Parlons Forme #020 : L’importance du microbiote pour être en bonne santé

Avez-vous déjà entendu parlé du microbiote ?

Son existence n’est pas nouvelle (loin de là !) mais ce n’est qu’assez récemment que l’on a pris conscience ce de son importance (et encore, nous sommes loin d’en avoir fait le tour).

Si vous ne connaissez pas cette expression de microbiote alors peut-être vous avez déjà entendu parler de la notion de « flore intestinale ».

Ce sont des milliards de micro-organismes (bactéries et autres « microbes » – levures, moisissures, virus, etc…) qui vivent tranquillement un peu partout dans et sur votre corps :

  • Principalement dans votre intestin mais aussi…
  • Dans votre bouche,
  • Vos voies nasales et vos poumons,
  • Sur votre peau, etc…

A vrai dire ces micro-organismes représentent, en moyenne, 90% des cellules qui nous composent !

Les 10% restant sont nos différents organes et tissus.

Bactéries, microbes… on ne peut pas dire que ces mots soient rassurants et bien souvent ils sont associés à quelque chose de « sale » et aux maladies.

Pourtant tous ces organismes sont là pour votre bien et travaillant 24h00 sur 24 à votre bonne santé… à condition, bien sûr, que vous vous en occupiez correctement !

Malheureusement, notre mode de vie moderne n’est pas franchement très « sympa » avec notre microbiote.

Mauvaise alimentation, surcharge pondérale, stress chronique, sommeil de mauvaise qualité… sont autant de facteurs qui vont nuire à cet environnement et sur sa capacité d’agir.

C’est pourquoi j’ai souhaité inviter Daniel Sincholle, docteur en pharmacie, pharmacologue et aussi auteur du « Nouveau Guide des probiotiques » afin que l’on puisse faire le point sur ce sujet et découvrir les bonnes pratiques à suivre pour prendre soin de son microbiote et de ses intestins.

Des recommandations simples et à la portée de tous vous attendent, il n’y a pas plus qu’a suivre le chemin 😉

Bonne écoute !

Suite à l’enregistrement de notre conversation, Daniel, m’a renvoyé ce petit complément d’informations que je vous mets à disposition :

« Je m’aperçois que j’ai oublié un point important et facile à mémoriser. Vous vous souvenez que j’ai parlé d’abondance et de diversité du microbiote.

L’abondance et assez naturelle, il suffit de l’entretenir par une alimentation équilibrée, des aliments fermentés et éventuellement une supplémentation par des probiotiques.

Pour assurer la diversité nous pouvons y parvenir avec une alimentation riche en légumes qui apportent des fibres (prébiotiques).

Pourquoi ? Parce que chaque souche bactérienne digère de préférence une qualité de fibre plutôt qu’une autre.

Donc en apportant des fibres de nature différente vous permettez la croissance de souches bactériennes différentes. L’exemple le plus classique sont les fructanes (oligofructanes ou polyfructanes) dont fait partie l’Inuline, qui favorisent la croissance et le développement des bifidobactéries.

De plus il est assez facile de se procurer des compléments de prébiotiques, il existe de nombreux suppléments à base d’Inuline. »

Daniel Sincholle

Au sommaire du vingtième épisode de Parlons Forme

Dans cet épisode vous allez découvrir

  • Quel est le parcours de Daniel Sincholle  et pourquoi s’est-il intéressé à la nutrition ?
  • En quoi consistent le microbiote et la flore intestinale ?
  • Comment se constitue l’environnement de l’intestin et le microbiote ?
  • Quels sont les facteurs qui peuvent avoir un effet négatif sur nos intestins ?
  • Les recommandations de Daniel Sincholle  pour préserver naturellement notre microbiote.
  • Quelle est la différence entre prébiotique et probiotique ?
  • Quels sont les signes qui montrent que notre intestin est en bonne santé ?
  • Et beaucoup d’autres choses…

Télécharger le résumé de l’interview

Livres cités dans cet épisode

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Pour compléter cette interview, je vous propose de (re-)découvrir cette discussion avec Elodie Beaucent où nous parlions déjà du fait de faire le plein d’énergie grâce à son alimentation.

