Parlons Forme #008 : Améliorer sa santé grâce à la Wim Hof Method

C’est au hasard d’une publication Facebook et d’une vidéo YouTube que j’ai découvert la méthode Wim Hof.

Un livre plus tard, même si l’ouvrage en question n’est pas le plus digeste ni le mieux écrit, il a l’avantage de donner les bases de la pratique et de montrer qu’une personne « normale » peut tout à fait en appliquer les principes et en ressentir les bénéfices.

Je suis convaincu par la méthode et j’ai envie de tester tout cela sur moi-même. C’est ainsi qu’en plein mois de décembre je commence à prendre une douche froide chaque matin 🙂

Je commence aussi à intégrer dans ma routine matinale les sessions de respiration profonde afin de voir si cela peut m’apporter quelque chose.

Très clairement ces pratiques n’ont pas révolutionné mon quotidien ou ma santé, mais il faut dire qu’à la base je n’ai pas de « problème » ni de douleurs particulières qui auraient pu me servir « d’instrument de mesure » pour faire un avant / après.

Cependant, ce qui est sûr c’est que ces deux pratiques ont 3 bienfaits indéniables sur moi :

Le premier est que cela permet de largement casser ses croyances limitantes et de prendre conscience (ou de renforcer) cette croyance que notre corps est une machine capable de choses extraordinaires lorsque l’on en prend soin et/ou qu’on la sollicite comme il faut.

Oui oui, on se fait à l’idée de prendre une douche froide et on y trouve même du plaisir et du confort 😨

Oui oui, il est possible de rester plus de 3 minutes sans respirer alors que tu as vidé tes poumons 😤

Le deuxième avantage est le côté vivifiant et stimulant de la douche froide. Chaque matin je me sens parfaitement d’attaque pour commencer ma journée et j’ai même la sensation que ça me stimule intellectuellement.

Cet effet a d’ailleurs un tel effet sur moi que j’ai arrêté les douches froides le soir, j’ai eu l’impression que cela avait un impact sur mon endormissement qui avait tendance à se produire de plus en plus tard…

Le troisième effet est la sensation de bien-être et de sérénité que l’on peut ressentir après la séance de respiration profonde.

Un état de « zénitude » aussi bien physique qu’intellectuel et qui est finalement une introduction parfaite pour enchainer avec une séance de méditation (pour ceux qui ont le temps de faire la respiration + la méditation sinon les exercices de respirations peuvent, en eux-mêmes, être considérés comme une séance de méditation).

Face à de tels résultats, c’est tout naturellement que j’ai souhaité en savoir plus sur cette méthode et discuter avec Sébastien Payet, le premier français à avoir été certifié par la Wim Hof Method.

Sébastien nous parle des origines de la méthode et nous donne des conseils précieux pour pratiquer en toute sécurité.

Au cours de notre entretien nous avons mis le focus sur le côté « respiration », si vous souhaitez un « épisode 2 » où l’on parlerait des autres aspects de la méthode, manifestez-vous dans les commentaires ci-dessous ou via Facebook 😉

Je vous laisse découvrir tout ça… Bonne écoute !

Au sommaire du huitième épisode de Parlons Forme

Dans cet épisode vous allez découvrir

  • Qui est Sébastien Payet et comment a-t-il découvert la Wim Hof Method ?
  • Quels sont les 3 piliers qui constituent cette méthode ?
  • Quelles sont les contre-indications de cette méthode ?
  • Les retours d’expériences de Sébastien Payet sur la possibilité de rémission et d’évolution grâce à la Wim Hof Method
  • Les bienfaits de la méthode et en combien de temps peut-on ressentir les premiers bénéfices ?
  • Comment se déroulent les exercices de respiration de la Wim Hof Method en pratique ? Le travail est-il toujours le même pour tous les cas de figure ?
  • Que se passe-t-il dans votre corps lorsque nos poumons sont vides pendant un certain temps ?
  • Et beaucoup d’autres choses…

Télécharger le résumé de l’interview

Liens cités dans cet épisode

A propos de la photo qui illustre cet article

  • Photographe : Azur Diving William Rhamey
  • Modèle : Alice Modolo (vice championne du monde d’apnée en poids constant)
  • Commentaire de Sébastien : La raison pour laquelle je porte une combinaison (on me pose souvent la question), c’est qu’en situation de coaching, je reste très longtemps dans l’eau (ici, elle est à 3°) et que je porte tout mon focus sur mes coachés pas sur moi.

Merci pour votre écoute !

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Xavier : Bonjour Sébastien. Et merci de m’accompagner pour cet épisode de Parlons Forme.

Sébastien : Yes ! Bonjour à toi.

X : Pour commencer, est-ce que tu pourrais dans les grandes lignes, te présenter aux personnes qui nous écoutent ?

S : Yes ! Dans les grandes lignes : moi, c’est Sébastien Payet. Là, on est en entretien parce que je suis le premier français instructeur Wim Hof Method, qui est à l’heure actuelle un de mes outils. Parmi ceux que je fais, c’est-à-dire, principalement de la préparation mentale du sportif, du coaching et de praticien en hypnose, donc on va dire de la thérapie.

X : Du coup, est-ce que tu peux peut-être nous dire comment tu as découvert cette méthode ? La Wim Hof Method. Après, on rentrera plus en détail, mais est-ce que tu peux nous dire comment tu as découvert ça ?

S : Alors, la Wim Hof Method. Déjà très jeune, j’avais en attrait culturel, les arts martiaux. Les arts martiaux japonais entre autres. Et on a cette image un peu du maître japonais sous les cascades d’eau glacée ou dans des religions comme le shugendō. Avec des pratiques spirituelles et de développement de l’esprit de maîtres en arts martiaux sous des cascades d’eau glacée. Dans d’autres domaines, on les voit aussi avec des travaux de respiration parce qu’ils cherchent à développer leur potentiel humain. Donc, il y avait cet aspect-là qui m’attirait et qui était une petite une case de « je ferais ça un jour ».

Dans les années 2000, il y a une vidéo qui s’appelle Choke. Une vidéo qui suit un extrait de ju-jitsu brésilien. Une légende du ju-jitsu brésilien, Rickson Gracie. Et dans la préparation où l’on suit ce combattant sur des combats de MMA, qu’il pratique, on le voit faire des techniques de respiration, des techniques de yoga, de pranayama, et également des expositions à l’eau glacée. Donc, il explique les bienfaits pour lui dans sa préparation sportive. Donc, encore une fois, c’était un ajout à « un jour dans ma vie, je ferais ça ».

