le domaine de la naturopathie en fait, c’est plus Mathilde qui pourra en parler mieux que moi.

M : Les jeûnes longs, eh bien, tu parlais du jeûne intermittent, on est vraiment sur une période de jeûne de quelques heures on va dire ou 14 heures. Quand on jeûne une journée, c’est vrai qu’on met vraiment le système digestif au repos, et c’est en ça qu’on gagne en énergie. Si tu jeûnes 5 jours, ça a vraiment d’autres indications. On commence à avoir des effets sur les pathologies inflammatoires, sur les allergies, sur le système immunitaire. Donc, on n’est pas du tout dans les mêmes indications. Et c’est vrai qu’ici, nous, on propose un jeûne long.

G : On propose la plupart du temps, parce que c’est vrai qu’on fait également des week-ends de jeûne, et pendant lesquels d’ailleurs on conseille plutôt de faire une cure de jus ou de smoothie, mais il y a certaines personnes qui décident de jeûner. Donc là ça a d’autres intérêts en tout cas, on n’a pas tous les intérêts du jeûne long, mais on commence à avoir certains intérêts.

X : C’est ça, c’est qu’en fait, après le jeûne, effectivement, les effets vont varier en fonction de la période qu’on fait, mais dans l’absolu, que ce soit même 24 heures ou 48 heures ou un petit peu plus, déjà on a un certain manque de bénéfice qui se manifeste sur le corps, même en ressenti en tant qu’individu.

G : Oui tout à fait, après ça c’est que le jeûne intermittent il a vraiment de l’effet si on va le répéter régulièrement, si ça devient un petit peu comme une routine de vie, qu’on va faire ça, admettons toutes les semaines, toutes les 2 semaines, alors que le jeûne long, lui ça va plutôt être quelque chose qu’on va faire de manière annuelle, voir biannuelle si on sent qu’on en a l’énergie et que ça ne va pas créer de carence, qu’on se sent toujours bien derrière. Mais voilà, on ne fait pas ça sur le même rythme, ce n’est pas la même lutte. Donc les deux vont avoir un effet bénéfique, mais ça reste des démarches différentes.

X : Oui, et puis qui peuvent être parfaitement complémentaires en plus, donc c’est ça qui est cool quoi ! Justement, c’était une de mes questions et là, bon, tu y as un peu répondu, mais peut-être qu’il y a plus de choses à dire sur le fait que, est-ce que vous recommandez de faire des jeûnes une fois dans l’année, deux fois et pourquoi peut-être pas plus, pourquoi ?

M : Pourquoi peut-être pas plus ? C’est ça que tu as dit ? Ça a coupé un petit peu.

X : Oui, enfin est-ce qu’il y a une recommandation de jeûne ? Alors, imaginons qu’on parte sur cette idée de faire un jeûne long, on va dire de 5 à 7 jours, ça, vous le recommanderiez de faire combien de fois dans l’année ?

M : Si on est avec quelqu’un qui va bien, et qui a une vitalité suffisante pour jeûner une fois, deux fois dans l’année c’est bien, il y a des saisons qui sont vraiment idéales pour le jeûne, on va dire physiologique pour le jeûne, c’est le printemps et l’automne. Donc si on est avec quelqu’un qui va bien, qui n’a pas de problème particulier, on va recommander ça, une à deux fois. Maintenant, c’est vrai que ça ne peut pas être une panacée, c’est-à-dire que ça ne peut pas être un outil qui est bon pour tout le monde en tout temps, et qu’il faut vraiment savoir à qui on a affaire, qui n’est pas en état déminéralisé, qui n’a pas une vitalité insuffisante, et auquel cas on ne peut pas proposer ça une à deux fois par an. Et ça nous arrive souvent sur nos séjours de recommander de passer un autre type de cure que le jeûne parce que ça ne va pas être adapté cette fois-ci. Donc en règle générale, ils ont, une à deux fois par an, au printemps et à l’automne si on va bien et qu’on veut se maintenir en bonne santé qu’on veut se drainer un peu, se nettoyer un peu, parce qu’il y a des effets très nettoyants dans le jeûne, à condition qu’il ait la vitalité suffisante pour amorcer ce nettoyage-là. Parce que c’est quand même assez éprouvant, un jeûne, et il ne faut pas arriver fatigué.

X : Oui, clairement. Du coup, peut-être ce qu’on n’en a pas parlé et ça va peut-être donner d’autant plus l’envie aux personnes qui nous écoutent d’en savoir plus sur cette pratique c’est, est-ce qu’on peut commencer à parler des bénéfices majeurs qu’on peut attendre de cette pratique ?