Découvrez comment celle-ci peut avoir un impact considérable sur votre énergie, votre état d’esprit, votre poids, vos douleurs

Episode à écouter ci-dessous ou téléchargez-le au format MP3 (Clic droit / Enregistrer sous…)

Accéder aux notes de cet épisode

Daniel : Le parcours, c’est peut-être un peu, comment dire, comme d’habitude qui sont vraiment bien, ce qu’il y a c’est que, quand on... étant donné que je suis une personne avec une patiente qui a atteint un certain âge... C’est à la fois réjouissant parce que ça permet quand même d’affirmer que nous avons une petite expérience, et puis ma réjouissance c’est qu’il me reste amplement du temps à exister. Mais justement, il faut profiter dans ce qui est positif, le positif c’est le fait qu’on a accumulé un certain nombre de données, de connaissance qui se transforme en possibilité d’aiguiller, de conseiller les personnes qui nous entourent, d’une façon peut-être un peu plus intime, complète et efficace. Je suis un diplômé de pharmacie, et sur la fin de ma carrière (comme j’ai suivi une carrière pharmaceutique à la fois dans l’industrie et dans...) je me suis tout à coup, s’est révélé à moi un monde particulier et qui est suivi de la relation entre la nutrition et la bonne santé. Parce que je me suis aperçu que c’était un point essentiel, et qui est un peu négligé par la plupart des professionnels de santé.

On a quelques notions de nutrition qui nous sont données du fait de nos études et puis ça s’arrête là. Or, on continue à exister, on continue à vivre, et nous ne vivons que parce que nous nous nourrissons, parce que nous créons le monde de l’environnement, à la fois les nutriments, et de l’oxygène dans l’air que nous respirons. Donc ces 2 prélèvements que nous effectuons dans l’environnement sont fondamentaux pour notre existence bien entendu, et on n’en parle pas assez. C’est à la fois une possibilité d’en parler, mais je peux comprendre comment ça se passe, comment nous nous assimilons, d’aller le plus possible en profondeur dans cette analyse justement de la relation entre l’environnement à nous-mêmes et donc entre les nutriments, l’oxygène et nos cellules qui... Donc voilà, ça je pense qu’on peut le faire que lorsqu’on a d’autant mieux une certaine expérience.

À partir de là, je me suis intéressé à la relation nutrition et santé, et c’est dans le cadre que j’ai eu la chance de rencontrer un éditeur qui s’appelle Thierry Souccar et qui est une personne un peu plus sérieuse, de confiance possible. Et on a trouvé la possibilité de raconter. J’ai fait spécialiser chez lui plusieurs livres dont le dernier qui est ce fameux livre de Probiotique. Pourquoi ? Parce que là aussi, il y a à la fois un phénomène du mode, un phénomène qui l’est moins, qui est celui de « Comment modifier nos comportements et en occurrence notre flore intestinale pour vivre un peu mieux, pour qu’on traite certains problèmes de santé qui sont aujourd’hui sur le devant de la scène. Donc ce livre de probiotique, il est devenu précieux.

C’était un des secteurs qui était connu par de nombreuses personnes, mais qui était quand même un petit peu traité avec un bagage scientifique un peu léger. Or il se trouve que depuis quelques années, les publications scientifiques et médicales dans ces domaines foisonnent. Il y en a plusieurs par jour qui sortent d’une base de données scientifique et médicale et j’ai eu quand même beaucoup de travail en termes de documentation. Et d’ailleurs je n’en ai pas terminé. Parce que c’est un monde en perpétuel mouvement et les choses qui peuvent être considérées comme quasiment définitives sont assez rares. Donc c’est un peu ce que je vais essayer de mettre en évidence dans le bouquin, c’est d’essayer de voir sur quoi on peut s’appuyer aujourd’hui dans ce domaine-là.

Xavier : Ça marche. Alors peut-être une question de base, mais qui me parait quand même indispensable je pense, c’est de peut-être commencer par expliquer aux personnes qui nous écoutent, en quoi consiste justement ce principe de microbiote et de flore intestinale ?

D : Alors le microbiote, ce que je pense, parce qu’il me semble intéressant à expliquer aux personnes qui nous écoutent, c’est qu’il y a 2 grandes choses. Il y a le microbiote en termes de... qui n’est rien sans son enveloppe qui est le gros intestin, et puis tout ce qu’on peut en tirer. La première des choses c’est, et je quand je dis ça, je me souviens de ce que j’ai ressenti moi il y a 10 ou 15 ans sur ce sujet.

En fait, on se doutait bien que le microbiote est important. Mais ce qu’il faut, c’est apporter quelques arguments supplémentaires pour préciser et pour affirmer l’importance de cet organe. Quand je parle d’organe, c’est à la fois microbiote et l’enveloppe qui est le gros intestin. C’est important parce qu’il suffit d’ailleurs d’imaginer morphologiquement que cet organe est important parce que quand on entre un tout petit peu dans l’anatomie, on voit que le gros intestin, c’est un organe à part.