Ensuite, globalement, dans ma vie, je me suis intéressé à tout ce qui est dépassement du potentiel humain. Moi, ce qui me passionne, c’est tout ce qui est au-delà de ce qu’on pense que l’humain est capable de faire. Dont par exemple, les rapports à la nature. Ce qui est exploration polaire, tout ce qui est sport, appelé communément « sports extrêmes »... Tout ce qui est utilisation du mental et de l’esprit pour aller vivre nos rêves et pour gérer et dompter nos peurs.

Et un jour, je suis tombé sur quelqu’un qui se promenait en short à 2000 m d’altitude, dans la neige. Évidemment, je suis allé immédiatement le voir. Là, il m’a parlé d’un Dutch qui faisait une méthode, qui est un peu un personnage. Et je commençais à m’intéresser, à regarder ce personnage. Et c’est là où je suis tombé sur The Iceman, donc Wim Hof, et la Wim Hof méthode. À partir de ce moment-là, je me suis lancé dans ce qui plus tard est devenu une passion et une de mes activités professionnelles à l’heure actuelle.

X : OK. Alors, tu n’es pas le biographe officiel de Wim Hof, mais peut-être si tu t’es intéressé à son parcours et à sa pratique, est-ce que ça ne paraît pas à première vue supernaturel, l’idée d’aller potentiellement se rouler dans la neige ou de monter des montagnes en short ? Est-ce que tu peux partager avec les auditeurs, un peu du parcours de Wim Hof ? Si tu le connais.

S : En fait, pour Wim, ce qui se passe, c’est quelqu’un qui était toujours en quête de connaissances. Un peu ce je disais, là, pour moi-même. C’est-à-dire, il y a des points de regroupement du potentiel humain et il est allé chercher du côté du bouddhisme, du taoïsme, du yoga... C’est un grand pratiquant de yoga.

Et un jour, il a 17 ans et il a un appel pour l’eau glacée. Il est en train de se promener au bord d’un canal, et il décide de se jeter, pris d’une impulsion subite dans un canal, dans l’eau glacée. Là, il a une révélation, donc il devait passer 30 secondes, une minute, je ne sais pas, mais il a vraiment une révélation de cet outil et il comprend certaines choses. Et à partir de ce moment-là, il se met à y retourner régulièrement.

L’impact de l’eau froide sur lui l’amène à voir des modifications de sa respiration. Là, il se met à étudier plus en détail la respiration, ce qui l’a amenée ensuite sur un cheminement de quêtes, d’études, de rapprochement avec diverses disciplines. On peut parler du Tummo, on peut parler du Pranayama. Et au final, pour en faire, ce que moi je considère être une vulgarisation de ces pratiques. C’est-à-dire une façon de le partager de façon simple, puissante et efficace à un large public.

Donc au départ, c’était un pratiquant qui cherchait des réponses. Ensuite, dans ses pratiques, il s’est mis à faire des records.

Il a d’abord été connu, et son surnom « The Iceman » est venu d’un jour où la télé était là pour le suivre. Quelqu’un tombe dans l’eau glacée et Wim va le sauver, et sauve la vie de cet homme-là. Et on lui a donné le surnom « The Iceman ». Ensuite, à partir de là, il est parti sur la production de records, différents records. Il a 21 records au Guinness et 26 records du monde au total dans différentes disciplines, la plupart du temps liées au froid.

Donc, c’était un peu sa façon de vivre et de faire connaitre ce qu’il faisait. Jusqu’au moment où suite au décès de sa femme, il se met à se poser beaucoup de questions et se dire que sa méthode permettrait de travailler, reprendre pied après des dépressions sévères, par exemple. Et à partir de ce moment-là, il se met à partir sur une méthode à partager pour apporter des choses aux gens.

Si je poursuis un petit peu sur l’historique, il développe ses capacités à lui, il commence à être le sujet d’étude médicale. Mais sur uniquement une personne, pour le monde médical, ça n’a aucune valeur. Jusqu’à, c’est très récent, 2014, l’expérience de Radboud University, où là, on a pu tester ce qu’il disait sur un panel de cobayes, de tests. À partir de ce moment-là, ça a vraiment validé que sa méthode pouvait être une aide efficace pour améliorer le confort de vie de pas mal de personnes. Et c’est là où il est vraiment rentré en mission d’offrir sa méthode au monde.

Voilà pour son historique perso du départ jusqu’au moment où c’est devenu une méthode offerte au monde.

X : On l’a déjà évoqué pendant les cinq premières minutes : on a parlé de respiration, on a parlé de froid. Est-ce que tu peux nous parler dans un premier temps, des piliers qui constituent cette méthode-là ? Et puis, on fera un focus un peu plus précis.

S : Yes ! Alors, c’est vrai que la Wim Hof Method, c’est trois piliers. C’est le pilier respiration. Donc, une respiration « contrôlée et forcée », on dira (on y reviendra). Ensuite, il y a le pilier exposition au froid. Qui se fait principalement par des bains d’eau glacée, mais il y a toutes autres solutions. Et le dernier pilier, qui est la partie mentale dans ce que l’on appelle le « mindset » ou le « commitment ». Qui est l’engagement mental à la réussite de ce que l’on veut réaliser. Et la Wim Hof Method, c’est vraiment l’association de ces trois piliers qui forment cette méthode.

X : Du coup, est-ce qu’on est obligé dès le départ de suivre ces trois piliers ou c’est quelque chose qu’on fait au fur et à mesure ?

S : Tout peut être mixé. L’idéal, c’est la synergie des trois, qui donne le meilleur résultat. Le mindset et le mental, lui, de toute façon, il sera là en permanence. Maintenant, pour ma part, par exemple, je propose des formations où on ne voit que la partie respiration pour justement mettre un focus sur cette partie-là et ne pas le vivre dans la même journée que l’exposition au froid.

Donc, on peut très bien dissocier les deux pratiques froid et respiration. Même si bien sûr, la synergie des deux, c’est ce qui crée cette méthode et qui donne l’intérêt de cette méthode.

X : OK. Du coup, ça tombe bien parce que je te propose qu’au cours de ce podcast, on fasse un focus sur la respiration. Parce qu’à mon avis, c’est ce qui paraît le plus accessible aux personnes qui vont nous écouter. Et ce qui fait sûrement le moins peur.

D’ailleurs, je trouve que c’est quelque chose qui est vraiment très appréciable dans cette méthode, c’est que c’est vraiment accessible à tout le monde. Et à priori, toutes les personnes qui nous écoutent sont capables de respirer et peuvent trouver quelques minutes dans leur journée pour le faire. Donc, tu vas nous le confirmer, mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas de contre-indication. En tout cas, pour la partie respiration.