M : Oui. Donc sur un jeûne long, les principales indications elles concernaient trop de métaboliques, donc on va avoir des améliorations sur les diabètes, les diabètes de type 2 évidemment. Parce que les diabètes de type 1, on n’y touche pas, c’est une contre-indication formelle au jeûne complet sur les problèmes liés au cholestérol, à l’hypertension. Donc on a vraiment de beaux résultats sur la tension, par exemple les personnes qui sont hyper tendues en général ou à leurs tensions baissées de manière assez durable, au moins sur les 6 mois qui suivent le jeûne, on a une tension qui s’améliore. Et puis on a un effet assez intéressant aussi sur les allergies donc les allergies environnementales. Ça, c’est un petit peu une question hormonale qui se joue là avec la sécrétion de cortisol et d’histamine qui est beaucoup régulée pendant un jeûne. Ensuite on va avoir de beaux résultats aussi sur les pathologies inflammatoires, notamment articulaires. Il n’y a pas mal de pays dans le monde où on vient jeûner essentiellement pour les problèmes articulaires et rhumato aussi. Voilà, et puis sinon, simplement pour se faire du bien, pour se mettre au vert, pour soulager le système digestif, pour restaurer le système immunitaire. Mais en tout cas, voilà, les grandes indications en jeûnes c’est celles que je viens de citer et puis il y a aussi l’aspect anxiolytique du jeûne et antidépresseur aussi où il y a encore des pays dans le monde où on jeûne pour ça, mais pour ça il faut des structures médicalisées. Il faut suivre un petit peu l’état psychologique des personnes qui sont en jeûne, mais il y a beaucoup de pathologies de ce type qui sont améliorées par des jeûnes un petit peu plus longs, souvent 5 à 6 jours ça ne suffit pas pour voir une amélioration sur ce plan-là, mais les améliorations sont redoutables.

X : Il y a vraiment une notion de bien-être à la fois sur le court terme, mais aussi sur le long terme. C’est quelque chose, c’est un double effet qui se coule quoi !

G : Ce qui est important pour compléter c’est que là Mathilde n’a pas mal parlé des effets physiologiques et on va dire « médical », mais il y a également beaucoup de personnes qui y viennent ou alors qui ressentent des effets sur le plan psychoémotionnel, on va dire qu’après un jeûne, souvent on change le rythme, on ralentit, on dépose un petit peu le mental et puis l’effet physiologique du jeûne va aussi amener ça, le fait que le mental va être moins présent et ça va faire comme une décantation, comme si le mental va se décanter, c’est-à-dire qu’on va avoir un petit peu plus de clairvoyance, on va être plus connecté à nos instincts, à nos intuitions, aux choses qui vont être juste et moins être embrouillé par le mental. Et on a beaucoup de personnes qui le ressentent, et même des personnes qui viennent jeûner en priorité pour ça, pour sentir cet effet. C’est-à-dire qu’ils ne vont pas chercher à perdre du poids, ou physiologiquement, ou à renouveler leur système immunitaire, mais en priorité trouver cette clarté mentale.

X : Après, moi du coup, je peux partager aussi mon expérience. Je n’ai pas été amené à faire dans un cadre très structuré finalement, parce que c’est quelque chose que j’ai expérimenté chez moi, et c’est vrai que ça peut paraître peut-être un peu contre-intuitif aux oreilles des gens qui nous écoutent, mais effectivement on gagne de la clarté, en termes de concentration, il y a vraiment une différence, je trouve, entre le moment où tu as jeûné et tu te rends compte que finalement tu pourrais croire que tu serais plus fatigué avec l’esprit un peu plus endormi, mais finalement ce n’est pas du tout le cas quoi !

G : Alors parfois, ça arrive après le jeûne, on ne va pas forcément le ressentir pendant parce qu’on reste avec une glycémie qui est assez faible pendant le jeûne, et donc on peut se sentir fatigué, on peut sentir un petit peu au ralenti, sentir que notre cerveau fonctionne moins bien pendant le jeûne et ça c’est normal, on manque de sucre. Et c’est souvent après, quand on fait la reprise alimentaire et ça on va en parler, quand on fait une bonne reprise, c’est là qu’on va sentir les bienfaits à ce niveau-là.