Quand on le compare morphologiquement... qui est multiconstitution, le rôle de l’intestin grêle étant donné que l’intestin grêle est un intestin relativement fragile on va dire par rapport aux gros intestins. Que cet intestin grêle vous fait essentiellement pour digérer nos aliments et les faire passer dans la circulation sanguine. Or que le gros intestin est au contraire, une espèce d’enveloppe assez étanche dans laquelle une vie se développe et qui est cette fameuse flore intestinale qui s’appelle aujourd’hui « microbiote ». Ça veut dire que l’organisme est l’évolution parce que l’évolution joue un rôle fondamental et… nous explique, nous montre, nous fait toucher du doigt si on peut dire que le gros intestin, une colonne qui contient le microbiote, a un rôle particulier.

Et je dirai si on peut lui donner un qualificatif, c’est le bouclier. Ça peut-être un organe de protection en fait, ne serait-ce que parce que si nous le demandons donc c’est facile à comprendre et sur la partie avancée de l’organisme. Et donc il va jouer un rôle de défense et de protection, c’est justement ce qui est intéressant et qui est la deuxième chose après la prise de conscience et l’importance de cet organe. Et il faut essayer de comprendre pourquoi. C’est ce que j’ai essayé de mettre dans le livre et évidemment puis après... par rapport à je vous dis à ce qui est aujourd’hui public et...

X : Est-ce qu’on sait comment se constituent cet environnement et ce microbiote ?

D : Alors je le disais à l’instant, il y a un nom qui est important qu’on ne peut pas l’ignorer au contraire on est tenu de le garder présent lorsqu’on réfléchit, lorsqu’on pense à ce microbiote, c’est l’évolution. Mais il est probable que le microbiote, cette flore intestinale, ces milliards de bactéries que l’on plébiscite nous suivent depuis que nous existons. Donc en réalité, il y a eu à un moment donné certainement, je ne me rappelle plus, peut-être il y a des millions, voire des milliards d’années, dans les années où nous ne sommes pas forcément des homo sapiens, il y a bien longtemps maintenant. Le problème, c’est que ces microbiotes ne nous suivent plus depuis très très longtemps.

Donc comment est-il arrivé là ? Certainement par une simple contamination. Cette contamination, peut-être que l’on peut imaginer que le gros intestin s’est refermé sur une flore et qui l’a emprisonné pour essayer d’en faire quelque chose de bien. Peut-être a-t-elle été apportée simplement avec des aliments, tout ça, ça reste un peu dans le monde de l’imaginaire, mais à côté pourquoi pas. C’est comme ça, il faut bien imaginer pour pouvoir le vérifier. Voilà donc, la flore intestinale elle s’est constituée au fur et à mesure que nous avons évolué. Elle a évolué avec nous, voilà ce qu’il faut retenir.

X : D’accord, mais du coup ça veut dire que quand un enfant né par exemple, ça veut dire qu’il a déjà une flore intestinale ?

D : Alors là il n’y a pas mal de travaux qui viennent un peu contredire… dernières années. Le bébé quand il nait, on a toujours pensé qu’il était complètement stérile, ce n’est pas tout à fait vrai. Alors évidemment il n’est pas non plus extrêmement contaminé. Il contient une petite flore en petite quantité. Par contre, ce qui est très important c’est de savoir ce que justement, la maman va lui donner à travers, notamment certains nombres de produits, composants qu’elle a dans le lait maternel, va lui donner de constituants qui va lui permettre justement de faciliter, le développement d’une flore orienté vers une activation de l’immunité de l’enfant. Donc je vous dis que c’est très important parce qu’on connait aujourd’hui la structure de ces composants notamment de ces sucres complexes que la maman a synthétisé et dont on sait qu’ils sont estimés à nourrir une flore intestinale bénéfique pour l’enfant.

Aujourd’hui, on sait le faire chimiquement parlant, on sait le synthétiser. Bon aujourd’hui qu’est-ce qu’on voit apparaitre sur le marché ? Et ça, c’est un point qui est important de suivre parce que moi j’y crois, il me semble que c’est un travail qui a été validé. Ces sucres complexes qui permettent d’avoir une flore intestinale de bonne qualité, ils sont disponibles aujourd’hui sur le marché, notamment dans les laits infantiles, dans les formules infantiles. Donc ça, c’est quand même une avancée, me semble-t-il, majeure, dans le domaine de ce que l’on peut délivrer à des nourrissants pour leur faciliter leur croissance. Jusqu’à présent, on faisait un peu de l’approximation. On cuisine des produits…, des vitamines, des matières grasses, du lait de vache, etc.