S : Alors, si, il y a quand même quelques contre-indications. Les contre-indications sont de l’ordre d’antécédents connus d’épilepsie, par exemple. Sur d’autres domaines, en cas de doute, il s’agit juste d’aller voir son médecin traitant et de demander. Ensuite, les contre-indications seront de l’ordre « psychique », je dirais.

Tout antécédent connu de psychose, par exemple, peut amener à une contre-indication ou une pratique à faire de façon très encadrée. Cette respiration va toucher en profondeur les structures de l’être, donc une fragilité psychique avérée serait une contre-indication à la pratique.

X : D’accord. Bon, bah, écoute, j’ai bien fait de poser la question. Pour la partie exposition au froid, est-ce qu’il y a aussi des contre-indications ?

S : On a le syndrome de Raynaud et la maladie de Raynaud, qui sont des contre-indications officielles pour le moment. Même si ça pourrait être une réponse, mais il faut avancer très prudemment. Ensuite, d’un point de vue cardiaque : des connaissances de fragilité cardiaque, qui, pareil, demanderait d’être en lien avec son médecin traitant ou son cardiologue pour savoir si l’effort que ça demande au système cardio-vasculaire pourrait poser un souci. Voilà.

X : OK. Bon, bah, voilà ! Comme ça au moins, les bases sont posées et les gens savent à quoi s’attendre en nous écoutant.

S : Voilà. Moi, ce que je dirais, c’est : si quelqu’un est en parfaite santé, du coup il peut pratiquer sans problèmes. Dans le moindre doute, il faut déjà aller voir son médecin, en parler et voir si pour le médecin, ça pourrait poser un souci ou pas. Tout simplement pour pouvoir commencer à pratiquer sereinement derrière.

X : J’ai vu et lu pas mal de témoignages sur cette méthode de respiration, notamment, qui vont être très inspirants. Et notamment, tu dois le connaitre, et je mettrais un lien vers la vidéo parce que je sais qu’elle est disponible sur YouTube, c’est un reportage qui avait été fait du cadre d’Envoyé Spécial. Où ils parlaient de la méthode et ils apportaient le témoignage de cet homme qui souffrait de polyarthrite rhumatoïde et dont le corps était tellement douloureux qu’une simple main sur son épaule, c’était insupportable pour lui. Il a suivi la méthode pendant quelques jours, il l’a appliqué pendant, je pense, quelques semaines ou quelques mois, et du coup, aujourd’hui, on peut dire qu’il revit, littéralement. Ma première question, c’était de savoir si tu as toi-même été témoin de ce genre de rémission ?

S : Oui, oui. J’ai des évolutions. Des gens qui me disent avoir vraiment des gros gains en confort. Notamment sur des maladies de Lyme, par exemple. Avec des gens qui en arrivaient à avoir des difficultés à marcher. Et qui étaient étonné de ce qu’ils faisaient pendant le weekend de formation avec moi. Par exemple, à se retrouver à faire des choses où ils se disaient « ça, ce n’est pas possible de le faire » et de voir de grosses évolutions sur ce sujet. Avec une meilleure gestion des douleurs et une reprise de mobilité et de confort de vie derrière. Donc, tout à fait.

X : Et au-delà de ces cas un peu plus extrêmes, est-ce qu’il y a un intérêt, il y en a un, mais tu vas peut-être nous dire lesquels, à suivre cette méthode-là si on est pas particulièrement malade, si on n’a pas particulièrement de douleurs ou quoi que ce soit ?

S : Oui, tout à fait ! C’est même, ma spécialité. Il y a effectivement les parties de soin, de retrouver un confort de vie par rapport à des difficultés qu’on peut avoir au niveau santé, qui peuvent être éventuellement une réponse. Mais en même temps, c’est surtout une méthode. Moi, j’ai souvent une orientation coach et amélioration de la performance. Notamment avec des sportifs. Donc, il y a le domaine des sportifs pour améliorer la performance.

Ensuite, au quotidien, sur tout challenge de vie, déjà, il y a une base de gestion du stress, qui est un élément qui de nos jours touche beaucoup de monde. Des idées de centrage qui permettent d’être beaucoup plus clairs sur nos envies, sur nos motivations profondes, sur comment on veut vraiment voir dérouler chaque journée. Donc, une base de clarté. Ce qui est bénéfique à tout le monde. La respiration. La respiration, qui est quand même à la base de tous nos systèmes, que ce soit psychique ou physique/physiologique. Et donc, apprendre à mieux respirer, à mieux écouter sa respiration. Ensuite, tout ce qui est gestion de son énergie au quotidien.

Et dans les deux sens du terme. C’est-à-dire quand on est un peu trop activé, un peu trop stressé, apprendre à se relâcher et se détendre. Ou à l’inverse, dans des moments de fatigue, apprendre à se booster, à se potentialiser et à avoir exactement le niveau d’énergie qui convient à l’action en cours qu’on veut mener.

Donc pour moi, il y a vraiment tout le monde qui a un bénéfice à aller apprendre cette méthode, ouais.

X : D’accord. Tu as parlé de différents cas de figure, c’est le même type de respiration que l’on va faire si on est stressé ou si on est fatigué ?

S : Non. Après, il va y avoir des variations. C’est la même base.

On a une base de respiration Wim Hof Method. Ensuite, on va avoir des variations et des adaptations à ce qu’on met en place. Et c’est également là où la partie mindset, commitment, l’engagement mental, oriente le travail qu’on va réaliser avec la respiration.

X : Si on commence à se lancer dans cette pratique-là, il faut compter à peu près combien de temps pour sentir les bénéfices ?

S : Sur certains bénéfices, ce sera sur un weekend. Si on prend l’exemple de l’exposition au froid. Et c’est ça que je trouve génial dans cette pratique, c’est ce que c’est un exploseur de croyances. La plupart du temps, les gens, ils arrivent et ils se disent : « Je ne vais pas pouvoir le faire », et cinq minutes après ou une heure après, ou à la fin de la journée, ils l’ont fait et ils ont eu un sourire à le faire.

Donc, pour moi, à ce moment-là, il y a énormément de croissances limitantes qui volent en éclat de tous les éléments dans la vie où l’on se dit : « Je ne suis pas cap de le réaliser ». Et on comprend qu’il suffit de transférer ce que l’on a appris dans le bain d’eau glacée à tous nos challenges dans la vie.