X : Alors vous avez parlé, en tout cas ça a été évoqué tout à l’heure le fait que, donc il y a le fait de jeûner complètement. Donc la question c’est : quels sont les différents types de jeûne ou de cure qui existent et qu’on peut expérimenter ?

M : On a le jeûne hydrique, donc l’idée c’est de ne boire que de l’eau. Nous ce qu’on propose, c’est un autre type de jeûne où on apporte des bouillons de légumes le soir, donc c’est plus une infusion de légumes qu’un bouillon de légumes parce que c’est cuit à tout petit feu de sorte que les minéraux et les vitamines sont un peu préservés, et on sert ça le soir à nos jeûneurs. Donc c’est un petit peu différent du jeûne hydrique parce qu’il y a un tout petit apport quand même, et puis sinon on passe ensuite à la cure de jus frais, préparé à l’extracteur de jus, où là évidemment il y a un apport vitaminé qui est énorme, et on va aller puiser un petit peu moins fort dans les réserves. Donc c’est un jeûne qui est quand même plus confortable, ça reste un jeûne parce qu’il n’y a aucune fibre, il y a l’intestin qui ne travaille pas du tout. Mais il y a un apport par le biais des jus. Donc ça, c’est un jeune plus ou moins facile, et qui est très détoxifiant. Et puis en même temps très minéralisant parce que la quantité de minéraux contenue dans les jus a vraiment une belle action sur l’organisme. Et ensuite, on passe à ce qu’on appelle des mono diètes. Donc il va y avoir la mono diète de pomme si on est bien avec ce fruit-là, qui est pratique parce qu’on peut vraiment décliner la pomme de pleins de manières différentes, donc ça peut être de la compote, ça peut être de la pomme crue, ça peut être de la pomme au four... Il y a pas mal de choses à faire et puis tout au long de l’année on peut varier les cures de mono diètes. L’hiver ça peut être du riz, ça peut être simplement une journée ou une cure avec de la soupe, ça peut être le melon en été et puis voilà ! Le jeûne et la mono diète c’est ce qui va être le plus nettoyant pour le corps, après on peut toujours se faire une petite détox comme on est en train de faire en ce moment, avec uniquement des fruits et des légumes, donc on mange 3 fois par jours, mais sans lactose, sans gluten, sans protéine animale, sans sucre, sans tout ça... Et ça reste quand même de la détox.

X : Et c’est en fonction des profils des personnes qui vous contactent que vous déterminez justement quel type de cure ces personnes vont faire ?

M : Oui on essaie de faire ça, on essaie d’être vraiment là-dedans, après c’est vrai quand ton organisme, une semaine de jeûne, bah d’un point de vue logistique, ce n’est pas toujours facile de cuisiner et pour nous que pour les jeûneurs, donc on essaie de rester dans du jeûne. Mais ça peut être du jeûne au jus, ça peut être une cure de smoothie, donc là il y a des fibres, c’est vraiment consistant, c’est vraiment nourrissant. Ça permet de ne pas perdre de poids tout en étant dans la détox aussi. Bien sûr, on essaie d’adapter, mais il y a beaucoup de personnes qui ne peuvent pas jeûner en fait, qui prennent des médicaments et qui n’ont pas la vitalité suffisante, qui ne doivent absolument pas perdre de poids, donc là on réoriente, on propose autre chose.

X : Et du coup, justement, c’est peut-être aussi intéressant de se poser la question « Quels sont les profils des personnes qui justement, ne peuvent pas aller dans cette voie-là parce que ce n’est pas adapté ? L’exemple qui me vient en tête est peut-être classique, mais une femme enceinte, ce n’est peut-être pas recommandé qu’elle jeûne.

M : Oui, il ne faut pas qu’elle jeûne.

X : Donc est-ce qu’il y a d’autres cas de figure un peu similaires à ça ?