Aujourd’hui on connait la structure du sucre que la maman sécrète dans son lait et on est capable de le reproduire. Et donc de les donner. Ça, je crois que c’est une avancée majeure. Alors lui il porte le nom anglais de HMO ou Human milk oligosaccharides ou je ne sais pas comment ils vont l’appeler aujourd’hui. Mais c’est parce que là on est en pleine.... Je crois qu’il y a deux laboratoires en ce moment qui on donne dans les formules infantiles, mais c’est un point à suivre et je pense que les mamans devraient regarder si elles donnent des formulent infantiles surtout à des nourrissons de premier âge, de 0 à 6 mois, des formules qui contiennent ce fameux HMO.

X : Oui, parce que du coup, il y a vraiment cette idée que cette période-là, et c’est une période charnière justement pour la création du microbiote et que cette phase de création, en tout cas pour la compléter, va avoir un impact sur la santé potentielle pour le restant des jours de la personne.

D : Ça va avoir un impact sur la santé du nourrisson. Non seulement tout de suite pendant les semaines qui suivent, mais carrément pendant des années voire beaucoup plus tard dans la vie. Donc, c’est une zone charnière critique qu’il ne faut pas négliger, au contraire, bien soigner. Et je pense que cette avancée à la découverte de structure chimique de ces sucres particuliers que les mamans secrètent dans leur lait est une avancée majeure dans le domaine.

X : Je sais que vous parlez dans votre livre d’un certain nombre de facteurs qui peuvent avoir un effet négatif sur nos intestins, est-ce que vous pouvez nous en citez quelques-uns ?

D : Oui. Les effets négatifs, il y a ceux qu’on peut imaginer comme les aliments reconstitués.... Et à partir de ces hypothèses, ce qui a été vérifié, là on est un peu encore dans le.... Ce que l’on sait aujourd’hui, ce qui me semble bien, de façon quasi certaine, presque certaine, c’est qu’un certain nombre de polluants sont impliqués dans les effets négatifs du microbiote. Et ça, il faut faire attention. Les perturbateurs endocriniens probablement, le tabac probablement, tous les polluants qui sont connus aujourd’hui qui ne sont pas des substances qui nous aident à vivre correctement. C’est là aussi que j’insiste un peu au final, sur le fait que ce microbiote en réalité, il répond à tout. Il répond à pratiquement tout ce qui nous entoure.

 Tout ce que l’on sait aujourd’hui sur ce qui est bon pour notre santé et bon pour le microbiote. Et qu’on c’est bon pour le microbiote, c’est bon pour notre santé. Donc ce cercle vertueux qui est en train de se créer en tant que microbiote qu’il faut prendre en considération. Plutôt que d’insister sur le côté négatif des composants qui peuvent nous détruire, du moins l’empêcher de fonctionner correctement c’est de voir un peu ce qui le fait bien fonctionner. Avant de parler de compléments alimentaires, parlons de nutrition naturelle. C’est-à-dire que si vous mangez correctement, si vous avez une bonne nutrition et que vous apportiez en particulier la nourriture qui convient à ces bactéries, vous avez des chances...

Là tout simplement je reviens à mon idée première, une partie du tube digestif, l’intestin grêle qui est fait pour digérer les nutriments énergétiques essentiellement : vitamines, minéraux, oligo-éléments, nutriments énergétiques, voilà ce que c’est la première partie de l’intestin. Et tout ce qui reste de l’alimentation qui n’a pas été digérée parce que nous ne sommes pas équipés dans cette partie du tube digestif, digérer ces aliments, ils vont être encore une fois moissonnés, digérés dans le gros intestin grâce à la présence de la flore intestinale. Donc cette flore intestinale elle va donc compléter la digestion, compléter la moisson de l’énergie, la moisson de l’alimentation et à travers tout ça, elle va donc se nourrir et se développer pour assurer une deuxième mission qui est l’immunorégulation, l’augmentation de l’immunité. Vous voyez, je pense que la construction commence à être bénéfique et relativement sympathique et à la fois facile à retenir. C’est pour ça que je voulais en parler.

X : Je sais que justement puisque là comme vous parlez de la partie alimentation, est-ce qu’on peut favoriser au sein de notre alimentation certains types d’aliments qui vont faire qu’on va favoriser notre microbiote ?

D : Oui, complètement. C’est exactement ça. C’est ce que je voulais dire à travers mon discours précédent. Ces bactéries en fait on s’aperçoit qu’elles sont capables de digérer dans la partie haute de l’intestin. C’est le terme fibre, fibre alimentaire, c’est à dire des sucs de glucides complexes qu’il est impossible de digérer dans la partie haute de l’intestin et par contre les microbiotes de la flore intestinale sont équipés pour les digérer. Donc c’est eux qui vont récupérer ces sucres complexes quand elles vont les découper en petits morceaux et fabriquer à partir, réellement pas du sucre, du glucose, mais ce qu’on appelle des acides gras à courte échelle qui sont alors si on compte bien tout ça se fait au cours de l’évolution.