Pour la respiration, c’est pareil. Il y a certains éléments, surtout lorsqu’on pratique sous l’œil d’un instructeur qui va nous amener à pousser loin dans la pratique, plus que quand on commence par pratiquer par soi-même : sur une séance, on peut déjà avoir de nouvelles compréhensions de son être. Des révélations, des gens qui sortent de là en disant : « Ah bah tiens, je me rends compte qu’en fait je n’ai jamais appris à respirer. »

Donc, dès les premières pratiques, on peut voir certains changements. Ensuite, de façon globale, je dirais qu’en deux semaines d’une pratique quasi quotidienne, les changements sont significatifs.

X : Et peut-être pour mettre un peu de contexte auprès des auditeurs qui nous écoutent : tu parlais justement de l’étude (je ne sais plus le nom que tu as donné) sur un groupe de personnes qui avaient été entraînées par Wim Hof. Si tu peux nous en dire un peu plus sur cette étude-là pour montrer le potentiel de la pratique.

S : Tout à fait. Cette étude est super intéressante et elle marque vraiment un marqueur dans la méthode. C’est Radboud University en 2014.

Avant de parler de cette étude, je parlerai d’une autre identique, mais qui était d’abord avec Wim et uniquement Wim. C’était en 2007 ou 2008. Dont l’idée, c’est que l’Université qui a mené l’étude a injecté l’E.coli. Pourquoi l’E.col ? C’est parce que c’est une endotoxine connue du monde médical et on sait exactement ce que ça génère chez quelqu’un. Sur l’étude, il y a eu 114 personnes qui ont été injectées pour servir de témoins, de base de référence. Et on a donc inoculé à Wim cette endotoxine avec des techniques dont lui, il mettait en place ses techniques de respiration.

On s’est rendu compte que déjà, il n’avait aucun symptôme, quasiment rien, en tout cas de ce qui est décrit normalement, et en même temps, une suppression des facteurs d’inflammation. Donc, c’est des marqueurs que l’on peut voir, des protéines marqueurs d’inflammation dans le corps. Et on voyait au niveau de sa biochimie sanguine, une libération inhabituelle d’adrénaline et noradrénaline. Et en même temps, une suppression de ses facteurs inflammatoires. Mais comme il s’agissait d’une étude sur Wim, et uniquement sur Wim, pour le monde médical, il fait partie du pourcentage de personnes qui ne réagissent pas de façon normale.

Wim disait : « Ce n’est pas ce que je suis, c’est ce que je fais. Donc, si les gens font le même entraînement que moi, ils pourront avoir les mêmes résultats. » Mais pendant plusieurs années, personne ne donnait crédit à ce que proposait Wim.

Donc, il y a cette université, Radboud University, qui vient chercher Wim et qui dit : « OK. On veut tester ce que tu dis, on va mettre en place un protocole médical d’expérimentation. Combien de temps il te faudrait pour former des gens pour qu’ils puissent se présenter à l’expérimentation ? Est-ce qu’il te faut 10 mois, est-ce qu’il te faut un an ? » Et Wim répond : « Non, il me faut juste 10 jours ».

Donc, il y a un protocole qui est mis en place, et c’est uniquement sur 10 jours. Et en réalité, sur les 10 jours, il y a que 4 jours de présentiel avec Wim. En fait, il y a 4 jours de présentiel avec Wim, 6 jours de « devoir à la maison » des sujets. Et qui lors de l’expérimentation, donc les 12 entraînés par Wim, il y en a un, je crois, qui a eu légèrement mal au crâne, et les autres n’ont présenté aucun symptôme.

C’est super intéressant de relever qu’en uniquement en 10 jours d’entraînement, ces gens se font inoculer E.coli et présentent des résultats complètement différents des témoins cobayes non entraînés. Et on retrouve la même chose qu’on a retrouvée chez Wim. C’est-à-dire : libération de certaines hormones avec comme tête de pont hormonale adrénaline, noradrénaline, et une suppression des facteurs inflammatoires. Tout comme Wim quelques années auparavant.

X : Du coup, est-ce qu’on en sait un peu plus sur pourquoi ce phénomène se produit, là, chez les gens qui suivent cet entraînement-là ?

S : Il y a pas mal de sujets qui sont encore en études, mais là, ça ouvre des portes. C’est surtout ce qui intéressant pour le moment. Ce n’est pas tant quelles sont les réponses qui ont été apportées, mais quelles sont les nouvelles questions qui sont posées au monde médical.

Dans la formation des médecins aux États-Unis, les docteurs en médecine aux États-Unis par exemple, il y a un chapitre qui aborde ce sujet et cette expérience. Parce qu’en fait, ça redéfinit une notion, « le système nerveux autonome », qui n’est peut-être pas aussi autonome qu’on le pensait et où par certains process, on peut arriver à impacter. Et en gros, sur commande et avec un certain type de pratique, pouvoir agir et libérer certaines hormones et donc cette réduction des facteurs inflammatoire.

Donc, pour le moment, on est vraiment à l’heure des nouvelles questions posées. Il y a des études qui tombent, ça commence en ce moment. L’année 2018 devrait être assez riche en résultats d’études. Mais voilà, ça avance forcément lentement parce que les protocoles médicaux sont quand même très techniques et longs à mettre en place.

Voilà. Pour le moment, ce qui est intéressant, c’est surtout les nouvelles posées, plutôt que les réponses, qui elles, arriveront petit à petit.

X : Ça marche. Maintenant qu’on a parlé des bénéfices et du fait qu’à priori, c’est quand même accessible à une grande partie de la population, on peut peut-être se poser la question de : concrètement, comment on fait ? Sachant que, comme on l’a dit, on va mettre un focus sur le côté respiration dans un premier temps. Parce que ça paraît le plus accessible à tout le monde.

S : De façon globale, la respiration de base telle qu’elle est transmise quand on transmet à distance, parce qu’après, il va y avoir énormément de subtilités, la respiration et la Wim Hof Method à la base, c’est quand même une histoire de transmission directe. Mais pour pouvoir l’offrir à un grand public, il faut bien des adaptations pour que ce soit facilement transmissible. Par vidéo ou par l’objet d’un podcast comme celui qu’on fait là.

Donc, on va prendre des bases simples. Mais retenez que ce sont les bases.

L’idée, en fait, c’est d’amener à une modification de sa biochimie sanguine, qui passe avant tout par une forte diminution du CO2. On va saturer en oxygène, mais surtout très fortement diminuer en CO2. Ça va être un certain nombre de respirations contrôlées, forcées, importantes, où on va remplir complètement ses poumons. Le souffle, lui, il est juste relâché, on porte l’attention et l’intention sur l’inspire.