M : Oui, il y a d’autres cas de figure, on essaie d’éviter de faire jeûner des personnes qui prennent des médicaments. Donc tout dépend des médicaments qui sont pris, mais ce n’est vraiment pas recommandé de jeûner quand on est en traitement. Pourquoi ? Parce que le foie, l’organe est très engagé dans le processus de détox, et il est très engagé aussi dans le métabolisme, dans la dégradation si on peut traduire le métabolisme des médicaments. Donc, il faut le laisser un peu tranquille, là quand il est dans ce travail-là de dégrader les médicaments. On ne va pas faire jeûner en plus. Il y avait vraiment des contre-indications formelles, les personnes qui sont atteintes de problèmes de thyroïde aussi, c’est une contre-indication formelle. Et puis le diabète de type 1. Il n’y en a pas énormément des contre-indications formelles, mais il y en a quelques-unes. Puis, nous, on fait vraiment attention à ce que ça s’adresse aussi à des personnes qui soient « équilibrées psychologiquement » parce que pendant un jeûne, il peut y avoir des étapes un peu compliquées, des moments lâcher-prise, il peut y avoir beaucoup d’émotions qui remontent, il peut y avoir des phases de la vie qui nous reviennent en plein visage comme ça, et nous, on n’est pas vraiment outillé pour gérer des crises émotionnelles trop grandes. Donc on fait vraiment attention pour que ce soit plus ou moins stable sur le plan psychologique quand même.

X : Est-ce que c’est une pratique aussi qui s’envisage avec des enfants, adolescents ?

M : Les adolescents, oui, les enfants non. Mais des adolescents, oui, ça pourrait en tout cas, en fin d’adolescence vers 16-17 ans, il n’y aurait pas de problème à ce que le jeûne se pratique. Mais on est plutôt dans une phase de croissance, on a besoin de minéraux, de vitamine, on a besoin de tout ça.

G : Là, on va plutôt faire éventuellement des cures de jus ou de smoothies, puis il faut bien vérifier encore une fois l’état psychologique de la personne, souvent à l’adolescence il n’y a pas à voir. Un rapport qui peut être plus compliqué avec l’alimentation donc on va vraiment faire attention à ce qu’on reste prudent, mais on va dire plutôt jus et smoothies pour les adolescents.

X : Ça marche. De par expérience, si vous me contredisez ou pas je ne sais pas, mais il y a vraiment 3 grandes étapes quand on décide de faire un jeûne, c’est le avant, le pendant, le après, alors du coup je vous propose qu’on prenne l’exemple d’un jeûne hydrique pendant 5 jours, quelles seraient vos recommandations justement des choses que l’on peut faire avant pour se préparer correctement au jeûne à venir ?

G : Alors, déjà on pourrait presque rajouter une 4e étape, qui est celle de planifier son jeûne ou sa détox. Plus on va le planifier à l’avance, plus on va l’enregistrer à l’intérieur de nous-même et plus on va être prêt en fait. Plus psychologiquement, même inconsciemment, on va tout mettre en œuvre pour que ça se passe bien. Ensuite on rentre effectivement dans la deuxième étape qui est la descente alimentaire. Et là souvent on dit qu’elle va durer autant de temps que le jeûne en lui-même. Donc si on s’apprête à jeûner une semaine, on va faire une semaine de descente alimentaire pour laquelle on va enlever petit à petit des catégories d’aliments. Donc en premier ça va être les excitants : la cigarette, le café, l’alcool. Puis ensuite les protéines animales, et petit à petit on enlève les choses qui sont les plus dures à digérer jusqu’au plus facile. Donc on va enlever les protéines végétales, les céréales, et on va finir qu’aux fruits et légumes pour les deux derniers jours pour rentrer tout doucement dans le jeûne. Et bien faire ça permet d’une part de se nettoyer petit à petit. On va se sevrer des choses qui sont compliquées comme le café, les excitants. Déjà, traverser des étapes qui peuvent être compliquées et donc mettre toutes les chances de notre côté pour bien réussir son jeûne et ne pas accumuler les choses qui vont être compliquées à traverser. En plus ça permet de réduire le bol alimentaire, nos habitudes. Si on le fait bien, on va commencer le jeûne et on ne devrait pas avoir faim. On ne va pas ressentir la faim. Et ça, c’est quelque chose qui est très fréquent. Dans nos séjours, les personnes qui sont surprises de nous dire « En fait, je ne ressens pas la faim, c’est incroyable, ça fait 2-3 jours qu’on marche et je n’ai jamais faim ». Et donc si on respecte bien la descente alimentaire, c’est quelque chose qu’on devrait ressentir.

X : Est-ce que vous recommander dès le départ de faire un jeûne d’une semaine ou est-ce que ça peut avoir du sens de commencer par un jeûne de 1 jour puis passer à 3 jours et d’aller en douceur ? Ou est-ce que finalement il n’y a pas forcément de raison de faire cette démarche-là parce que ce n’est pas si difficile que ça de faire 7 jours, même sur une première expérience ?