Il a fallu énormément d’années pour que ça fonctionne comme ça et les bactéries ont été capables de digérer ces sucres et de former essentiellement ce qu’on appelle des acides gras à courte échelle qui sont, eux, impliqués… Ce sont des superbes anti-inflammatoires, ce sont des facteurs de croissance pour certaines cellules du moins de la paroi intestinale. Vous voyez, il y a toute une logique merveilleuse, il y a toute une logique formidable, un plaisir à découvrir lorsqu’on s’intéresse à ce sujet. Et alors ces aliments, question quand même importante, par quoi vont-ils être apportés ? Essentiellement par les fruits et les légumes. En particulier, certaines catégories de fruits ou plutôt des légumes qui sont des légumes à sucre... des racines composées par exemple, les artichauts. Tous ces légumes qui contiennent du sucre sont impliqués directement dans le bon fonctionnement de la flore intestinale.

X : Alors il y a peut-être aussi quelque qui peut être intéressant d’évoquer parce que ça peut paraitre contre-productif, mais d’après ce que j’ai compris, en fait les médicaments, après ça dépend de la quantité qu’on prend et de la période sur laquelle on les prend, mais les médicaments peuvent ne pas avoir un effet très positif en fait sur notre microbiote, est-ce que vous pouvez nous parler de ça parce que dans l’imaginaire collectif en tout cas on se dit qu’un médicament « ça peut nous faire que du bien » ?

D : Oui, d’ailleurs une question intéressante qui n’est pas souvent traitée sauf pour un médicament particulier, l’antibiotique. Si on enlève les antibiotiques pour lesquels on sait avec assez de précision que par définition ces antibiotiques, ils sont là pour détruire les bactéries pathogènes, mais en même temps ils vont avoir obligatoirement un effet sur notre flore intestinale. Bien que ce soit encore la tout à fait dénoncé parce que justement, précisément, quelques-unes de nos bactéries intestinales sont résistantes intensivement à ces antibiotiques et c’est pourquoi on les préconise.

On les préconise justement comme traitement d’appoint, les antibiotiques. Pour précisément ne pas détruire totalement la flore intestinale. Mais en terme, si votre question prône sur l’idée que font les médicaments « traditionnels » sur la flore intestinale, je dois avouer là que la littérature n’a pas ses arguments. Par contre, la question est très intéressante parce que je pense qu’aujourd’hui, lorsque le laboratoire montre sur le marché un nouveau médicament, je suis quasiment convaincu. Je ne suis pas dans les... agences nationales. Je suis convaincu que les agences nationales demandent aux laboratoires qui mettent sur le marché... de savoir quelle est l’impasse de ce qu’on dit sur la flore intestinale.

X : On a parlé de l’alimentation par exemple comme une solution pour préserver naturellement son microbiote. Est-ce qu’il y a d’autres choses qu’on peut faire qui va dans ce sens-là aussi ?

D : Il y a si vous voulez, d’une manière générale, ce qui va être intéressant c’est d’essayer de se comporter de telle sorte que les équilibres physiologiques, c’est à dire d’un point de vue de bonne vie soit composant entre flores intestinales. Par exemple la notion d’équilibre acido-basique va être intéressante. Je suis certain que si vous avez un organisme hyper acidifié ou au contraire hyper basifié (ce qui est quand même assez rare) votre flore intestinale sera moins à l’aise que s’il était en juste équilibre. Donc je crois que c’est important, ici il y a encore une fois une raison de plus pour consommer des aliments qui n’ont venir baisser l’effet acidité de l’organisme, donc de fruits et légumes encore une fois. C’est une raison supplémentaire. J’ouvre une parenthèse d’ailleurs à ce niveau-là, parce que quelquefois on oublie de manger beaucoup de fruits et légumes. Finalement, c’est quand on met toutes ces petites pièces les unes à côté des autres qu’on comprend pourquoi il faut manger des fruits et des légumes. Parce que finalement il y a tout un tas de mosaïque d’effets positifs à la prise de fruits et de légumes dont celle de vivre correctement une...

X : Oui, c’est ça. C’est qu’au-delà simplement de manger bouger pour perdre 3 kg, c’est que finalement c’est toute notre santé en général qui va être impacté positivement par cette consommation de fruits et légumes au quotidien.

D : Voilà. C’est-à-dire qu’au lieu d’avoir une seule nuance en disant manger des fruits et des légumes sans trop savoir pourquoi finalement, là on commence à savoir pourquoi c’est intéressant.