Donc, un inspire puissant, une respiration cyclique, et on va faire un certain nombre des ces cycles ventilatoires. En général, on parle de 30-40. C’est là où il y a vraiment des subtilités, mais pour transmettre facilement, on va dire 30-40. Au bout de ces 30-40 cycles ventilatoires, on va prendre une bonne inspire, puis vider complètement ses poumons sans forcer. On ne cherche jamais à forcer dans la méthode. On vide complètement ses poumons, et on va partir sur une rétention, une apnée poumons vides. C’est la première partie.

Apnée poumons vides qu’on va chercher à maintenir le plus longtemps possible, toutefois sans trop forcer non plus. Au moment où le besoin de respirer devient important et vraiment pressant, on va prendre une bonne rétention, apnée poumons pleins, et là on va garder 15-20 secondes poumons pleins.

À ce moment-là, on a fait un cycle. Et il va s’agir de répéter. Quand on débute, on va répéter deux ou trois fois ce cycle. Et ensuite, on va le répéter quatre ou cinq fois.

Voilà pour la base même de la respiration.

X : Donc, on fait deux ou trois cycles de 30 à 40 respirations chacune ?

S : C’est ça. Avec les deux rétentions. D’abord, poumons vides qu’on maintient aussi longtemps qu’on veut. Ensuite, poumons pleins qu’on maintient une vingtaine de secondes à peu près.

X : Est-ce que le chiffre de 30 à 40, c’est un chiffre minimum ou est-ce qu’en fonction du ressenti des gens, ils peuvent éventuellement faire moins ou faire plus ?

S : Tout à fait. Là, ce chiffre, il est uniquement pour la transmission à un grand nombre de personnes de façon simple et évidente. Ensuite, en réalité, il s’agit d’adapter. Il n’y a pas de raison pour que ce soit 30 pour toi et pour moi. Il n’y a pas de raison pour que ce soit 30 le matin et l’après-midi. En ayant mangé, sans manger, en étant stressé, en étant détendu, en ayant chaud, en ayant froid... Bref, on travaille sur du vivant. Et le vivant, ça se joue dans l’instant, donc bien évidemment, en réalité, il s’agit d’écouter les sensations que notre corps nous donne.

X : D’accord. Du coup, ces sensations-là, parce que j’ai peu pratiqué, mais il doit y en avoir d’autres, c’est les sensations de parfois la tête qui tourne un peu ? De picotement dans les doigts ? Et puis, moi, j’ai ressenti aussi des frissons un peu dans l’ensemble du corps.

S : C’est ça. Tout à fait. Ce que tu décris, là, c’est des retours très courants. On a des fois des retours qui sont très personnels en individu, mais on a effectivement une gamme de retours assez réguliers. On a les picotements dans les doigts, les fourmillements, on a des petites contractions musculaires. On peut avoir effectivement des changements de perception de la température, des tremblements du diaphragme, on peut avoir des grésillements, bourdonnements ou acouphènes pour la partie audition. Effectivement, la tête qui tourne.

Donc on a tous ces signes et manifestations physiologiques qui nous montrent qu’on est en train de changer notre biochimie sanguine à ce moment-là, et c’est ce qu’on est clairement en train de faire.

X : Du coup, quand on a ces signes-là, on peut s’arrêter au niveau de ce cycle-là ou il faut malgré tout continuer un peu plus ?

S : Alors, là, au moment où l’on a ces signaux-là, après ça va dépendre de qu’est-ce qu’on travaille, de comment travaille, on peut chercher à attendre que les signaux soient très importants, voire même impressionnants, ou l’on peut partir sur les rétentions dès que les signaux sont présents. Avant de partir dans ces rétentions, ça, c’est le premier cycle. Et ensuite, on enchaîne comme ça sur les différents cycles.

Ta question, par contre, m’amène à un point que je n’ai pas abordé en premier, qui pourtant devrait être le point à aborder en premier. C’est les « safety warnings », le disclaimer. Là, bah, pour ceux qui nous écoutent, la base avant de pratiquer est évidemment de le faire en pleine sécurité. En pleine sécurité, ça veut dire : toute activité dans laquelle aucun risque n’est impliqué.

Jamais en présence d’eau, par exemple. On ne pratique pas la Wim Hof Method dans l’eau. Et en fait, l’idée, c’est de le faire assis ou allongé dans un environnement safe.

Lorsqu’on pratique, si on s’amuse à pousser un petit peu, on peut tout à fait perdre connaissance. Ce qui, si la sécurité est assurée, ne pose pas souci. Bien évidemment, dans certains cas, ça pourrait être dramatique.

Donc ça, c’est vraiment un élément à prévoir, c’est : je pratique la Wim Hof Method, je le fais posé, en pleine sécurité.

X : J’avais aussi un point, qui était de savoir si ça a une importance ou pas le fait de respirer par le nez ou par la bouche ou d’alterner les deux ?

S : Si on demande à Wim, il dit : “You breathe by whatever holes you want”. Donc, en gros, je ne vais pas traduire, mais tu fais comme tu veux. Moi, j’invite toujours quand je forme à passer de l’un à l’autre pour apprendre à faire les deux voir ce qui nous convient le mieux.

Très souvent, par la bouche, c’est beaucoup plus puissant et intense. On peut aller beaucoup plus loin en intensité. En même temps, quand on le fait beaucoup par la bouche, ça a tendance à dessécher la bouche, ce qui n’est pas forcément agréable. Donc on peut avoir envie de basculer sur le nez sur un cycle. À l’inverse, des fois, on veut faire sa respiration, on a le nez bouché, donc forcément, il faudra le faire par la bouche.

J’invite vraiment les gens à tester les deux, à passer de l’un à l’autre, et à tester régulièrement. On peut à certains moments préférer le faire par le nez, à d’autres moments préférer le faire par la bouche. Bref, amusez-vous !

D’ailleurs, c’est un point important : prenez du plaisir à le faire. Quand on pratique la Wim Hof Method, mon meilleur conseil, c’est de toujours terminer avec un sourire. Ça n’empêche pas de commencer dès le départ avec le sourire. Et de jouer avec tout ça. Donc, jouer avec le nez, la bouche, voyez ce qui vous convient, à vous, le mieux.

X : Est-ce qu’il faut chercher « une performance » lorsqu’on retient sa respiration les poumons vides ? Est-ce que c’est intéressant et nécessaire de se chronométrer pour se dire qu’on a fait 1 min, 2 min, 3 min et voir sa progression au fil des semaines ? Ou est-ce que ce n’est pas forcément quelque chose qu’on doit chercher ?