G : Alors s’il y a une raison de le faire c’est peut-être parce que ça va rassurer la personne, parce que ça va lui faire peur de jeûner 5 jours ou une semaine. Mais en soi, on l’a dit tout à l’heure, les premiers jours de jeûne vont être les plus difficiles. Et en plus, c’est un petit peu contraignant quand même parce que finalement quand on jeûne une semaine, on va planifier 3 semaines dans son calendrier. C’est pour ça que c’est important de bien planifier la première étape pour ne pas s’ajouter des obstacles, des contraintes. Ne pas rajouter l’anniversaire de la cousine pendant la semaine de préparation, la veille du jeûne ou le mariage du meilleur copain 2 jours après la reprise. Voilà on planifie ça vraiment sur 3 semaines. Et donc, comme c’est quelque chose qui est assez contraignant, qui nécessite du temps, et que la phase la plus difficile du jeûne c’est les premiers jours, moi j’aurai plutôt tendance à dire que c’est mieux de commencer directement par un jeûne de 5 jours ou une semaine. Mais encore une fois, ça peut rassurer la personne de jeûner moins longtemps. Et puis c’est important là de ce qui est aussi assez ressenti et de faire ça avec envie curiosité, et avec joie. Ça, c’est quelque chose qui est important.

X : Ça marche. Alors maintenant on se projette sur le premier jour de notre semaine de jeûne imaginons. Qu’est-ce qu’on fait à ce moment-là ?

G : Alors quand les personnes viennent jeûner à Clairière & Canopée, ils arrivent le premier jour en fin de journée. On les accueille. On les explique le déroulement de la journée, qu’est-ce qu’ils vont pouvoir ressentir. Et ensuite les 5 jours de jeûne qui suivent sont un petit peu sur le même programme du matin jusqu’au soir. C’est-à-dire qu’il y avoir un réveil en douceur, un réveil musculaire. Le matin on sert de tisane, on peut éventuellement servir de jus diluer à partir du 3e jour parce que les personnes vont être avec une glycémie qui va être un petit peu basse et le matin ça peut donner un petit coup de boost sans rompre le jeûne, mais juste amener un tout petit peu de glucose. On a aussi des petits rituels de nettoyage issus de la médecine ayurvédique comme la lota qui est un nettoyage des cloisons nasales ou gandouch (gandush) qui est un gargarisme à l’huile de sésame qui va permettre d’extraire les toxines de la langue parce que c’est ce qu’on appelle un émonctoire. C’est une partie du corps où les toxines vont s’extraire pendant qu’on jeûne. Ceux qui ont déjà essayé le savent, la langue devient assez chargée, assez blanche parce qu’il y a les toxines qui sortent par cet émonctoire. Donc ça, c’est des petits rituels du matin. Ensuite, on part pour la marche. On a en général 2 options de marches. Une marche plutôt courte et puis la possibilité de continuer sur une marche plus longue. Donc 2 heures ou 4 heures. Et on retourne en début-milieu d’après-midi.

Souvent, c’est un temps pour se reposer. Faire la sieste. On prend du temps pour soi. Aussi recevoir des soins, des massages. C’est quelque chose qui est important et qui fait vraiment beaucoup de bien quand on jeûne. Parce qu’avec certains soins qui vont être un petit peu profonds, on va vraiment déloger les toxines et aider le processus du jeûne. Avec la marche, on accélère le processus, on produit également de l’énergie évidemment. Parce que comme on a besoin d’énergie on va en produire et tout corps va en bénéficier, le cerveau également. Donc on va se sentir plus en forme. Et chaque après-midi, il y a souvent des ateliers qui sont proposés. Donc ça va dépendre des séjours, des encadrants. Mais ça peut être des ateliers autour du yoga, autour des remèdes naturels. On va parler de naturopathie, parfois en fin de séjour on va avoir un atelier de cuisine, des huiles essentielles. Voilà, il y a plein de thèmes qui sont abordés. C’est plutôt quelque chose de pratique.

Et le soir, on va se réunir autour d’un bouillon. On l’a expliqué tout à l’heure les bienfaits du bouillon, le pourquoi. Mais c’est aussi un moment où on va se réunir, parler de la journée, échanger, prendre la température de chacun. C’est un moment d’échange qui est important. Et après le bouillon, ça enchaîne sur une conférence, une discussion autour d’un thème. Là on peut parler par exemple de la physiologie du jeûne pour vraiment comprendre ce qui va se passer dans notre organisme. On va parler également de l’alimentation, on peut parler en fin de séjour de la reprise alimentaire. Voilà, toute la semaine, on donne des informations autour de ça. Et en fait l’objectif pour nous c’est que, les personnes qui viennent de jeûner ne voient pas cette semaine comme seulement une parenthèse, mais vraiment un tremplin. En tout cas qu’elle le vive comme un tremplin. C’est-à-dire qu’on rentre chez soi. Ce n’est pas fini, ce n’est pas la fin d’une bulle de bien-être.