X : Bon, ben voilà. Juste pour ça aussi, on va dire un des objectifs de ce podcast c’est justement de permettre la diffusion de ce genre d’idée, ce genre de message au plus grand nombre. Est-ce que vous pouvez nous en dire un peu plus parce qu’on voit qu’il y a certains principes de bonne santé, de la vie quotidienne qui va avoir un impact positif sur notre santé et sur notre microbiote aussi. Au-delà de ça, il est possible d’acheter par exemple en pharmacie ce qu’on appelle des prébiotiques et des probiotiques. Alors est-ce que vous pouvez déjà nous expliquer la différence et nous dire en quoi ça consiste.

D : Oui. Ça fait longtemps que je vous écoute et que je vous parle. Je vous dis qu’il y a deux mots dont je n’ai pas parlé, mais qui sont quand même fondamentaux parce que ça sert un peu d’aide-mémoire pour les gens qui nous écoutent. Les caractéristiques de notre flore intestinale sont résumées dans deux mots. Un, abondance, c’est-à-dire qu’il faut qu’il y ait... du moins pour la population bactérienne. Et deuxièmement la diversité, c’est-à-dire qu’il faut qu’il ait suffisamment, à la fois un nombre et une famille de bactérie. Est-ce que je me suis fait comprendre ?

X : Oui oui c’est clair.

D : Abondance et diversité. Voilà les maitres mots de la flore intestinale. Comment faire pour atteindre justement ces deux objectifs. Ben tout simplement, les nourrir convenablement comme on l’a dit tout à l’heure en apportant des fruits et légumes qui sont des mêmes générateurs de fibres qui vont être digérées. Parce que seulement quand on dit « vont être digérés », ça, c’est la... de la question, mais le fait c’est que la digestion va les nourrir, va les faire vivre, va les faire se développer. Donc il faut rapporter des fibres pour les permettre de vivre et de se développer et d’assurer leur fonction que nous avons plus ou moins développée tout à l’heure.

Alors, comment faire ? Tout simplement je disais fruits et légumes en quantité suffisante. Ensuite la diversité. Il faut savoir qu’il y a à peu près 1000 espèces bactériennes qui vivent dans les intestins, mais que chacun individu, chaque personne que nous sommes n’en possède qu’environ 150. C’est-à-dire que sur les 1000 vous voyez, il y a des milliers et des milliers de combinaisons possibles. Ce qu’il faut essayer de faire c’est d’entretenir cette diversité. Comment faire pour l’entretenir ? Nous avons 2 grandes familles de bactéries dont on sait qu’elles sont bénéfiques. Et comment sait-on qu’elles sont bénéfiques. Et comment sait-on qu’elles sont bénéfiques. C’est parce que ces 2 familles de bactéries se développent chez le nourrissant. C’est pour ça que nous considérons qu’elles sont bonnes. Ce sont les fameux lactobacilles et les bifidobactéries.

Alors, comment on gère ? Bah tout simplement si on sait qu’on apporte des fibres en quantité suffisante, on va développer ces 2 familles de bactéries et qu’elles sont en plus disponibles sur le marché. Ça veut dire que si vous achetez chez votre pharmacien ou dans votre centre de santé des compléments alimentaires à base de bactéries que sont lactobacilles et les bifidobactéries vous savez que vous ne pouvez pas vous tromper et puis ça ne pourra pas vous faire du mal. C’est une façon d’entretenir le nombre de bactéries, d’abondance et c’est une façon d’entretenir la diversité des souches. Donc voilà, deuxième point important là aussi qui peut intéresser les lecteurs consommateurs, les auditeurs consommateurs, c’est : « Quelles sont les quantités qui sont significatives ? ». Si vous emportez moins de 1 ou 2 milliards par jour ça ne sert à rien. Ça va être dilué dans la quantité... Donc quantité importante, quantité nécessaire, on va dire en efficacité quelconque, c’est 22 milliards de bactéries par jour des souches innées si possible avec plusieurs souches en même temps et là, vous allez avoir un impact sur vous, sur la flore intestinale.

La deuxième chose dont on a vue, l’alimentation classique fruit et légume, légume en particulier contenant des fibres. Deuxième façon, ce sont les aliments fermentés. C’est à dire des produits qui sont considérés comme les aliments et qui ont déjà été pré-ensemencés et pré-fermentés. Donc là, vous avez la choucroute qu’on n’a pas besoin de trouver parce qu’il y en a tout le temps, vous avez les yaourts qui sont quand même des produits intéressants. Bien que là aussi on ne sache pas toujours, les fabricants ont du mal à nous indiquer si les bactéries... Et vous avez des supers yaourts, que j’appelle super yaourt. Ce lait fermenté que vous trouvez dans les rayons bios ou dans les magasins spécialisés, le kéfir, voilà. Là aussi ce n’est peut-être pas, si vous n’êtes pas habitués ça risque de provoquer des petites réactions particulières, mais qui vont disparaître au fur et à mesure. Et puis de toute façon, rien n’oblige les personnes à faire des cures, des traitements prolongés de ces produits-là. Vous faites une semaine ou deux, vous regardez. Et quand vous allez sentir que les choses s’arrangent un petit peu, à ce moment-là vous règlerez le tir pour profiter.