S : Non. Moi, je dirais que ce n’est pas du tout quelque chose qu’on doit chercher. En même temps, dans la méthode en ligne, par exemple, où Wim invite des fois à prendre un chrono. Mais là, l’idée, c’est juste de réaliser qu’on est capable de faire des choses qu’on ne pensait pas être capable de faire.

Donc, quand quelqu’un fait au tout début de sa pratique une apnée de 30 secondes et qu’au bout de deux semaines, il tient 3 min, ça va marquer le « Waouh, je ne pensais pas être capable de faire ça, je le fais maintenant ». Voilà l’intérêt. L’intérêt, c’est juste de se surprendre. Par contre, au-delà de ça, il n’y a absolument aucun intérêt à aller chercher de la performance.

Ce n’est pas de la préparation à l’apnée, le but n’est pas de s’entraîner pour faire du statique en freediving. C’est deux disciplines qui n’ont rien à avoir. L’idée, c’est plutôt la qualité de ce qu’on va faire et de ce qu’on va vivre à ce moment-là plutôt que le temps que l’on va faire. Qui est juste un chiffre, en fait.

X : Et est-ce que malgré tout, de par ton expérience, il y a une progression quand même qui se fait en général avec le temps ou pas forcément ?

S : Moi, ce que j’ai pu voir, c’est une forte progression pour des gens qui vont pratiquer de façon régulière. Une très forte progression les 3-4 premières semaines, et ensuite un plateau. Voire même, ça redescend derrière.

X : OK. D’accord. Donc, vraiment, cette idée de performance, ce n’est pas quelque chose à aller chercher.

S : Non, ça n’a rien à voir avec la méthode. La performance amènerait à forcer, et l’un des concepts de la méthode, c’est : on ne force pas. Ensuite, il y a tellement d’éléments en jeu. La qualité de l’alimentation, la qualité du sommeil, etc. impactent directement les temps de rétention. Donc, on peut être surpris d’avoir des temps de rétention qui changent énormément d’une semaine à l’autre, mais c’est peut-être juste parce qu’on a dormi différemment, parce qu’on a des pensées différentes, parce qu’on a mangé différemment.

X : En tout cas, pour revenir sur ce que tu disais sur le fait d’être étonné de sa capacité, c’est une expérience que je peux aussi partager parce que je l’ai vécu. Ce qui est particulièrement étonnant, je ne pense pas l’avoir suffisamment fait pour avoir une évolution dans le temps, mais c’est vraiment cette évolution qu’il peut y avoir au cours d’une même séance. Ou entre la première série et la troisième série. Et même, dès les premières séances, au bout de la troisième série, j’étais capable de rester, je ne sais plus, pas loin des 3 minutes sans respirer alors qu’effectivement, je n’avais plus d’air dans mes poumons.

S : Ouais, là, on se découvre souvent, et c’est la surprise des gens : d’être capable de tenir aussi longtemps sur une rétention à poumons vides, qui effectivement est vraiment hallucinant.

X : Je sais que j’avais une sensation un peu bizarre, notamment sur la première série. Et ça, ça a été répété plusieurs fois, donc c’est pour ça que je te pose la question. En fait, sur la première série, quand je retiens ma respiration, je sens très rapidement le besoin de re-respirer parce que j’ai vraiment une pression au niveau des tympans et ce n’est pas agréable.

S : Tu veux dire, par rapport aux séries d’après où ça passe et où tu le vis différemment ?

X : Ouais, par rapport aux séries d’après où finalement, ça passe beaucoup plus.

S : Déjà, il y a un élément d’une série à l’autre, surtout entre la première et les autres, c’est la décharge du CO2. Le CO2, c’est le trieur, le déclencheur de la respiration. La plupart des gens ont tendance à penser que c’est le manque en oxygène qui nous fait respirer. En fait, non, c’est la concentration en CO2. Et sur le premier cycle, en général, on n’a pas encore vraiment déchargé en CO22 comme on peut y arriver au bout du deuxième, troisième cycle. Donc, c’est un élément qui donne le bond en avant de temps de rétention entre le premier et admettons le troisième ou quatrième cycle, par exemple.

X : D’accord.

S : Ensuite, sur d’autres manifestations qui peut y avoir, il y a aussi que quand on part sur son premier cycle, il y a la transition de ce qu’on faisait avant, des pensées qu’on avait en tête avant, etc. Les pensées et le cerveau, c’est un gros consommateur d’énergie et d’oxygène. Et quand on en est à son deuxième, troisième cycle, on est dans un état d’esprit différent. On a déjà une espèce de lâcher-prise, de détente et qui amène au corps un fonctionnement bien plus efficace et bien plus économe. Ce qui permet d’avoir des sensations différentes, des manifestations différentes, et des temps de bien-être en apnée énormément en progression par rapport au premier cycle. Parce qu’on est vraiment rentré dans cet état de relâchement, propice à cette économie.

X : Ces exercices de respiration, est-ce qu’on peut les considérer comme des moments de méditation ?

S : Complètement. Dans la méthode, on invite à terminer après ça par un moment de méditation. Mais les exercices eux-mêmes sont des espaces méditatifs, et je dirais même : des espaces d’ouverture de transe. De transe en profondeur, d’ailleurs, sur notamment les espaces de rétention. Où on passe dans des orientations de discussion entre conscient-subconscient qui change de l’ordinaire et du quotidien.

X : Il y avait un autre point aussi. Je trouvais que c’était « pas très pratique », mais je ne sais pas, si ça se trouve, ça fait aussi partie de l’exercice, mais le fait de devoir compter ses respirations les unes à la suite des autres, je trouve ça pas forcément très facile à suivre. Notamment quand on a les petits effets secondaires dont on a pu parler. Et du coup, plutôt que de compter un nombre de respirations, est-ce qu’on peut se baser sur un chronomètre ou sur quelque chose comme ça ?

S : En fait, il y a une base, c’est les sensations. C’est le corps. Encore une fois, les chiffres sont donnés parce que c’est un moyen pratique de partager la méthode à distance. Moi, dans mes coachings en live, je dis en général à mes coachés : les chiffres, vous pouvez les prendre et les mettre à la poubelle. On travaille sur l’humain qui change en permanence, donc il s’agit juste d’écouter ses sensations et d’apprendre à développer cette subtilité d’écoute de ce qui se passe à l’intérieur de nous.