C’est pour ça qu’on parle de mieux être chez Clairière & Canopée parce qu’en fait l’objectif c’est de leur donner un tremplin. Et donc ce n’est pas la fin, mais c’est le début d’un changement alimentaire, ou d’hygiène de vie ou d’habitude de vie à mettre en place. Le fait de jeûner ou de faire une détox jeûne permet vraiment de remettre les compteurs à zéro et de mettre en place facilement des changements. Alors l’idée ce n’est pas de tout révolutionner, mais de choisir une ou deux choses et on prend le temps à la fin de chaque séjour, le dernier jour de faire un bilan. Chacun essaie de repartir, de définir une ou deux choses avec lesquelles il va repartir et va mettre en place dans sa vie.

X : Alors ce qu’il ressort c’est qu’effectivement, là il y a beaucoup d’échos (rires).

G : Tu entends de l’écho là ?

X : Là c’est mieux. Ce qu’il ressort c’est qu’effectivement il y a quand même l’importance de garder une activité physique ou au-delà de l’activité physique, de rester actif et de se prévoir des choses. Ça aussi ça rentre dans la phase de planification et de se dire que ce n’est pas parce qu’on fait un jeûne qu’on va être à bout de force et qu’il faut rester toute la journée allongée dans son lit ou sur son canapé, mais qu’au contraire il faut prévoir de faire des choses parce que c’est ça aussi qui va contribuer à la réussite du jeûne.

G : Oui tout à fait. Nous, quand on jeûne, ça fait vraiment partie du programme. Donc quelqu’un qui voudrait chez soi, c’est quelque chose qui est important d’avoir une activité physique, mais qui soit douce. La marche est parfaitement adaptée chaque jour. Les soins, les massages on l’a dit, c’est également quelque chose qui est important. Le fait d’être dans un lieu qui soit neutre, qui soit nouveau. L’important de ne pas jeûner chez soi avec les placards pleins de nourriture et puis les habitudes. On va avoir les mêmes habitudes aux mêmes heures. C’est important de rompre avec le quotidien et les habitudes. C’est pour ça qu’idéalement, c’est bien de le faire encadrer dans un lieu qui soit propice à ça et avec une équipe qui soit experte dans le domaine. Mais si on le fait seul, c’est important de mettre en place ces différents points (ces 3 points).

X : Il y a peut-être une question que se posent les gens. Tu l’as évoqué tout à l’heure, mais, si on a mal fait sa préparation, est-ce que vous auriez des recommandations si une personne au bout de quelque jour ou même peut-être plutôt au début du jeûne a vraiment cette sensation et a vraiment l’impression d’avoir faim ?

G : Honnêtement non. On a suivi plus de 3000 personnes. C’est quelque chose qui n’arrive quasiment jamais. Ça doit se compter sur les doigts de la main. Et si ça arrive, à ce moment-là (si la descente a bien été faite bien sûr) c’est important de m’écouter. C’est toujours important d’écouter nos ressentis. C’est vraiment quelque chose qui vient à la base et qui est primordial. Si la personne sent qu’elle a faim, c’est que ce n’est pas le moment pour elle de jeûner. Et donc à ce moment-là, on va lui conseiller de passer sur un jus ou sur une cure différente. Mais honnêtement si préparation est bien faite, c’est vraiment quelque chose qui est rarissime.

X : Effectivement je peux aussi témoigner sur le fait. Moins d’expériences que vous sur le sujet et donc je trouve toujours étonnant cette capacité à rester sans manger pendant plusieurs jours de suite. Et moi ce que je me suis rendu compte, c’est que finalement, le moment où je vais avoir vraiment cette sensation d’avoir faim, et parfois c’est même un peu plus vicieux, ce n’est pas forcément de la faim, mais c’est vraiment l’envie de manger quelque chose.