X : Justement, est-ce qu’il y a… puisque là vous dites quand vous allez sentir que les choses s’arrangent, est-ce qu’il y a des signes on va dire qui « ne trompent pas » ?

D : Oui. Alors il y a petit paragraphe dans le bouquin sur justement qu’est-ce qui fait qui nous permet de savoir que vous avez besoin ou peut-être se passe-t-il quelque chose de particulier du côté de l’intestin. Voilà, si vous voulez, c’est en général, vous savez si vous ne vous sentez pas très bien. Je me rappelle d’un gars qui avait une vingtaine d’années qui parlait de « malfoutose », de « malfoutose générale » ! C’est le genre de chose qui peut être intéressant. Peut-être y a-t-il un dérèglement dans votre tube digestif ? Et ça vaut la peine vraiment de regarder si des apports de bactéries soit sous forme alimentaire, soit sous forme de complément peuvent vous apporter du bien.

X : Est-ce que ça a du sens de prendre des compléments alimentaires alors qu’on n’a pas forcément une alimentation qui serait déjà adaptée ?

D : Non, ce n’est pas une bonne idée. Soyons raisonnables. On n’est pas là pour faire dépenser de l’argent aux gens qui nous écoutent. Commençons par nous soigner, par nous faire vivre correctement grâce à l’alimentation. Si l’alimentation n’y parvient pas, alors il est toujours temps de rajouter des produits dans le quotidien.

X : Ça marche. Dans votre livre vous parlez d’un certain nombre de pathologies. Alors il y en a 18, donc ce sont les pathologies les plus courantes telles que l’arthrose, la dépression, la fatigue, le stress, le surpoids, etc. Est-ce que vous seriez d’accord pour qu’on mette juste peut-être notre attention sur la question de la fatigue et le manque d’énergie puisque j’ai en tout cas, ce sentiment que c’est vraiment un mal, on va dire, qui touche vraiment beaucoup de personne. Et si on se trouve dans ce cas-là, est-ce qu’il y aurait des pistes à suivre justement ?

D : Dans le domaine de la fatigue. La fatigue, c’est dans le secteur de la recherche qui quand même dans une certaine évolution où pas mal d’études sont effectuées. Pour moi la fatigue, ce que je peux en dire c’est que la fatigue en principe c’est un peu le truc des bases scientifiques et rationnelles. C’est un système biologique responsable de la production d’énergie qui est touché dans notre organisme. Comme on dit, ça veut dire que dans l’intimité de la cellule, c’est un organe en particulier qui s’appelle la mitochondrie qui est forcément affectée, probablement en déficit de quelque chose. Alors c’est vrai que là j’ai un peu de mal à établir le joint. Il y a aussi ça, il y a aussi les vitamines.

Si on peut essayer d’améliorer le fonctionnement que notre consommation d’énergie de la mitochondrie arrive dans la cellule, comment faire ? On passe au microbiote. Simplement d’améliorer au moins les cofacteurs. C’est-à-dire les facteurs vitamines, dont le microbiote et tout ça, les bons produits en particulier. C’est vrai que le microbiote peut vraiment nous aider dans la production de l’environnement du système chez nous responsable de la production alimentaire. Donc ça peut fonctionner. Et à ce moment-là, il faut prendre les bactéries potentielles, là aussi ce n’est pas très compliqué, on reste sur le lactobacille et les bifidobactéries. Mais ça peut fonctionner.

X : OK.

D : Là aussi, ce n’est pas compliqué. Et si on respectait les règles... apporter un peu plus d’aliments qui sont générateurs de nourriture pour nos bactéries. Apporter si cela n’est pas suffisant, systématiquement après avoir modifié ses alimentations. Une semaine plus tard, vous apportez quelques compléments bifidobactéries et de lactobacilles. Il s’améliore. Alors là on parlait de l’amélioration par le biais de probiotiques. Il ne faut pas oublier que vous pouvez aussi apporter des compléments prébiotiques. Et en particulier il y a un probiotique qui est le plus travaillé dans le monde de la recherche. Il s’appelle « inuline ».

C’est en fait, un oligosaccharide ou encore un sucre complexe que l’on retrouve dans la plupart des racines en totalité, des racines en particulier des plantes de la famille des composés. Le plus connu était celui qui est le plus utilisé pour en extraire l’inuline c’est la racine de chicorée. Et donc voilà, là aussi c’est une très bonne idée. Si vous avez envie d’apporter de la nourriture à des bonnes bactéries, vaut mieux prendre un petit de l’inuline à raison de 50 g par jour, faites une cure de 3 semaines, vous voyez, ça va complètement changer le fonctionnement de l’intestin.