Donc, pour ma part, les chiffres et les chronos, ça n’a rien à faire dans la pratique. C’est vraiment apprendre à s’écouter et c’est ton corps, tes sensations et tes objectifs qui te disent et qui te donnent le moment de partir sur les rétentions. Personnellement, je ne compte absolument rien.

X : D’accord. Donc, ça permet d’avoir un cadre au début pour commencer, mais effectivement après, on lâche prise aussi là-dessus.

S : Complètement. Après, ça va dépendre de l’objectif et de quelle façon on pratique. Par exemple, je disais, la pratique se fait en sécurité, assis ou allongé, donc là, moi, je parle de pratique formelle. Et sur cette pratique formelle, on peut vouloir expérimenter le fait d’aller loin dans l’exercice, de pousser et d’aller chercher avec intensité, à s’ouvrir un espace à l’intérieur de nous-mêmes. Maintenant, si je pratique juste avant d’entrer dans ma salle de sport, admettons que je m’assois dans un parc public, sur un banc public pour faire un peu de respiration, c’est évident que je ne vais pas pratiquer avec le même niveau d’intensité que quand je le fais chez moi.

C’est là où il va y avoir la grande différence. Quand je pratique en situation, ou dans un domaine de préparation au sport, je vais partir sur ma rétention dès que j’ai les premières sensations qui arrivent. Et mes rétentions, je vais chercher à les limiter. Quand je pratique tranquillement chez moi, les sensations, j’attends le moment où elles deviennent impressionnantes, et les rétentions, je les maintiens aussi longtemps que possible.

Donc, c’est vraiment deux facettes différentes entre la facette exploratoire chez soi et la facette en application, en action, en concret dans le quotidien.

X : Est-ce qu’on sait ce qui se passe dans le corps quand on reste comme ça aussi longtemps finalement sans oxygène dans les poumons ? L’oxygène est partout dans le système sanguin, je suppose. C’est ça ?

S : Ce qui est intéressant, c’est que la saturation, par exemple en oxygène, lorsqu’elle atteint 100, elle est à son maximum. Donc, là, je parle de saturation sanguine, c’est-à-dire la capacité ou le nombre d’hémoglobines qui captent les molécules d’oxygène. Maintenant, au-delà de ça, c’est une étude qui est en cours sur Wim, sur la notion de saturation des tissus. C’est-à-dire que ces techniques, à priori, amènent à une saturation tissulaire en oxygène.

Je ne peux pas en dire beaucoup plus, c’est juste quelques insights comme ça que j’ai sur une étude en cours. Et là, encore une fois, c’est vraiment le monde médical qui donnera ses révélations sur le sujet. Il y a énormément de choses qui rentrent en jeu. En fait, on est dans un domaine complexe d’échange sanguin, et il y a des myriades d’effets sur tout ce qui est physiologie au sens très large du terme.

X : En tout cas - c’est peut-être plus pour rassurer une personne qui voudrait découvrir la méthode - à aucun moment son corps ou son cerveau ne se retrouve en manque d’oxygène et à un risque quelconque ?

S : Non. Là-dessus, on pourra voir des liens que tu pourras peut-être mettre en dessous. Il y a des études qui ont été faites sur les cerveaux des alpinistes par exemple, des freedivers, qui eux vont pousser bien plus loin que ce qu’on fait nous. Et qui eux sont justement dans une recherche de performance. Il y a le cerveau de Guillaume Nery par exemple qui a été étudié. Guillaume Nery qui est l’un des leaders français ou mondiaux de l’apnée.

C’est des domaines qui sont étudiés. Il y a une étude qui a été faite sur les judokas sur les étranglements. Donc, des étranglements sanguins avec des pertes de connaissance, mais pour le coup de façon très brutale. Et où il y avait vraiment d’autres domaines qui rentraient en jeu par rapport à nous.

Donc, pour nous, le rapport-bénéfice-risque potentiel, il est largement en faveur des bénéfices.

X : Tout à l’heure tu as évoqué le fait de faire de la respiration avant d’aller au sport, et je sais que tu accompagnes des sportifs de haut niveau lors des stages que t’organises.

Je me souviens aussi que, je ne sais plus si je l’ai lu ou si je l’ai vu, en gros, la méthode encourage lorsqu’on a les poumons vides de faire des pompes. Et je n’ai jamais bien compris le pourquoi.

S : Il y a plusieurs intérêts. Le premier intérêt, c’est encore une fois, de se bluffer. Wim aime bien démontrer cette idée de « t’es capable de faire beaucoup plus que ce que tu crois ». Donc, exploser ton record de pompes en apnée poumons vides alors que tu pensais ne pas en être capable, c’est déjà un révélateur de : il y a plein de choses en fait où l’on met des barrières à notre potentiel et notre potentiel est bien plus important que ce qu’on croit. Ça, c’est un premier effet.

Ensuite, il va y avoir des variations entre poumons pleins et poumons vides sur les pompes pour ce qui est de ou booster son système ou aller retrouver une capacité à retrouver une forme générale.

Maintenant, en même temps, moi je ne le partage pas par exemple dans les formations parce que ça va à l’encontre de quand on pratique de le faire en sécurité. Et des pompes en apnée, il y a quand même un risque de perdre connaissance et de se casser le nez. Et tout simplement aussi, par rapport au fait où l’on va se retrouver à pouvoir faire un nombre de pompes extrêmement important par rapport à ce dont on a l’habitude, c’est aussi un risque de les faire avec une exécution non correcte et de se retrouver avec... J’ai des retours de tendinite au cou, ou autre.

Pour ma part, je trouve ça intéressant à faire une fois pour se bluffer. Ensuite, ce n’est pas forcément un axe de travail que j’ai. Ce n’est pas un des exercices que je partage.

X : Est-ce qu’au-delà de ça, au-delà de cet effet, pour les sportifs et les gens qui pratiquent une activité physique plus ou moins intense, mais qui font ça régulièrement, la respiration a aussi des bénéfices sur les performances ou sur la récupération, par exemple ?

S : Complètement. Moi, c’est un élément qui est vraiment important, qui me passionne. Et ça va être aussi bien des points de vue physiologie, des points de vue de préparation du corps. Effectivement, on va donc saturer nos tissus en oxygène, ce qui permet de décaler un petit peu certains fonctionnements. C’est-à-dire tout ce qui est dettes en oxygène. Lorsqu’on passe de l’aérobie à l’anaérobie, la saturation des tissus permet d’avoir un effet tampon. Et ensuite, c’est vrai qu’on n’a pas parlé de ça, on a un côté basification du sang et de l’organisme qui est extrêmement important avec une hausse importante du pH sanguin par la respiration. De par la diminution du CO2, entre autres.