G : Là par contre c’est très juste. C’est important ce que tu pointes. Ça va être une des choses essentielles que l’on va découvrir pendant un jeûne et surtout après un jeûne c’est la différence entre le besoin et l’envie. Ça me permet de « Ah tiens là (je passe devant une vitrine par exemple, je vois une exposition de macaron) j’ai envie de macaron ». C’est une envie. Il y a deux secondes, je n’avais aucune envie. Ou alors je sens une odeur le matin, je passe à côté de la boulangerie et je sens une odeur de pain au chocolat, j’ai envie de pain au chocolat. Et encore une fois c’est une envie. Il y a plein de faim différente comme ça. On peut parler de la faim des yeux, du nez, mais il y a des faims qui sont plus sournoises comme les faims qui sont liées à l’émotionnel. Quand je vis quelque chose d’un petit peu fort je vais avoir besoin de manger pour venir apaiser ça. Puisqu’on sait que les émotions sont beaucoup gérées dans les intestins. Donc il y a tout un tas de faim qui est en fait des envies, mais qui ne sont pas des faims. C’est très rare en fait, en tout cas, nous aujourd’hui dans notre société, de ressentir vraiment une vraie faim. Un vrai besoin physiologique. Parce qu’il y a plein d’autres choses qui viennent prendre le dessus des habitudes, des camouflages, plein de choses.

X : Mes expériences ont fait que j’y suis allé petit à petit, j’ai commencé par une journée jusqu’à 6 jours. Ce dont je me suis rendu compte, c’est qu’à chaque fois que j’arrive à la dernière demi-journée de mon jeûne, mais que ce soit 2 jours ou 6 jours, en fait je n’ai pas faim du tout pendant toute la période, mais cette dernière demi-journée c’est le moment où j’ai l’impression que je pourrais manger tout ce qu’il y a dans ma cuisine potentiellement.

G : C’est la même chose quelqu’un qui a jeûné 15 jours ou 21 jours, là on va sentir la même chose la veille de la rupture. Alors pas forcément qu’on peut manger tout ce qu’il y a dans la cuisine, mais on sent en tout cas que la fin approche. C’est pour ça que c’est important de le programmer.

X : C’est ce que je veux y venir là-dessus sur l’importance effectivement de le programmer et sur côté psychologique qu’il y a derrière tout ça.

G : Tout à fait. Et c’est pour ça que faire une bonne reprise et de savoir comment se fait une bonne reprise c’est vraiment essentiel. Parce que sinon on peut venir vraiment gâcher tout le travail qui a été fait et être sur un effet qui ne soit pas si bénéfique que ça si on fait une mauvaise reprise. Et en fait, moi je compare souvent la reprise alimentaire à un alpiniste qui redescend de son sommet. Tous les alpinistes le savent, la course qu’on appelle le course en montagne, c’est à dire le fait de faire un sommet et de redescendre, une ascension est vraiment finie quand on arrive en bas dans la vallée. Et tous les alpinistes le savent, la partie la plus technique, la plus difficile c’est la redescente. Et il faut vraiment avoir cette image-là quand on jeûne. Souvent on est encadré pour le jeune parce que ce serait parfois compliqué de faire et le jeûne et la reprise dans un centre. Ou alors trop cher ou trop contraignant. Mais c’est souvent la reprise qui est la plus technique et la plus importante à soigner. Donc il ne faut vraiment pas négliger cette dernière partie.

X : Pourquoi est-elle si importante du coup ? C’est pour que les bienfaits qu’on a pu générer jusqu’à présent vraiment se prolongent sur le long terme c’est ça ?

M : Ouais c’est vraiment ça l’objectif d’une bonne reprise.

G : Ce qui va se passer c’est que pendant une reprise on va intégrer petit à petit la nourriture. Donc on va recréer les habitudes. Et c’est là où ça va être important de bien distinguer les envies et les besoins parce que les grandes chances après un jeûne c’est qu’on est vraiment connecté à notre besoin réel et pas nos envies. Mais elles peuvent vite revenir et on peut vite confondre tout ça. Donc, pendant une reprise, être très attentif à nos besoins et pas à nos envies et à reprendre tout en douceur. Et c’est vraiment là où on va arriver à mettre en place des nouvelles habitudes grâce à une bonne reprise.

X : Et du coup la reprise idéale, ça consiste en quoi ?