X : OK, ça marche. Ben écoutez, on ne va pas, de toute façon ce n’est pas le sujet de notre entretien d’aujourd’hui, renter dans le détail des différentes pathologies que vous présentez. Donc j’invite les auditeurs à aller voir la présentation de votre livre, de toute façon il pourrait être concerné par leur cas en particulier. Ben en tout cas merci Daniel, est-ce que vous avez un site ou des profils sur les réseaux sociaux pour en savoir plus sur ce que vous faites et suivre votre actualité.

 

D : Non je n’ai pas de site. Je ne sais pas si mon mail est indiqué dans les livres. Mais, ils passent par chez vous, peu importe. Moi je suis tout à fait ouvert, peut-être pas aux discussions, parce que je n’aurais pas le temps. Mais s’il y a des questions un peu précises qui sont posées, moi, je vais y répondre. Si on peut résumer un peu la situation pour reprendre tout ça. Le gros intestin qui abrite la flore intestinale en fait va jouer un rôle fondamental... une consistance à ce terme fondamental. Pourquoi fondamental ? Tout simplement parce qu’il assure une fonction très intéressante dont on est certain, on n’y reviendra pas dessus. La flore intestinale a un rôle bénéfique parce qu’elle interfère avec les bactéries pathogènes.

Alors, ils n’ont pas une tête pour nous faire du mal, mais leur vie est essentiellement liée à une multiplication ininterrompue. Donc la bonne flore va interférer avec ces pathogènes et va empêcher leur... Deuxième chose, cette flore va améliorer la fonction de barrière intestinale. C’est-à-dire, elle va resserrer les cellules intestinales de telle façon que rien sauf ce qui est bon ne puisse traverser. Troisième chose, elle va interférer bien entendu avec les effets modulateurs sur notre système immunitaire. Aider à fabriquer, elle va aider nos cellules responsables de la production de substances de défense. Cette flore va les aider, notamment les mucocytes, va les aider à fabriquer les substances acido-basiques qui vont détruire les envahisseurs. La quatrième des choses c’est, alors c’est plus intéressant. C’est un peu le secteur évolutif de la recherche aujourd’hui.

C’est cette flore, elle est non seulement une vie. Non seulement elle digère les fibres, mais elle produit aussi ce qu’on appelle des métabolites. C’est à dire des substances qui vont venir nous aider à vivre normalement. Et en particulier c’est un axe... le fameux axe intestin-cerveau va être aidé grâce à la sécrétion de certains métabolites par notre flore intestinale qui vont venir à faire en sorte que les équilibres s’installent. Et quelquefois ce sont ces déséquilibres qui sont à l’origine de certaines dépressions.

X : Il y a cette idée, après je ne sais pas si vous voulez en parler quelques minutes, mais effectivement, il y a souvent cette idée assez de plus en plus connue en tout cas et qui se diffuse aussi de cette idée que notre ventre est notre deuxième cerveau et que la relation entre les deux est extrêmement importante, en fait.

D : L’expression « Le ventre est le deuxième cerveau », elle m’inquiète un peu parce que je ne vois pas trop… On ne peut pas comparer l’état des cellules nerveuses avec les intestins. Mais par contre la relation entre le cerveau et l’intestin, celle-là elle est très forte. C’est vrai qu’il va falloir la travailler. Là aussi encore une fois, c’est une phrase que j’aime bien exposer, délivrer, c’est lorsqu’on s’intéresse au microbiote comme un moyen de se soigner, un moyen de récupérer un bon état de santé, ça ne se fait pas du jour au lendemain. Ce n’est pas de l’aspirine, vous comprenez. Vous avez un mal de tête, une demi-heure après une aspirine et tout va bien !

Mais, on n’est pas là. Ce n’est pas… On est dans une médecine douce, et par définition, les choses vont doucement. C’est-à-dire que si vous entreprenez aujourd’hui un traitement important sur les microbiotes et sur le tube digestif, les résultats vous n’allez pas les avoir demain. Il faut bien attendre quelques jours, voire quelques semaines. Par contre, un petit peu de persévérance et tout peut aller bien.

X : Très bien. Eh bien, dans ce cas-là, on va conclure cette recommandation et sur cette pensée positive. Merci beaucoup Daniel.

D : Ecoutez, vous me direz si ça vous a apporté quelque chose !

X : Très bien ! Merci beaucoup.

D : À bientôt.

X : Au revoir.

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