On peut avoir une initiation en préparation, que ça soit pour préparer son corps, mais également son esprit, son mental, à être ultra-déterminé, ultra-orienté, et donc ne pas avoir toutes ces pertes d’énergie de part dissonante en nous qui doute. Ça permet vraiment une orientation mentale de réussite. Et ensuite, en récupération, notamment pour les activités qui tournent pas mal sur les filières anaérobies lactiques, ça permet une élimination des lactates par effet tampon de la basification sanguine et une récupération de bien, bien meilleure qualité. En plus, combinée à l’eau froide, on a le mix parfait de récupération.

Donc ça peut être utilisé en préparation pour se mettre en condition physique et mentale. Ensuite, en récupération pour maximiser et améliorer et rendre plus rapides les process de récupération.

Là, on est vraiment en train de parler autour de la séance. Mais au-delà de juste autour de la séance, en préparation, on a vraiment une orientation du mental à ne pas douter et à donner son plein potentiel jusqu’à l’objectif.

X : Je sais que tu organises des stages en France, est-ce que tu peux nous en dire un peu plus sur tout ce sujet ?

S : J’organise effectivement des stages en France, et à l’étranger à partir de cette année. Ce sera en Himalaya puisque quoi de mieux pour aller pratiquer la Wim Hof Method que d’aller dans des pays aussi mystiques ? Il va y avoir des formations au Ladakh, au Népal. Et ensuite, des formations en lien avec la préparation pour des expéditions des sommets pour des himalayistes. Parce qu’encore une fois, la gestion de la respiration et la gestion de l’exposition au froid, évidemment, ça concerne les explorateurs polaires et les himalayistes. C’est leur cœur de métier.

C’est quelque chose que je mets en place pour cet automne. Mais pour le moment, j’ai des formations qui sont de l’ordre de 4 heures. Par exemple, basées que sur la respiration pour pouvoir vraiment le faire en étant totalement orienté autour de cette respiration.

Sinon, ce que je propose le plus, ce sont des weekends. En général, des weekends pour deux personnes pour avoir une écoute précise et une réponse aux demandes et aux objectifs des personnes. Et où, c’est une transmission de la Wim Hof Method, mais surtout et avec tout le background que j’ai et que j’apporte. C’est-à-dire praticien en hypnose, préparateur mental, coach PNL, etc. Et c’est vraiment un mix de : en deux jours, comment on peut avancer le plus possible sur ses objectifs ?

Donc, c’est ça ce que je propose le plus souvent. En ce moment, en tout cas.

X : Que ce soit les weekends ou les stages de 4 heures, c’est en présentiel à chaque fois ?

S : Voilà, c’est en présentiel. Pour moi, c’est la clé. Même s’il y a des moyens pour partager à un plus grand public, de façon large, tout est basé sur le présentiel. Et je dirais même, le présentiel en tout petit groupe. Pour moi, c’est l’ajustement, et là, c’est ma vision de praticien d’hypnose, qui est : on regarde, on calibre et on prend chaque information que le visage de la personne, que le corps, que les réactions, que le body language de la personne nous donne pour pouvoir ajuster et placer la suggestion qu’il faut au moment il faut où pour la personne. De façon à maximiser son apprentissage.

X : Et c’est des stages qui ont lieu où ?

S : Pour le moment, et jusqu’à maintenant, c’était au sud du lac d’Annecy. Mais là, tous mes prochains weekends sont complets jusqu’à ce que je déménage. À partir de mai, ce sera sur Nice ou à côté de Nice.

X : D’accord. Jamais vers Paris ? (rires)

S : (rires) Si, si, parfois. De temps en temps... Sur des demandes, je peux organiser des déplacements et des stages. Et effectivement, ma base, elle va être à Nice. À côté de ça, je vais être régulièrement du côté de Chamonix pour travailler avec des alpinistes. Mais ça peut être de façon un peu plus large : alpinistes, skieurs, grimpeurs... Et de temps en temps, en déplacement, il m’arrive parfois d’être sur Paris ou en région parisienne et de proposer à ce moment-là.

Du coup, c’est surtout des formations de groupe d’une journée. Les weekends, ce sera principalement sur Nice.

X : Est-ce que tu as un site internet, une page Facebook où on peut te suivre et te retrouver ?

S : La page Facebook, c’est Deep Potential Hacking. Le site internet, il aura le même nom bientôt, mais il n’est pas en place. Donc pour le moment, c’est Oser Rêver Grand où il y a les liens qui sont posés. Même si je ne m’occupe pas vraiment de la promotion et des sites, mais ce sera ça les bases.

Donc, pour le moment, je dirais : Oser Rêver Grand, et ensuite, ce sera Deep Potential Hacking.

X : Eh bah, c’est parfait ! Merci beaucoup Sébastien.

S : Bah, merci à toi, et merci de permettre cet espace où l’on peut partager. Au plaisir de parler d’autres sujets sur le domaine de la forme.

X : C’est avec grand plaisir. Merci, à bientôt !

S : À bientôt ! Salut !

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Commentaires

  1. Rock Fortin
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    Stimulant cette entrevue !

    J’ai 53 ans, débutant, première semaine de la méthode vendu sur le site de Wim Hof. J’ai la conviction de devenir coache dans 3 ans. Bientôt j’irai faire un week-end avec toi, c’est certain.

    J’ai vraiment le sentiment de pouvoir aider éventuellement mon entourage a améliorer leur métabolisme.

    Pour le moment j’ai la chance de vivre au Québec avec un printemps glacial. Je dois encore cassé la glace de mon lac (Viceroy) le matin pour entrer me détendre quelque secondes pour le moment.

    J’ai passé ma jeunesse a explorer le froid par mes activités de traîneaux a chien. Me suis brûlé les doigts de mains et de pieds si souvent que ceux ci deviennent rapidement figé et endolorie.

    Je commence la méthode et déjà je projette mon énergie à stimuler la chaleur vers ceux-ci, et ça fonctionne. Merci de partager ce savoir avec le monde sportif et autre.

    J’espère que les corps médical ne vont pas nous mettre de la glace sur notre voie pour garder leur vocation, car on vas glisser sur leur glace en riant tout haut… Mille merci.

    • Xavier
      Répondre

      Merci pour votre commentaire et votre enthousiasme.

      Effectivement il y a vraiment de belles choses à tirer de cette méthode !

      Bonne pratique 😉

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