M : On a autant de jours de reprise qu’on a de jours de jeûne normalement. Un petit peu comme préparation comme descente alimentaire. On va essayer de reprendre l’alimentation avec des aliments qui vont être faciles à digérer. On va être essentiellement sur des fruits et légumes pendant les premiers temps, pendant les premiers jours. Ensuite on va réintroduire progressivement les aliments. On va réintroduire les céréales en évitant bien les céréales qui sont problématiques comme le blé et son gluten. Et les céréales qui ont un index glycémique plutôt élevé. On va privilégier celles qui ont un index glycémique plutôt faible. Et ensuite, on va réintroduire progressivement les légumineuses, les protéines animales si on en mange. Et petit à petit, les choses qui ne sont pas forcément ultra-bénéfiques pour nous c’est-à-dire le sucre, le vin, etc. Le café et le thé viennent en dernier dans une reprise alimentaire. Avec les choses les plus simples possible, les plus nature possible — telle que la nature les offre —, les moins transformées possible en étant bien à l’écoute de ce qui se passe dans le corps, dans les envies et dans les besoins. Comme le disait Guillaume tout à l’heure, normalement après un jeûne on est très très sensible à nos besoins. On a rarement besoin ou envie de quelque chose qui est très sucré, très gras, très lourd ou de très copieux. On a envie de chose très simple et très saine. Et c’est seulement en écoutant ses envies et en leur faisant de la place qu’on peut rester connecté comme ça à notre besoin.

X : Est-ce que dans vos stages vous avez des gens qui reviennent régulièrement ou c’est quelque chose où les gens en général une expérience et puis, après ils se débrouillent tout seuls ou.. ?

M : Non, non, il y a beaucoup de personnes qui reviennent et qui re-reviennent même. Là en ce moment on est sur un stage et on a quelqu’un avec nous qu’on a vu 6 ou 7 fois. Et puis il y a des nouveaux aussi à chaque fois. Mais les nouveaux en général reviennent. Ça devient de leur habitude après, je pense, il y a tellement de bénéfices et les personnes peuvent vraiment aller mieux sur un jeûne. Elles ont envie d’ancrer ça dans leurs habitudes. Voilà, en général on revoit les gens. Ils reviennent souvent.

G : Et c’est aussi pour ça que dans les séjours Clairière & Canopée, on essaie de développer différentes destinations. Ce qui permet de pouvoir jeûner régulièrement chaque année ou deux fois par an et en même temps de découvrir de nouveaux lieux et de joindre l’utile à l’agréable.

X : Oui, oui. Pour être allé sur votre site internet ou sur vos profils sur les réseaux sociaux, effectivement les lieux que vous choisissez ont l’air très agréables.

G : Ouais c’est vrai que ça fait vraiment parti de notre bas en fait des choix que l’on a fait, de notre ADN (Clairière & Canopée) où on veut que ce soit à chaque fois dans des lieux d’accueil qui soit assez exceptionnels. Donc soit des maisons, là on est en Corse en ce moment dans une détox qu’on a appelé « Séjour Détox Plaisir » où il y a 3 repas détox par jour. Et là on est dans un relais château 5 étoiles. Mais sinon à des séjours dans de très belles maisons. Et c’est vraiment la base de Clairière & Canopée. Des beaux lieux à la fois les lieux d’hébergement et à la fois les espaces naturelles dans lesquels on va évoluer pour les randonnées puisqu’on croit beaucoup au pouvoir et au bienfait de la nature.

X : Ça marche. Alors si on a écouté cette discussion, qu’on a envie de vous suivre et d’en savoir plus sur votre activité, où est-ce qu’on peut envoyer les gens qui nous écoutent ?

G : Alors il y a le site internet bien sûr, clairiereetcanopee.com, on le trouve sur le moteur de recherche. On est également sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et Instagram où tous les jours on publie des secrets. Ce qu’on appelle des secrets les conseils de naturopathie, donc chaque mois on va explorer un thème différent. On a déjà exploré beaucoup de thèmes : l’alimentation, les jeûnes, le foie, les plantes. Et donc chaque jour, on peut vraiment découvrir un conseil, un secret ou quelque chose qui est intéressant. Voilà, c’est un petit peu ça les principaux médias.

X : Je recommande vraiment d’aller consulter et de s’abonner à votre compte sur Instagram parce qu’effectivement c’est très sympa. C’est rempli de conseil. Quand on voit toutes les publications que vous avez faites, c’est vraiment très agréable à regarder, à lire et à suivre.

G : On publie souvent des articles sur notre blog. Et on a également des newsletters auxquelles on peut s’abonner et sur lesquelles on va diffuser de l’information autour des articles qu’on va publier et puis sur les séjours que l’on va proposer.

X : Parfait. Merci de votre disponibilité pour toutes ces réponses à nos questions et à très bientôt peut-être !

M : Merci !

G : À bientôt !

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